L'aviation israélienne a anéanti dimanche une cellule palestinienne qui tirait des roquettes sur l'Etat hébreu depuis la Bande de Gaza, tuant deux activistes et en blessant trois autres, alors que le Hamas venait de tirer une nouvelle salve sur Sdérot, menaçant d'en faire une "ville fantôme". Cette localité israélienne est située à proximité de la frontière avec le territoire palestinien. Le raid israélien a eu lieu dans un champ près de la ville de Beït Lahia d'où partaient apparemment une partie des tirs visant Israël. Une vingtaine de roquettes ont été tirées dimanche depuis la Bande de Gaza, touchant une école de Sdérot et blessant grièvement un homme dont les jours sont en danger, selon l'hôpital. "Nous avons décidé de faire de Sdérot une ville fantôme", a expliqué un porte-parole de l'aile militaire du Hamas, Abou Oubeïdeh. "Nous ne cesserons de tirer nos roquettes jusqu'à ce qu'ils partent". Après avoir observé un cessez-le-feu pendant 16 mois, le Hamas a repris ses attaques samedi en représailles à une bavure meurtrière de l'armée israélienne, qui aurait tué par erreur huit civils sur une plage de la Bande de Gaza vendredi. Les Israéliens se sont excusés et ont suspendu les tirs d'artillerie contre les sites soupçonnés de servir aux tirs de roquettes, mais un responsable de la sécurité ayant requis l'anonymat a réitéré la menace d'assassiner les dirigeants du gouvernement du Hamas en cas de reprise des attentats. Le commandant de Tsahal dans le sud d'Israël, le général Yoav Galant, a affirmé dimanche que l'armée possédait la preuve que son artillerie n'était pas responsable de la bavure. Cependant, il n'a pas exclu qu'il ait pu s'agir d'une opération au sol contre les activistes palestiniens, selon la radio de l'armée. Dans l'après-midi, l'aviation israélienne a détruit une voiture palestinienne à Gaza mais son occupant, un membre du Hamas aux dires du groupe, s'était enfui, d'après des responsables palestiniens et des témoins. L'armée affirme qu'elle visait des tireurs de roquettes. La situation demeure par ailleurs très tendue entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas. Le chef de l'Autorité a annoncé samedi la tenue le 26 juillet d'un référendum sur la création d'un Etat palestinien co-existant avec Israël, malgré l'opposition du Hamas à cette consultation. Tous les ponts ne sont pas coupés entre les deux parties, puisque M. Abbas a rencontré le Premier ministre Ismaël Haniyeh samedi soir, mais selon Nabil Abou Rdeneh, porte-parole du président, ils ont campé sur leurs positions. Les deux dirigeants se sont revus dimanche soir, sans résultat. Les pourparlers doivent se poursuivre lundi, selon des responsables palestiniens. Le plan que veut soumettre le président palestinien à la population a été élaboré dans les prisons israéliennes par des personnalités du Fatah et du Hamas, mais l'un de ses artisans, Abdel Khaleq Natché, le plus important membre du Mouvement de la résistance islamique détenu par l'Etat hébreu, a fait savoir par voie de communiqué dimanche qu'il ne le cautionnait plus, accusant Mahmoud Abbas d'"abus inacceptable" pour l'avoir exploité à des fins politiciennes. De son côté, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, en visite à Londres et Paris cette semaine, se dit prêt à faire des "concessions douloureuses" dans le cadre de son projet de retrait de la Cisjordanie et de la définition des frontières d'Israël. Mais, "nous n'allons pas demeurer indéfiniment dans le statu quo", prévient-il une nouvelle fois dans un entretien à la chaîne britannique Sky Television dimanche.