Le président à vie du Turkménistan Saparmourat Niazov est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi d'un arrêt cardiaque Ex-Premier secrétaire du PC turkmène durant l'URSS, Niazov, 66 ans, dirigeait le pays depuis 1985, bien avant l'indépendance. Il cumulait tous les pouvoirs: président, Premier ministre, chef des armées et leader du Parti démocratique, seul parti autorisé. Le vice-Premier ministre Gourbangouly Berdymoukhammedov a été nommé président par intérim. D'après la Constitution, une élection présidentielle doit avoir lieu dans les deux mois suivant la nomination du président par intérim. Saparmourat Niazov, qui se faisait appeler Turkmenbachi ("Leader de tous les Turkmènes"), "président à vie" depuis 1999, avait créé autour de lui et de certains membres de sa famille un culte délirant de la personnalité, fondement de son régime, l'un des plus répressifs et fermés au monde. Le gouvernement et le Conseil de sécurité ont annoncé dans un communiqué commun que le vice-Premier ministre turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov avait été nommé président par intérim. Or, selon la Constitution, ce rôle revien au président du Parlement Ovezgeldy Ataïev. Il se trouve qu'Ataïev fait l'objet d'une enquête du Parquet, ce qui l'écarte a priori de la course à la succession. Le président Niazov utilisait constamment ce procédé de poursuites judiciaires pour évincer des responsables tombés en disgrâce. Dans ce contexte, Gourbangouly Berdymoukhammedov, un dentiste de formation devenu ministre de la Santé en 1997 et vice-Premier ministre 4 ans plus tard, fait office de favori, d'autant que l'organisation des funérailles lui a été confiée, un rôle réservé au successeur dans la tradition politique soviétique. Un journaliste de Reuters présent à Achgabat, la capitale turkmène, a rapporté que la situation était calme jeudi, mais que des ouvriers s'employaient à démonter des décorations qui avaient été mises en place dans les rues pour les fêtes du Nouvel an. Les observateurs craignent que le Turkménistan ne bascule dans l'instabilité, les immenses réserves de gaz naturel du pays pouvant attiser les convoitises des différents responsables politiques. Le Turkménistan, l'une des ex-républiques d'Asie centrale d'URSS, est en effet un grand producteur de gaz - le second de l'ex-URSS - et de coton.