Bourita sur l'élection du Maroc au CPS de l'UA: «c'est une forte reconnaissance du rôle de SM le Roi dans le maintien de la paix et la stabilité en Afrique»    Coopération sécuritaire : Hammouchi effectue une visite de travail en Arabie saoudite    Addis-Abeba. L'Assemblée de l'Union africaine fait de l'eau une priorité continentale    Intelcia Tech accélère son déploiement à l'international    IDARATI. Le Maroc entre dans l'ère du wallet public    Banque confédérale du Sahel : le Pr Bayala prend les commandes    Dakar Restaurant Week 2026 : la capitale sénégalaise célèbre la gastronomie    « 3ech Tma3 » : le thriller choc qui va secouer le public pendant le Ramadan    Human Rights Watch dénonce le non-paiement de 50 entreprises marocaines par des sociétés saoudiennes à Tanger    Le Parlement européen durcit les règles d'asile et inclut le Maroc dans la liste des pays sûrs    L'Algérie réactive la carte de l'équipe de football du Polisario    Excluida de las discusiones sobre el Sahara, Rusia reafirma su posición    Excluded from discussions on the Sahara, Russia reaffirms its stance    Arrestation à Tanger d'un Français recherché par Interpol pour trafic de drogue international    UA : Le Maroc rejoint l'Algérie au Conseil de paix et de sécurité    Ecartée des discussions sur le Sahara, la Russie réaffirme sa position    Lutte contre la corruption : le Maroc piétine dans le classement mondial    10 ans du Campus Afrique de l'ESSEC : plein succès pour la Journée Portes Ouvertes    Démission de Jack Lang : l'IMA rend hommage à treize ans de présidence    Environnement : une étude révèle l'impact de la crise covid et des phénomènes climatiques sur l'équilibre de l'atmosphère    Froid polaire aux Etats-Unis: Au moins 18 morts à New York    Intempéries : le groupe Al Barid Bank mobilise un dispositif exceptionnel au service des populations sinistrées    Officiel. Amical : le Maroc affronte l'Equateur et le Paraguay les 27 et 31 mars    Mondial 2030: les patronats des trois pays organisateurs passent à l'offensive    CasablancaRun revient pour une nouvelle édition les 14 et 15 février    L'heure d'été permanente : le coût humain d'un choix économique    Crédit bancaire : une croissance plus sélective    IPO au Maroc : le marché primaire est-il en train de renaître ?    Fortes pluies et rafales de vent, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    Intempéries : Des cours à distance au profit des élèves des établissements d'enseignement affectés    Températures prévues pour le jeudi 12 février 2026    Permis de conduire : de nouveaux changements en vue    Chirurgie robotique : Oncorad Group distingué au WHX Dubaï    Nadia Fettah : « Le co-financement n'est plus un choix technique, mais un choix politique »    Les Marocains, deuxièmes bénéficiaires des visas Schengen accordés par la France dans le monde en 2025    Stoïcisme à l'ère numérique : une philosophie vendue en 15 secondes ?    L'international marocain Zakaria Labyad prêt à rejoindre les Corinthians du Brésil    Sahara : ce que le Polisario a réclamé lors des négociations de Madrid    Inondations : les Emirats arabes unis expriment leur solidarité avec le Maroc    Ramadan sur Athakafia : Une programmation alliant spiritualité et découverte    Le musicien ghanéen Ebo Taylor s'est éteint à l'âge de 90 ans    OM : l'avenir de Medhi Benatia de plus en plus incertain à l'OM    Les matchs en retard bousculent la Botola avant le Ramadan    Xi Jinping : l'autonomie en sciences et technologies..clé de la construction de la Chine moderne    Le Marché dar Essalam enrichit le quotidien avec l'ouverture de son aile ouest et du cinéma pathé    Mondial 2030 : Le co-investissement au cœur du partenariat Maroc-Espagne-Portugal    L'Année au Galop    CMG achève la quatrième répétition du Gala du Nouvel An chinois 2026    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



France : L'intégration des enfants d'immigrés n'empêche pas les discriminations
Publié dans Yabiladi le 08 - 01 - 2016

S'intégrer socialement en France, vous garantit-il d'être intégré économiquement si vous êtes un descendant d'immigré? Pour répondre à cette question, une équipe conjointe de chercheurs de l'INED et de l'INSEE a tenté d'apporter un début de réponse. Intitulée «Trajectoire et Origine», l'étude a suivi le parcours de vie de milliers d'enfants d'immigrés qu'elle a comparé avec le reste de la population française. Les conclusions montrent que les enfants d'immigrés font des grands efforts pour s'intégrer socialement à la société française. Mais cette intégration sociale est souvent "asymétrique" à l'intégration économique.
Après la polémique sur l'accueil des réfugiés syriens, l'institut national d'études démographiques (INED) et l'institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) ont rendu publique les premières conclusions de leur rapport sur l'impact de l'origine des immigrés et de leur descendance dans l'intégration dans la vie sociale et économique en France. 22 chercheurs des deux instituts se sont penchés sur des enquêtes menées par voie postale qui ont permis d'interroger entre 2008 et 2009 près de 8 300 immigrés, 8 200 de leurs enfants issus des 7 vagues d'entrées successives depuis la seconde moitié du 20ème siècle.
Intitulé «Trajectoire et Origines», l'étude de 600 pages montre que même s'ils rencontrent parfois des entraves, les immigrés parviennent à s'intégrer en France. Toutefois cette intégration des immigrés et de leurs enfants ne les protège pas des discriminations même si «l'attachement à la France est fort» selon Patrick Simon, un des socio-démographes ayant coordonné les travaux de l'étude. Cette dernière révèle que «l'intégration socio-économique est difficile» pour les enfants d'immigrés «alors que leur intégration sociale est en marche».
Ce constat s'illustre en prenant en compte la 2ème génération des 18-35 ans qui ont suivi leur scolarité en France. L'analyse du parcours scolaire montre que 55% des descendants d'immigrés sont bacheliers (garçons et filles confondus) soit 7 points de différence avec les enfants issus de la population majoritaire. Dans les détails les filles d'immigrés réussissent autant que les filles du groupe majoritaire. Les garçons d'immigrés sont à la traîne par rapport à leurs sœurs et par rapport aux autres garçons du groupe de la majorité de la population. Autre signe d'une intégration réussie par les fils et filles d'immigrés de la 2ème génération, les mariages mixtes. Ils concerneraient 67% des fils et 62% de filles.
L'intégration sociale ne garantit pas l'intégration économique
Pourtant malgré les efforts d'intégration, l'étude note une certaine asymétrie entre l'intégration sociale et l'intégration économique pour les descendants d'immigrés. «Ayant plus de mal à s'insérer dans le monde du travail, ils acceptent plus souvent des postes déqualifiés et ensuite y progressent moins vite que leurs collègues qui ne sont pas issus de l'immigration. Les enfants d'immigrés sont partout confrontés à des discriminations. Ce qui est vrai dans la recherche d'un emploi l'est aussi pour le logement ou l'accès aux loisirs», concède la sociologue Christèle Hamel. Les enfants d'immigrés «font le travail d'intégration. Mais quand la dynamique doit venir de la société française, là, les blocages apparaissent», complète Patrick Simon.
Face à ces blocages ni un mariage mixte, ni une montée dans les échelons du monde professionnel n'est de nature à protéger les enfants d'immigrés contre les discriminations. Pire, ils sont de nature à exacerber le racisme à leur encontre. Les chercheurs estiment en effet qu'«alors que le couple mixte est souvent conçu comme un indicateur d'intégration, les migrants et leurs enfants qui ont fait le choix de vivre en couple avec une personne de la population majoritaire subissent dans leur quotidien davantage de racisme».
Le phénomène est plus frappant dans le monde de l'entreprise. Les chercheurs concèdent que «les cadres immigrés sont significativement plus confrontés au racisme que toutes les autres catégories socioprofessionnelles ». Selon les chiffres du rapport, 5% des descendants d'Africains et 9% de fils de Maghrébins se sont déclarés victime de racisme et de discrimination au travail ces 5 dernières années. Cette proportion n'est que de 1% pour les enfants issus de parents originaires d'Europe et de d'Asie du sud-est. Parallèlement, 1 actif sur 5 dans la population majoritaire a le statut de cadre alors que 1 actif 3 chez les enfants issus de migrants européens ont le même statut contre 8% chez les Maghrébins.
L'étude montre aussi que les enfants issus d'immigrés maghrébins, turcs ou subsahariens ont plus de risque de n'avoir aucun diplôme. Résultat, ils sont souvent exclus du système en raison d'un faible niveau qui ne leur permet pas d'accéder à un emploi, les poussant dans une ghettoïsation dans les Zones urbaines sensibles (ZUS). 1 habitant sur 2 dans les ZUS est immigré ou fils d'immigré. Pour ces derniers, les chercheurs appellent à ne pas stopper leur processus d'intégration puisque malgré les difficultés, ils n'en restent pas moins attachés à la France. Mais cela sera-t-il suffisant quand on sait que malgré les efforts d'intégration, on tarde encore à les considérer comme de vrais Français ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.