Rabat accueille des entretiens maroco-autrichiens pour renforcer la coopération judiciaire    UIR-U.S. Embassy Career Day : célébration de 250 ans de relations entre le Maroc et les États-Unis    LdC : Paris Saint-Germain – Bayern Munich, choc XXL pour une place en finale    Protection de l'enfance : le CESE appelle à un renforcement des dispositifs de prise en charge    Hilale au Conseil de sécurité: Le Maroc dénonce l'instrumentation des voies maritimes comme cartes de pression et de chantage    Le Maroc aurait proposé aux Etats-Unis d'apporter une réponse concertée face aux menaces iraniennes    Information et communication : hausse de la valeur ajoutée de 1,7% en 2025    Hausse des prix des carburants : Le gouvernement agit avec sens social et responsabilité financière    Attaques au Mali : deux approches opposées entre le Maroc et l'Algérie    Province de Tiznit : Akhannouch lance plusieurs projets de développement    Laâyoune : un Forum régional du commerce pour booster l'entrepreneuriat    Saham Bank lance la plateforme mobile MyFX pour le change en temps réel    Crédit agricole : cinq conventions pour structurer un écosystème de financement complet    Edito. Plus que des intentions, des talents !    Bourse de Casablanca : clôture en légère hausse    Agadir : Coup d'envoi officiel de la 22e édition d"African Lion"    Attaque armée à Washington : le Maroc exprime sa solidarité avec Trump    Armement en Afrique du Nord : L'Algérie et le Maroc en tête des dépenses militaires en 2025    Une candidate d'origine marocaine confrontée à une déferlante raciste lors des élections municipales en Italie    La Guinée remercie Mohammed VI pour l'opération humanitaire de retour de ressortissants    Football : Youssef Khanfri, le prodige de 12 ans repéré par le Barça    Moroccan U20 athletes shine with seven medals on day one of Arab championships in Tunis    Gérone : Real Betis prêt à passer à l'action pour Azzedine Ounahi    Le RNI met en avant le bilan gouvernemental et le qualifie d'«exceptionnel»    La NARSA alerte contre un faux site électronique usurpant son identité    Marruecos: Lluvias tormentosas localmente intensas el lunes y martes    Othmane El Goumri becomes first Moroccan to win the Hamburg Marathon    Young Moroccan talent Youssef Khanfri set to join FC Barcelona youth team    Lutte contre les incendies de forêt : l'ANEF réunit son comité directeur national    Cannabis légal : l'ANRAC vise la certification ISO 9001 pour consolider sa gouvernance    Lutte anti-grêle : de nouveaux générateurs pour Sefrou et Ifrane    Casablanca célèbre l'âme andalouse : le FMMA revient pour une 4e édition ambitieuse    Tanger : des colonnes métalliques historiques découvertes dans la médina    Rabat, Capitale mondiale du livre 2026 : lancement du label "Bibliothèque culturelle – Manara"    Mercato: Bounida dans le viseur de Mönchengladbach    Union Africaine : le Togo mandaté pour défendre une représentation équitable de l'Afrique    AES : une compagnie aérienne commune pour relier le Sahel    Marrakech clôture en beauté le FLAM 2026 entre littérature, mémoire et poésie vivante    Tournoi U19 : l'AMF impressionne et s'impose face à l'élite européenne    Format inédit : la CAN U17 au Maroc devient un "festival" du football africain    Akhomach décisif : le Rayo arrache un nul héroïque face à Sociedad    Plainte d'un avocat de Rabat contre des militants anti-normalisation avec Israël    Solidarité. Le Maroc condamne l'attaque armée ayant visé une réception à Washington en présence du Président Trump    La Razón : le Maroc modernise une base aérienne près de Dakhla dans le cadre d'un partenariat stratégique avec Washington    FLAM 2026 : Marc Alexandre OHO BAMBE ou le pouvoir de résister avec les mots    Lancement de l'événement Rabat, capitale mondiale du livre 2026    Maroc : Un partenariat renforcé avec l'Autorité du livre de Sharjah    Diaspo #438 : Mériame Mezgueldi célèbre les chibanis par l'art figuratif    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



CULTURE ET CIVILISATION : Idéalisation et ressemblance
Publié dans L'opinion le 31 - 05 - 2013

C'est à cause des tâches spécifiques imposées par un pays dont les richesses sont produites uniquement grâce à une utilisation systématique des eaux du Nil, que, depuis, depuis les temps les plus reculés, la civilisation égyptienne a été contrainte de créer et perfectionner continuellement un appareil bureaucratique efficace. Par ce biais, elle a pu ainsi exercer en permanence un contrôle très strict sur la vie de la société, le travail du peuple et les ressources économiques du pays. C'est également dans ces conditions que surgit la nécessité d'établir le concept du roi-pharaon, un dieu élevé au-dessus du peuple, disposant d'un pouvoir illimité.
La royauté divine
Dès l'Ancien Empire, les pharaons se proclament fils de Râ, dieu-soleil. D'ailleurs, plusieurs dieux ont été conçus après pour protéger et défendre les pharaons et la monarchie divine en Egypte. A côté de Râ et d'Horus, on peut citer Ptah, le créateur du monde, Amon et Atum. Osiris symbolise aussi le roi, puisqu'avant d'être dieu, il a été roi de l'Egypte, et le pharaon, comme Osiris, gagne le ciel après sa mort : assurer son culte funéraire est en même temps assurer la prospérité du pays.
Cette foule de divinités qui entourent le pharaon, le protègent et défendent la dynastie, sont le pharaon lui-même ; il les symbolise et les représente de l'aurore au soir. La plupart d'entre eux sont le soleil dans toute sa lumière, même après sa mort, car il ressuscite en gagnant le ciel auprès d'Osiris.
Les statues du pharaon se ressemblent toutes en apparence, témoignant de la permanence d'un style original et de la solidité des traditions. Elles expriment l'autorité absolue du pharaon, autorité soulignée par la qualité des matériaux employés. La pierre dure et le calcaire, ainsi que le bois, sont employés pour rendre l'élan vital immobilisé du sujet. Le but d'une statue pharaonique est de représenter le pharaon, de le symboliser, d'être le pharaon.
Les règles strictes de l'art
C'est l'ensemble de Sakkarah qui nous offre les premiers exemples de statues sculptées selon les règles strictes de position statique. L'homme, assis ou debout, a toujours un poing fermé, une couronne sur la tête et une barbe de cérémonie. La femme, couverte de bijoux, a les jambes serrées et porte une coiffure gonflée qui tombe en lourds bandeaux.
Les sculpteurs égyptiens étaient soumis à deux obligations contradictoires : idéaliser le modèle pour lui prêter la majesté divine et obtenir la ressemblance pour que l'âme du défunt reconnût son image. Ils ont respecté la première en prêtant au corps massif une pose raide et majestueuse ; la seconde en donnant tout leur soin à l'expression du visage. Pour obtenir l'illusion de la vie, souvent la statue était peinte et le regard était animé par l'incrustation de pupilles en cristal de roche.
N'oublions pas que ces deux concepts primordiaux, l'idéalisation et la ressemblance, nés avec l'homme pour pouvoir exprimer la réalité, les sentiments et la pensée d'un peuple ou d'une civilisation, sont imposés aux artistes égyptiens comme règles immuables, mis en valeur par d'autres civilisations, pour être développés en deux courants philosophiques et esthétiques à partir des Grecs.
Depuis cette Antiquité, ces deux concepts continuent à être définis amplement, engendrant des tendances et des directions fort importantes, comme le classicisme et le baroque, l'académisme et le romantisme, etc.
Cependant, ces deux concepts antagoniques sont traduits, tout d'abord, dans les arts, symboliquement. Du modèle, en Egypte, on n'imite que les traits du visage, on ne tient à exprimer la vieque dans le visage. Les traits de ce visage lui-même sont sculptés ou peints, selon des canons immuables, toujours les mêmes, sans tenir compte ni du mouvement ni même de l'expression du modèle. Le mouvement, la grâce et la vitalité sont bannis dans cet art statique. Seules sont traitées la majesté, la dignité et la grandeur, dans des œuvres de toutes dimensions.
Dès la période thinite, apparaît ce style purement égyptien ; l'œil de face dans une tête de profil sur des épaules de face, sur un tronc de trois quarts, sur des jambes de profil en avant l'une de l'autre. A première vue, les personnages traités se ressemblent, puisqu'ils soumis tous à ces canons immuables. Ce visage hautain, ce corps compact et rigide, ces colosses assis, qui nous observent, ou debout, figés dans leur démarche silencieuse, nous mettent dans un désarroi. En les analysant, ils nous paraissent comme surgis d'un autre monde, un monde mystérieux où baigne une autre vie, profonde et éternelle, un monde d'après la mort, momifié, figé dans ses mythes. C'est ce qui explique les multiples réalisations artistiques et littéraires depuis ce temps jusqu'à maintenant, inspirées de ces mythes figurés.
L'enfance de l'art
En vérité, ces sculpteurs et ces peintures, tout en voulant exprimer la vie d'après la mort, représentent, pour ainsi dire, l'enfance de l'art, une enfance encore agitée et mouvante en terre de Mésopotamie, mais statisée, mesurée et figée par les prêtres égyptiens. A Osiris, manque l'âme pour redécouvrir la vie. A l'art égyptien, comme l'a développé Hegel, manque aussi cette énergie vitale qui anime tout art véritable. Durant trois millénaires, cet art reste figé dans son enfance, figé entre la bête et l'homme, entre les ténèbres et les lumières, s'acharnant à libérer l'œuvre de la matière, le temple ou la statue de la pierre, sans pouvoir découvrir la spiritualité profonde de l'être qui libère l'artiste des règles immuables, et l'ouvre du concept du bloc. Toute l'énergie créatrice de l'artiste est orientée vers l'idéalisation des mythes cycliques, de la résurrection et du culte de la mort, au détriment de la ressemblance, ou du moins de la représentation humaine en tant que telle. Le colossal, la démesure, la vie et l'art sont les caractéristiques essentielles de cet art, ainsi que les conséquences de cette idéalisation.
L'idéalisation du roi dans son vivant et dans sa mort, des mythes et des divinités, tourne autour de celle de la mort, par conséquent vers la négation de la vie. Cette conception du statique absolu, à travers des canons immuables, dictés par les prêtres pour orienter la vie des hommes et les manifestations culturelles, de la négation de la vie, à travers l'architecture souterraine, l'embaumement et la momification de cette vie, est antagonique à celle de la Mésopotamie qui aspire à la mouvance vitale, au défi des dieux et à l'ascension.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.