Dans un contexte marqué par une recrudescence des polémiques autour du port du voile, le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) s'élève contre le « harcèlement médiatico-politique » dont sont victimes les femmes musulmanes voilées en France. Dans un communiqué publié le 26 mars 2025, l'instance dénonce une instrumentalisation qui remet en cause leurs libertés fondamentales et alimente un climat de défiance. Stigmatisation persistante Selon le CFCM, les femmes qui portent le voile se retrouvent au cœur d'un débat récurrent, devenant une cible facile pour diverses accusations. D'un côté, elles sont soupçonnées de communautarisme ou d'entrisme, et de l'autre, certains prétendent vouloir les « libérer » d'une supposée oppression. Dans les deux cas, souligne le CFCM, ces discours remettent en question leur liberté de choix et participent à leur marginalisation. Ce climat pesant contribue à renforcer les tensions sociales et expose ces femmes à des formes croissantes d'insécurité. « Agressions verbales et physiques font désormais partie du quotidien de nombreuses citoyennes », alerte le CFCM, rappelant que la République a pourtant le devoir de garantir la protection de tous ses citoyens. Une laïcité instrumentalisée Si l'instance musulmane affirme avoir toujours condamné le port du voile lorsqu'il est imposé, elle s'oppose fermement à toute tentative d'imposer une lecture biaisée de la laïcité. Selon elle, certaines initiatives politiques tendent à effacer la visibilité religieuse d'une seule communauté, ce qui va à l'encontre du principe d'égalité de traitement. Le CFCM rappelle à cet effet la déclaration du Secrétaire général de l'ONU, qui dénonçait la contradiction de certaines politiques à travers le monde : « Dans certains pays, les femmes et les filles sont punies parce qu'elles portent trop de vêtements. Dans d'autres, parce qu'elles n'en portent pas assez. » Une citation qui illustre, selon l'instance, le double standard auquel font face de nombreuses femmes en France. Appel à la retenue et à la responsabilité Le Conseil regrette que des sujets comme le port du voile dans le sport, la rupture du jeûne lors des matchs ou encore la prétendue pénurie d'œufs durant le Ramadan soient utilisés à des fins idéologiques et politiques. Ce climat de suspicion généralisée, alimenté par des amalgames autour des notions d'« islamisme » et d'« entrisme », contribue à fracturer davantage la société. Face à cette situation, le CFCM en appelle à la raison et au sens des responsabilités. Il exhorte les responsables politiques et les médias à éviter les surenchères qui fragilisent la cohésion nationale et mettent en péril les libertés fondamentales, en particulier celles des femmes, quelles que soient leurs convictions et leurs choix de vie.