Le wali de Bank Al Maghrib a annoncé une batterie de réformes. Des actions d'envergure en perspective. abdellatif Jouahri est sur tous les fronts. L'homme qui avait tiré la CIMR de son marasme grâce à son fameux plan d'action entamé en 2003, mène depuis sa nomination en tant que gouverneur de Bank Al Maghrib (BAM) des actions audacieuses et généralement bien accueillies. Ceci dit, l'activisme de Jouahri peut parfois titiller les banquiers du pays. En effet, les banques se sont trouvées face à un homme de fer qui ne lésine pas sur les moyens, notamment humains et procéduraux pour imposer de nouvelles mesures afin de réguler le secteur bancaire et financier en général. 2011 : l'année charnière ! L'année qui est sur le point d'être achevée a été, encore une fois, une année mouvementée pour le dynamique Jouahri. Sa politique monétaire a permis une réduction considérable de l'inflation et de ce fait, le maintien d'une croissance stable assortie à la baisse du besoin en liquidités. L'année 2011 dont la feuille de route est déjà tracée, promet une année pleine de rebondissements pour le gouverneur qui compte, dur comme fer, mener à terme plusieurs réformes. Parmi les chantiers prioritaires de la BAM figure la relance de la petite et moyenne épargne à travers la généralisation des chèques pré-barrés, le relèvement du plafond des comptes sur carnet à 400 000 DH (précédemment à 300 000 DH) avec déduction de ce montant de l'assiette de calcul de la réserve monétaire. Ce qui se traduira par un supplément de l'ordre de 3 à 4 MdDH dont le système financier a besoin en ces temps d'assèchement de liquidités. L'ouverture d'un compte zéro, sans exiger de mise de fonds de départ, avec une tolérance de 6 mois est également dans le pipe. Autre priorité et cheval de bataille de Abdellatif Jouahri, la bancarisation. L'objectif étant de bancariser les 2/3 de la population marocaine à l'horizon 2015. Pour ce faire, le gouverneur propose une meilleure adaptation des produits bancaires à certaines tranches de la population « non prioritaire » pour les banques ainsi que la diversification de leurs produits. Les réformes s'embâlent Hormis les efforts destinés à l'épargne et à la bancarisation, le gouverneur de BAM s'est attelé à l'ambitieux projet de la future place financière de Casablanca, la Casa Finance City (CFC). Selon lui, si tout va pour le mieux, le road-show destiné à vendre la place financière à l'international débutera en 2011. Un deadline réalisable si on se réfère à l'état d'avancement du projet, actuellement en phase de construction par la CDG (Caisse de dépôt et de gestion). Cependant, A. Jouahri avertit les banques nationales quant à une ultime concurrence des banques internationales qui s'y installeront en mettant l'accent sur la nécessité de réformer le système de change dont les études sont bien avancées. En parallèle, d'autres chantiers seront entamés en 2011, à savoir la restructuration des sociétés de financement, le développement de la finance alternative, la continuité du dispositif de Bâle II pour les banques et leur préparation à Bâle III et l'apport du secteur bancaire au projet de la régionalisation. Une chose est sûre : l'année 2011 s'annonce sous le signe du renouveau, de la structuration, non des réformettes mais des réformes soutenues afin de réussir le nouveau positionnement régional du Maroc. Mohamed Amine Hafidi