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Des universitaires interpellés par le temps présent et les fonctions de l'historien
Publié dans Le Soir Echos le 18 - 06 - 2012

Les publications issues des colloques de la Faculté des lettres et des sciences humaines de Rabat (Université Mohammed V-Agdal) sont à peu près introuvables en librairie et ne trouvent donc de lecteurs qu'à la faveur du passage, dans telle ou telle ville, du véhicule affrété par la Faculté pour présenter ces ouvrages au public étudiant. On fera un sort particulier au n° 158 de la série Colloques et séminaires, un volume publié en 2009 : Temps présent et fonctions de l'historien, édité par Mohammed Kenbib, c'est-à-dire en quelque sorte couvé par lui, puisque cet historien de renom en a été le coordinateur scientifique. Il présente les actes d'un colloque organisé en novembre 2007, un an après la célébration du Cinquantenaire de l'indépendance du Maroc.
Les douze contributions ne déméritent pas de l'idée avancée par Fernand Braudel que cite Kenbib : « le vrai but de l'histoire ce n'est peut-être pas le passé... mais la connaissance des hommes... Nous n'expliquerons l'histoire qu'en expliquant le monde... L'histoire n'est pas seulement un récit, elle n'est pas davantage une collection de faits... Elle est en prise sur la vie et à la limite, elle est, elle doit être la vie même. » Driss Maghraoui, de l'Université Al-Akhawayn, à Ifrane, interroge Histoire et mémoire : Quels enjeux politiques au Maroc en mentionnant la volonté de l'historiographie nationaliste de renverser le paradigme colonial qui réfutait l'existence d'un sentiment national. Il rappelle deux ouvrages fondateurs : Les grands courants de la civilisation du Maghreb de Abdelaziz Ben Abdallah et Le gouvernement marocain à l'aube du XXe siècle, ainsi que l'article de Mohammed El Menouni sur L'apparition à l'époque mérinide et ouattaside des éléments constitutifs du sentiment marocain et celui de Mohamed Hajji L'idée de nation au Maroc et quelques-uns de ses aspects aux XVI et XVII siècles.
Le chercheur signale que, « dans le contexte politique marocain, la possibilité de contestation ou la concurrence de mémoires contradictoires était toujours mitigée sinon réprimée » Il montre comment les choses ont changé dès lors que la question de la violation des droits humains a reçu l'éclairage des victimes. En conclusion, il pose le problème des moyens financiers que l'état marocain met à la disposition des chercheurs pour la création des différents cadres institutionnels indépendants dédiés à une production historique. Dans Du plomb dans l'encrier : l'historien marocain face au devoir d'écrire l'histoire récente du pays, Mohamed Hatimi, de l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah à Fès se demande, in fine, « quel est le métier de l'historien et quelle est la fonctionnalité de la matière historique, bonne ou mauvaise, dans une société qui en apparence ne souffre d'aucune crise d'identité, mais qui, au fond est tiraillée par une multitude de symptômes de nervosité manifeste et latente. » On n'attendait pas obligatoirement Mohammed Kenbib (Faculté des lettres et des sciences humaines, Rabat) sur la question de l'impact des innovations technologiques. Or, le voici qui réfléchit à la praxis des historiens, journalistes et essayistes à l'ère d'Internet. Au passage, il rappelle que la question de l'accès aux archives figure désormais au nombre des critères de la démocratie. Le panorama qu'il propose en questionnant la place de l'histoire au XXe siècle ne l'empêche pas de souligner l'utilité du retour à Ibn Khaldoun (et à notre contemporain Fernand Braudel), tout en rappelant la conviction de David Cannadine selon qui « l'histoire n'est pas (à proprement parler) ce qui s'est (réellement) passé... C'est (en fait) ce qui a été a posteriori dit, écrit, exposé ou diffusé à propos de ce qui est arrivé... » Les grandes figures du journaliste américain ou égyptien sont rappelées par Kenbib ainsi que l'aveuglement initial de Jean Lacouture lors de la prise du pouvoir par les funestes Khmers rouges au Cambodge. Dans le champ marocain, Kenbib remarque que l'histoire semble susciter depuis quelques années un intérêt soutenu et il se demande si nous sommes entrés dans « l'ère du témoin ». Il évoque Héros sans gloire, l'ouvrage si novateur de Mehdi Bennouna (homonyme du fondateur de l'agence M.A.P) sur son père Mahmoud Bennouna qui tenta d'installer un foyer révolutionnaire dans l'Atlas en 1973. Tout à sa compulsion de bibliophage, Kenbib rend un juste hommage, dans la période de la lutte pour l'indépendance du Maroc, aux chroniques de François Mauriac. On peut aujourd'hui les lire dans la collection de poche Omnia La paix des cimes Chroniques 1948-1955 (Bartillat, 2012) Les références et commentaires de Kenbib incluent des auteurs marocains, tel Abdelkrim Ghallab, aussi bien que britanniques, tel Stephen Hughes. Les cinquante pages de cette ambitieuse mise en perspective se ferment sur une riche bibliographie en arabe et en français. La place manque pour commenter Les années Lamalif et le temps présent par Zakia Daoud, Histoire nationaliste et cohésion nationale par Mustapha El Qadery, L'écriture de l'histoire et le rôle de l'historien à la croisée des sources iconographiques et audiovisuelles de Fayçal Cherif qui s'attache à l'histoire tunisienne. On saluera le fait que cet ouvrage accueille cinq contributions d'historiens écrivant en langue arabe : Abdelouahed Akmir avec l'Andalousie dans l'imaginaire espagnol et arabe d'aujourd'hui, Khalid Abid qui propose un Prélude à l'étude de quelques oubliées de l'histoire politique de la Tunisie contemporaine, Salah Chougag interrogeant Mutations et permanences du Maroc contemporain au Maroc d'aujourd'hui tandis qu'Abdelhamid Sanhaji confronte l'historien et le témoin à propos des goumiers marocains en Indochine et que Mohammed Amattat ferme les rangs avec une contribution à propos des soldats sénégalais au Maroc à l'époque du Protectorat. Cet ouvrage est, on l'a compris, tout à fait stimulant.


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