Le Maroc, la "meilleure" porte d'entrée vers l'Afrique    Le nombre de personnes respirant un air très pollué peut être réduit de moitié d'ici à 2040    16es Coupe du Trône : L'USMO éjecte le Raja et rejoint l'OCS en quart de finale !    Football: Décès de l'ancien international marocain Mouhcine Bouhlal    Festivals de cinéma: plus de 6,7 MDH octroyés par le CCM pour 29 projets    Tarifs américains : Jaguar Land Rover suspend ses exportations vers les Etats-Unis    Présentation à Paris du climat des affaires et des opportunités d'investissement au Maroc    La France redessine sa politique maghrébine avec une carte du Maroc mise à jour    Le respect de l'intégrité territoriale des pays, nécessaire pour relever les défis de la région euro-méditerranéenne    CPS de l'UA : La position africaine commune sur l'architecture de consolidation de la paix des Nations Unies adoptée à l'unanimité    La mort de l'ancien international marocain Bouhlal à l'âge de 54 ans    E-sport : le Maroc participe au Championnat arabe de League of Legends    Un quadragénaire arrêté à Tanger pour diffusion de fausses alertes d'enlèvements    Températures prévues pour le dimanche 06 avril 2025    Guerre tarifaire : le pétrole à son plus bas niveau pour la deuxième journée consécutive    Festivals cinématographiques : 29 manifestations soutenues pour un montant global de 6,8 millions de dirhams    La session printanière du 46e Moussem culturel international d'Assilah du 5 au 20 avril    Le Maroc renforce sa préparation sécuritaire pour accueillir la Coupe du Monde 2030 et la Coupe d'Afrique 2025    La famille du football marocain fait ses adieux à Mohssine Bouhlal avec une profonde tristesse    CAN U17 : Le Mali valide son billet pour les quarts et la CDM U17    Basket/BAL: Le FUS Rabat s'incline face à Al Ittihad d'Egypte    Coupe du Trône: L'USM Oujda écarte le Raja Casablanca    CAN 2025 au Maroc : Hakimi, le leader d'une génération en quête de sacre    Le Maroc s'impose comme un médiateur fiable face au recul du rôle de l'Algérie dans la région du Sahel et du Sahara    Nintendo retarde les précommandes de la Switch 2 aux Etats-Unis    Diaspo #383: Madhi Bnamrhar, el prodigio marroquí del scooter freestyle    Interview avec Youran Hong : « Des milliers d'enfants profitent de nos bibliothèques et programmes éducatifs »    Taxes US : Le PJD veut saisir l'Organisation Mondiale du Commerce    Une ingénieure marocaine dénonce un haut responsable de Microsoft lors d'une cérémonie officielle : « Vous soutenez le génocide à Gaza »    Al Barid Bank : Une année 2024 marquée par une évolution remarquable de tous les indicateurs    La météo pour ce samedi 5 avril    Convention de Welcome Travel Group: un coup d'accélérateur au tourisme maroco-italien    GITEX Africa Morocco: des exposants et des participants de 130 pays attendus à Marrakech    Dakhla: l'AMCI et Attijariwafa bank lancent un cycle de formation à l'entreprenariat    L'Etat décrète l'expropriation d'un terrain dans le Sud pour l'édification d'une installation permanente des Forces armées royales    Projet d'aménagement stratégique à Dakhla : l'Etat acquiert un terrain de près de 7 000 m2 à Imlili    Maroc : l'Etat procède à l'expropriation de plus de 400 parcelles pour des projets d'envergure nationale    Casablanca : Les «églises informelles» dans le viseur du PJD    Affaire Bennis-Alj-Slaoui : Libération provisoire des mis en cause    Sahara : le chef de la diplomatie espagnole dénonce «l'irresponsabilité» de ceux qui s'agrippent à des principes supposés de l'autodétermination pour figer le conflit    Le Maroc, un partenaire clé de l'OTAN dans le voisinage sud    Después de los reveses sufridos, el Polisario cambia a su jefe de diplomacia    L'Humeur : Val Kilmer dans les bras de Jim Morrison    El Jadida : Ces agrès, qui subliment désormais le cadre du front de mer !    Amine Radi ou « Le caméléon de l'humour »    Le 30e SIEL rend un hommage posthume à l'écrivain Driss Chraïbi    L'avenir du commerce international en lien avec l'emploi au menu d'un entretien de Younes Sekkouri avec la DG de l'OMC    Un petit bout du Maroc à Paris : le soleil s'invite place Saint-Michel    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Rabat-Salé-Kénitra : La région pénalisée par des disparités sociales et spatiales
Publié dans Les ECO le 12 - 05 - 2017

La région est issue de la fusion de la quatrième région la plus riche du Maroc (Rabat-Salé- Zaër Zemmour) et de la plus pauvre du pays (Gharb-Chrarda-Beni-Hssen). Si la croissance est dans une bonne dynamique, les déséquilibres sont nombreux.
Une croissance démographique soutenue
S'étendant sur une superficie de 18.194 km2, la région Rabat-Salé-Kénitra compte quelque 4,581 millions d'habitants (3,199 millions dans l'urbain et 1,382 million dans le rural), selon le recensement de 2014. Elle est ainsi la deuxième région la plus peuplée au Maroc après Casablanca-Settat (6,862 millions) et devant Marrakech-Safi (4,521 millions). Sa croissance annuelle est estimée à plus de 52.300 par an. C'est une région fortement urbanisée puisque 69,8% de la population régionale vit en milieu urbain en raison notamment de l'exode rural et de la création de nouveaux centres urbain, mais aussi de l'extension des périmètres urbains des villes, comme le précise l'étude du diagnostic stratégique de la région établie dans le cadre de l'élaboration du plan de développement régional. Le nombre de citadins est passé de 2.589.565 en 2004 à 3.198.712 en 2014, ce qui représente un taux d'accroissement démographique annuel moyen de 2,1% au cours de la période intercensitaire 2004-2014.
Des gaps énormes
La région demeure globalement pauvre avec un taux de pauvreté de 13,3% (contre 8,9% au niveau national), selon l'enquête du HCP de 2007. Les disparités internes sont fortes. La proportion de personnes pauvres est trois fois plus forte en milieu rural qu'en milieu urbain. La pauvreté demeure beaucoup plus ancrée dans le milieu rural de la région: elle varie entre 2,23% et 26,48%, quarante fois plus forte dans la province rurale de Kénitra ou de Sidi Slimane que dans la préfecture de Rabat. Par milieu de résidence, le taux de pauvreté dépasse 25% dans 4 communes entièrement rurales (Sidi Bouknadel, Sefsaf, Bahhara Oulad Ayad et Sidi Mohamed Lahmar). Cependant, en milieu urbain, le taux de pauvreté varie entre 0,02% et 24,04%. La région connaît, en effet, de grandes disparités sur le plan spatial, aussi bien au niveau de la répartition démographique que du développement. Alors que la bande littorale est fortement peuplée et urbanisée, l'arrière-pays est plus rural et moins densément peuplé. Les trois provinces de Khemisset, Sidi Kacem et Sidi Slimane présentent des taux d'urbanisation beaucoup plus faibles que les autres (51,8%, 32,3% et 40,9%). Sur le plan régional, les disparités sont énormes entre les territoires urbains (et plus particulièrement Rabat), et les zones rurales en termes de richesses, de niveaux d'équipements et d'infrastructures, de niveaux de services urbains à la population (eaux, assainissement, déchets, etc.).
Enseignement : un taux d'analphabétisme élevé
La région se caractérise par un taux d'analphabétisme important atteignant 29,4% de la population de 10 ans et plus. Le fléau touche 38% des femmes et 50% des ruraux avec des impacts sur l'introduction de technologies avancées dans l'agriculture et la productivité agricole. Au niveau de l'enseignement fondamental, la région enregistre un taux de 95,5% des enfants d'âge primaire scolarisés et une égalité des genres dans ce domaine. En milieu rural, cette proportion est toutefois plus faible (89,9% des filles et 92,3% des garçons sont scolarisés). Sur le plan de l'enseignement supérieur, Rabat-Salé-Kénitra accueille 18,4% des étudiants au niveau national. L'infrastructure d'enseignement supérieur régionale offre une large couverture en termes de disciplines. Toutefois, une forte orientation est constatée vers les sciences juridiques, économiques, sociales, les lettres et les sciences humaines, avec 63% des étudiants contre 30% seulement pour les sciences dites «dures».
Habitat: de grands efforts à déployer
8% des ménages urbains de la région vivent dans un habitat sommaire ou dans des bidonvilles, alors que la moyenne nationale est de 5,2%. La région est ainsi classée deuxième après Casablanca-Settat. Les efforts déployés dans le cadre du programme Villes sans bidonvilles demeurent insuffisants. Ce programme concerne, entre autres, 9.000 ménages à Rabat, 9.000 ménages à Kénitra et 18.000 à Témara. À Rabat, 9.000 ménages vivaient dans des bidonvilles, 3.000 ménages sont en train d'être relogés (attribution de logements) et 6.000 sont en train d'être recasés (attribution de lots). Par ailleurs, le déficit en logements est estimé à 21% du déficit national. Le besoin se chiffre à 122.000 logements: 41.300 logements liés aux constructions sommaires et bidonvilles, 69.600 logements liés aux logements menaçant ruine et 11.300 logements liés aux cohabitations forcées. La région est davantage concernée par les constructions sommaires, les bidonvilles et les cohabitations forcées que de nombreuses autres.
Transport: encore des insuffisances
Le développement de la mobilité est l'un des enjeux majeurs dans l'agglomération. De grandes insuffisances sont même enregistrées dans les grands centres urbains, la capitale en premier lieu. Le réseau de bus urbain de l'agglomération Rabat, exploitant Stareo, et le réseau de bus urbain de Kénitra, exploitant Karama Bus, ont besoin d'être modernisés et renforcés. De même, les petits et grands taxis jouent un rôle essentiel en complément des transports collectifs publics. L'extension du tramway est très attendue par les populations de Rabat, de Salé et de Kénitra. Le réseau de tramway est composé de deux lignes, pour une longueur totale de 19 km, et recense 30 stations. Des investissements pour 20 km supplémentaires ont été décidés pour la période 2016-2020. Au niveau de la mobilité régionale, la région est parcourue par trois axes ferroviaires nationaux et 11 gares régionales et nationales. Les liaisons de transport public à l'échelle régionale sont assurées par les grands taxis et les autocars. Cependant, le manque de hiérarchie dans le réseau routier et le manque de maillage du réseau aux différentes échelles du territoire régional constitue une réelle contrainte pour la mobilité interne et d'échanges.
Investissements publics: l'équipement en tête
Par ailleurs, en ce qui concerne les projets d'investissements, la loi de Finances prévoit un montant d'environ 7 MMDH pour la région Rabat-Salé-Kénitra. L'équipement se taille la part du lion, notamment le lancement des travaux de construction du port de Kénitra Atlantique moyennant 5 MMDH et le lancement de la réalisation de la ligne ferroviaire du projet Peugeot-Citroën (200 MDH), le programme de maintenance routière (203 MDH), celui des voies express (139 MDH)... Les investissements publics concernent aussi les autres secteurs: l'artisanat, l'enseignement supérieur, la formation professionnelle, l'intérieur ou encore la culture
Moyens financiers
La région Rabat-Salé-Kénitra est la deuxième région dont le PIB est le plus élevé (142 MMDH en 2013) du pays après Casablanca-Settat (290 MMDH), représentant 16% du PIB national. Le PIB par habitant est en nette amélioration de 24.863 DH (quatrième position). Le relèvement graduel des recettes financières transférées par l'Etat (IS, IR et l'impôt sur les contrats d'assurance) permettra à la région Rabat-Salé-Kénitra de se voir octroyer 974 MDH en 2021 (soit +132%). S'agissant des communes du périmètre, elles sont plus riches que celle du territoire national avec 57 communes aux ressources supérieures à la moyenne, positionnant la région au 3e rang (mais au second rang en dépenses). Concernant le périmètre régional, 25% des communes disposent de moins de 500 DH/hab. (contre 1.144DH de moyenne), principalement situées au Nord et à l'Est, ce qui révèle des enjeux de redistribution et de solidarité intra-régionale. l


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.