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«Il faut développer des stratégies pour recruter les jeunes africains expatriés»
Publié dans Les ECO le 07 - 02 - 2017

Moussa Mara, ancien premier ministre du Mali
L'ancien premier ministre malien, Moussa Mara, a publié un livre intitulé : «Jeunesse africaine: le grand défi à relever». Un ouvrage qui a progressivement mûri au cours des différentes responsabités qu'il a assumé aux niveaux local et national.
Les Inspirations ECO : Comment vous est venue l'idée d'écrire cet ouvrage et pourquoi les jeunes ?
Moussa Mara : L'idée d'écrire cet ouvrage a progressivement mûri en moi, pendant mes mandats de maire, ministre de la Ville et premier ministre. Je me suis rendu compte que les politiques, stratégies, outils que nous mettions en place pour prendre en charge les questions de jeunesse paraissaient en décalage avec les aspirations des jeunes et ce décalage semblait croître. Il me fallait donc réfléchir, analyser, échanger, appréhender les questions de jeunesse de manière profonde. Mon départ de la Primature m'a donné cette occasion. Et le livre est l'illustration de ce que j'ai pu collecter et proposer aux leaders du Mali et d'Afrique pour enfin prendre la mesure de la formidable opportunité que la jeunesse africaine constitue pour nous tous.
Que peut-on faire pour retenir les jeunes afin de construire l'Afrique de demain ?
Il y a d'abord une prise de conscience à faire au niveau des élites : les jeunes ne sont pas des menaces à contenir ou à traiter. Ils sont des opportunités à saisir et à transformer en progrès. Ensuite, il faut faire face à la réalité et savoir que les jeunes ont des aspirations matérielles mais aussi des idéaux auxquels il faut répondre concrètement et non de manière cosmétique. Il y a enfin un véritable partenariat à nouer avec les jeunes où chacun doit faire des efforts, les leaders d'abord et les jeunes ensuite. Au titre des efforts des leaders, il y a au préalable l'exemplarité, la bonne gouvernance, la promotion de la justice et de l'équité. Les leaders doivent traiter les différentes questions relatives aux jeunes de manière exhaustive et complète (démographie, urbanisation, services de base, éducation et formation professionnelle, emploi, etc.). Dans cette perspective, donner aux jeunes la place qu'ils méritent dans la réflexion et la conduite des stratégies de réponse. Tout cela en sachant mettre en place un système équilibré entre le local, le national et l'international.
Le grand challenge pour l'Afrique est de mettre en place des stratégies capables de canaliser les compétences des jeunes Africains. Qu'auriez-vous fait pour relever ce défi ?
Faire confiance aux jeunes, faire confiance aux organisations de jeunes, donner une place de choix au département en charge de la jeunesse au sein de nos institutions et multiplier les moyens pour soutenir ces stratégies.
Que peut-on faire pour séduire les jeunes diplômés africains afin qu'ils reviennent et prennent part au renouveau de l'Afrique ?
Il faut d'abord mettre en place un dispositif d'identification, d'inventaire et de suivi de nos compétences à l'extérieur. Ce dispositif doit concerner les jeunes qui partent pour étudier et qui doivent être suivis pendant leurs études par les consulats. Pour faire revenir les compétences, il faut savoir les convaincre et on ne peut le faire sans les cibler et savoir de quoi elles ont besoin. Nous devons pouvoir les toucher, les informer des possibilités sur place et créer les conditions de leur accueil. Pour ceux qui ont de hautes compétences, nos Etats doivent développer des stratégies pour les recruter, comme les chasseurs de tête, et leur offrir des perspectives et cela dans des conditions où ils ne devront pas trop perdre en rémunération. Les hommes font toujours la différence si on les met dans de bonnes conditions d'emploi.
Les jeunes des générations Y (jeunes nés entre 1980 et 2000) et Z (jeunes nés après 2000) portent, eux aussi, des rêves comme les jeunes Chinois, Américains ou Scandinaves. Comment nos stratégies de développement pourront-elles contribuer à réaliser une part de ce rêve, fut-elle minime ?
C'est ce que je disais au début, tout ne peut être matériel, il faut savoir identifier les idéaux et s'employer à les satisfaire. Parmi ces idéaux, il y a la liberté, la justice, mais aussi la culture, l'identité, quelquefois la religion et ses valeurs d'humanité. Il peut aussi y avoir des éléments liés aux liens sociaux, à la qualité de la vie et à l'environnement. Seul le partenariat productif avec les jeunes peut amener les décideurs à se situer dans le sens des aspirations des jeunes africains. Le jeune lui seul sait ce dont il a besoin. Nous devons donc arrêter de lui dicter des ordonnances sans le laisser s'exprimer sur son mal.
Comment peut-on redonner à l'Afrique sa dignité et à l'Africain sa fierté ?
Nous devons prendre la direction du progrès et de la justice, par des petits pas car je ne crois pas au grand soir ni à la révolution. Commençons, nos successeurs continueront et ainsi de suite...Nous arriverons ainsi à insuffler progressivement aux jeunes l'esprit du changement et de la dynamique positive. Le temps des grands discours et des slogans creux doit céder la place à la dynamique du progrès collectif qui voit chacun faire un peu, sous la direction de leaders exemplaires, pour qu'ensemble on avance vers nos idéaux. Les jeunes Africains recherchent les preuves de cette dynamique productive et nul doute qu'ils sauront l'amplifier partout où elle sera perceptible.
Nezha Hami Eddine Mazili Echairi
Economiste, spécialiste de l'Afrique


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