Cema-Bois de l'Atlas relève ses ambitions de développement sur le continent. Un nouveau projet d'investissement en commun avec la Société nationale de bois du Gabon (SNBG) est dans le pipe. Les deux enseignes veulent attaquer ensemble les marchés internationaux à l'export, à partir du Gabon. Cema-Bois est présent au Gabon depuis 1995 pour un investissement à terme de 220 millions de dirhams. C'est la dernière étape, mais sans doute l'une des plus prometteuses de la tournée royale. Hier, en marge de la troisième escale de la tournée royale en Afrique subsaharienne, au Gabon, l'enseigne marocaine Cema-Bois de l'Atlas, filiale du groupe Safari, l'un des leaders du secteur du contreplaqué sur le continent, a annoncé ses ambitions de s'associer à une entreprise locale pour rehausser son positionnement sur un secteur devenu très compétitif. L'objectif est de se lancer à la conquête d'un marché international très convoité et hautement compétitif. Ces ambitions justifient largement le choix porté sur le partenaire gabonais en question. Il s'agit de la Société nationale de bois du Gabon (SNBG). Forte d'un chiffre d'affaires annuel de 60 millions d'euros, la SNBG est le champion national gabonais du bois. Il a fini l'année 2010 avec un volume de plus de 422.000 m3 de grumes écoulés sur le marché international. Ses principaux marchés clients sont sur la région Asie/Amérique, avec plus de 380.000 de m3 de grumes vendus sur cette même année, suivie du bassin méditerranéen et de l'Europe. C'est donc là deux fortes ambitions d'internationalisation qui se rencontrent. À travers le partenariat en projet, Cema-Bois de l'Atlas se trouve ainsi être une excellente aubaine pour aider le groupe gabonais à mieux percer dans la région méditerranéenne. «Nous sommes à la recherche d'une relation de partenariat et nous sommes déjà en discussion avancée avec la SNBG», selon Ali Fassi Fihri, directeur général de Cema-Bois, dans une déclaration à la presse. Concrètement, les tractations en cours entre les deux géants devraient mener à la réalisation commune d'un projet d'unité industrielle de transformation du bois. Cet investissement en commun permettra ainsi aux deux enseignes de disposer, sur le modèle d'une joint-venture, d'une plateforme de transformation et d'exportation d'une partie de la production vers des marchés internationaux. L'idée est de fédérer les capacités financières et techniques des deux structures, afin de mettre sur pied ce projet commun, destiné à partager les risques d'une offensive commerciale sur un marché devenu très compétitif. Historique L'idée est certes pertinente et devrait renforcer la présence commerciale de Cema Bois de l'Atlas sur la région subsaharienne, à travers les activités de sa filiale gabonaise. Cema Gabon jouit déjà d'une très bonne référence commerciale sur le marché gabonais. Pour la petite histoire, le groupe a été le premier opérateur marocain à installer et gérer une unité de production industrielle au Gabon, depuis...1995 ! L'investissement, de près de 100 millions de dirhams, était de taille à l'époque et très risqué, dans une politique économique et commerciale marocaine dans laquelle l'Afrique subsaharienne n'avait encore que très peu de place. «Ce premier projet portait sur une usine de déroulage du bois, un procédé de découpage de troncs d'arbres en fines lamelles pour la fabrication de papier, dont la production est exclusivement destinée à approvisionner les unités du groupe à Casablanca et Meknès», comme le rappellent les responsables du groupe. L'enseigne s'approvisionnait ainsi en grumes d'okoumé à partir du marché gabonais, grâce à cette unité d'une capacité initiale de 12.000 m3, pour monter ensuite, à terme, à quelque 16.000 m3. À partir de mai 2010, un changement important intervenu sur le marché local gabonais du bois - interdiction par l'Etat d'exporter les grumes et l'obligation de transformation locale des essences - forcera le groupe à changer de stratégie. Sa présence s'est en effet vue renforcée avec un second gros investissement. «En 2010, nous avons été sollicités pour renforcer notre présence au Gabon et augmenter notre investissement, qui est passé de 100 à 220 millions de DH, suite à quoi notre capacité de production a triplé», explique-t-on auprès du management du groupe. Cette capacité a en effet été portée à 35.400 m3 de bois par an.