L'octroi du label «Salamatouna» à dix-sept entreprises annonce officiellement l'amorce de la restructuration du secteur. Le quart du chiffre d'affaires est capté par l'informel. Entre 300 et 400 importateurs sont actifs sur le marché. Cela fait plus ou moins un an que le label «Salamatouna» a été lancé. Conçu pour restructurer un marché qui pèse 15 milliards de DH, gangrené par l'informel qui en bouffe, selon les estimations de Mohamed El Housni, président du Groupement interprofessionnel de l'automobile au Maroc (GIPAM), entre 20 et 25%, il a été récemment octroyé à dix-sept entreprises, importateurs et fabricants locaux de pièces de rechange. Cela est-il suffisant pour restructurer tout ce marché, étant donné son ampleur ? La démarche qui a précédé le lancement de cette initiative, dit le président, a nécessité, en amont, un travail de longue haleine. «Certes, en tant que tel, le label n'est pas suffisant pour restructurer le marché, mais c'est un très bon début. Notre secteur a malheureusement une réputation d'être flou. Seule une telle démarche peut amorcer sa restructuration», souligne M. El Housni. L'informel n'est pas le seul problème dont se plaignent les professionnels. A en croire le président du GIPAM, le secteur est attaqué sur tous les fronts. Contrebande, contrefaçon, mauvaise qualité : l'image du secteur est-elle aussi brouillée ? Non, répond Mohamed El Housni. «Les mesures prises par les autorités contribuent petit à petit à surmonter tous ces obstacles», répond-il. Exemple, les normes de sécurité nationales, mises en place par les autorités, obligent dorénavant les entreprises à soumettre les produits importés à des tests que des laboratoires locaux certifient. Chaque pièce détachée possède ainsi une norme spécifique, Imanor étant évidemment le garant de ce processus. Un salon pour mettre en avant les opérateurs structurés Sur le long terme, les professionnels ambitionnent de mettre en place une chaîne de distribution labellisée de fond en comble. «Pour qu'un point de vente soit labellisé, il faut que son fournisseur le soit à la base. C'est pour cela que nous invitons tous les intervenants à nous rejoindre. Parmi les concessionnaires, celui de Hyundai est le seul à avoir été labellisé pour l'instant», poursuit le président du GIPAM. En réalité, le secteur est connu pour être opaque. Et qui dit opacité, dit manque d'informations exactes. «Il y a entre 300 et 400 importateurs au Maroc. Les revendeurs, eux, se comptent par milliers. Les garagistes n'en parlons même pas», insiste M. El Housni. Le GIPAM compte sur le Salon international de la pièce automobile et de la pièce de rechange au Maroc (M.A.T) qui se tient du 12 au 15 décembre 2018 pour permettre aux opérateurs structurés de s'affirmer et rassurer. Il a obtenu la participation de 100 entreprises étrangères de dix pays. Du côté de l'écosystème national, des métiers qui prennent de l'ampleur dans le secteur au Maroc sont attendus. A leur tête, les équipementiers marocains, présents notamment à TangerMed et Atlantic Free Zone, qui auront une occasion supplémentaire de renforcer leur notoriété. L'industrie automobile marocaine y gagnera fortement.