Le Syndicat national démocratique des Finances (SNDF), affilié à l'Union Marocaine du Travail (UMT), vient de lancer une pétition de solidarité avec le secrétaire général du ministère de l'Economie et des Finances, Zouhair Chorfi, suite à des propos qu'il a tenus vis-à-vis du secteur privé de la Santé au Maroc, lors des 3es Assises sur la Fiscalité. Le lancement de cette pétition, qui a récolté 515 signatures au moment de la rédaction de ces mots sur un objectif de 750, intervient suite à la réunion du SNDF, tenue le 11 mai. Celle-ci avait pour objectif de réitérer l'engagement et d'exprimer le soutien du SNDF vis-à-vis des recommandations retenues lors des 3es Assises sur la Fiscalité, tenues du 3 au 4 mai à Skhirat. Dans un communiqué du SNDF, dont Hespress FR détient une copie, le Syndicat exprime son accord avec les recommandations des assises pour la réforme du système fiscal, notamment pour ce qui est de l'équité, la revue du barème appliqué, ainsi que l'encouragement des investissements créateurs de valeur ajoutée. Cela dit, le Syndicat exprime son soutien entier au SG du ministère de l'Economie et des Finances, dénonçant les menaces dont il fait l'objet par certains acteurs du secteur privé de la Santé. Cela se traduit par le lancement de ladite pétition, mais aussi à travers l'organisation d'un sit-in sous le slogan «nous sommes tous Zouhair Chorfi», le 21 mai, devant les différentes branches du SNDF, du ministère de tutelle, ainsi que des administrations concernées. Le SNDF appelle par ailleurs la Direction Générale des Impôts (DGI) à publier la totalité des informations relatives aux déclarations fiscales des professions libérales, en plus de la liste des cliniques et médecins privées qui ne sont pas à jour pour ce qui est de leur situation fiscale, ainsi que pour faire face à certains lobbies enclins à la fraude. De plus, le Syndicat invite les citoyens à boycotter les fraudeurs, qu'ils soient individus ou institutions, et qui refusent d'accepter les chèques comme moyen de paiement. Par ailleurs, le Syndicat a tenu à saluer les acteurs du secteur privé de la médecine qui paient leur dû, en plus de mener à bien leur noble mission. Le SNDF a décidé d'engager plusieurs avocats afin de soutenir et représenter Chorfi dans le cas où l'Association nationale des cliniques privées (ANCP) décide de poursuivre le SG en justice. D'autant plus, un comité sera constitué afin de suivre le développement de cette affaire, afin d'entreprendre toutes les mesures nécessaires, en plus d'appeler les différents syndicats et parties concernées à prendre des actions concrètes vis-à-vis des fraudeurs. Les internautes soutiennent Chorfi En plus du soutien du SNDF, il semble que les propos de Chorfi ont atteint le cœur des internautes nationaux, qui soutiennent les dires du SG du ministère de l'Economie et des Finances. À voir sur les différentes plateformes sociales, les internautes dénoncent les pratiques immorales de certains médecins et cliniques privées, pour qui les patients ne sont qu'une source de profit. Contactée par Hespress FR, une source au ministère de la Santé, ayant requis l'anonymat, nous a déclaré que « le citoyen n'a pas d'autre choix que de se plier aux exigences de certaines cliniques, qui pratiquent des prix qui ne sont pas à la portée de tout le monde ». Cela pousse à se poser la question concernant la tarification appliquée en cours par le ministère de la Santé, en plus du contrôle la concernant. Dans ce sens, notre source nous indique qeue « la tarification nationale de référence a été mise en place en 2006. L'objectif était à ce qu'elle soit changée chaque 3 ans, mais rien n'a été fait dans ce sens. Cela est dû au fait que le système de couverture sociale actuel n'est pas capable de suivre la tendance haussière. Nous avons à peine 34 % de la population qui est couverte, le reste ne contribue pas pour alimenter les caisses d'assurance maladie. Un système de sécurité sociale ne peut être à la hauteur des attentes des citoyens que si ces derniers paient leurs impôts, ce qui n'est pas le cas. La question qui devrait donc être posée est qui sont ces gens qui paient les impôts ? ». Pour ce qui est des actions entreprises vis-à-vis des fraudeurs, notre interlocuteur nous a expliqué que le ministère de la Santé ne peut pas se mettre à pénaliser tous les dépassements, car cela dépend du budget qui lui est alloué, et qui ne dépasse pas 5,6 % du budget général de l'état. « Cela fait presque 14 ou 15 milliards de dirhams, moins 70 % alloués au fonctionnement, salaires des fonctionnaires, entretien des bâtiments, carburants des véhicules, etc., on se retrouve avec seulement 30 %, ce qui n'est pas utile pour réaliser grand-chose », nous indique notre source, tout en rajoutant que le problème auquel le ministère fait face est un problème de moyens. « Il faut tout revoir à la base. Que les citoyens paient leurs impôts, en plus des fraudeurs. Il faudrait par ailleurs se poser la question suivant : combien sommes-nous prêts à payer pour notre santé ? Le jour où l'on répondra à cette question, nous serons arrivés à répondre à plusieurs problèmes », nous a expliqué notre interlocuteur, tout en indiquant que selon les données de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le secteur de la Santé devrait disposer d'un budget de 12 % minimum pour bien fonctionner, alors que celui du Maroc n'est que de 5,6 %. Pour rappel, le Pr Redouane Samlali, président de l'ANCP, nous avait indiqué que les propos du SG du ministère de l'Economie et des Finances étaient «irresponsables» et «graves» venant de la part d'un officiel. Le président de l'ANCP nous avait par ailleurs déclaré qu'une plainte pour «diffamation» avait été déposée à l'encontre de Zouhair Chorfi, afin que «justice» soit faite au secteur privé de la Santé nationale.