Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a appelé, dans son rapport intitulé « migration et marché de travail », à la mise en place d'un mode de gouvernance « novateur » pour faire de la migration un réel levier du co-développement, de la coopération et de la solidarité. Adopté vendredi à Rabat lors de la 92è session ordinaire du CESE, ce rapport indique que ce mode, qui devrait être capable d'assurer une cohérence des politiques publiques et agendas relatifs aux migrations de travail, nécessite une coordination et une action globale et multidimensionnelle impliquant l'ensemble des parties prenantes pour apporter des solutions durables à la gestion des flux migratoires. Ledit mode de gouvernance doit en effet, « être structuré suivant une démarche humaniste et cohérente, capable d'agir, en conséquence, sur les politiques nationales, la coordination sous régionale, l'approche continentale, le partenariat international, ainsi que sur les causes profondes des flux migratoires », souligne le Conseil. Il s'agit également de favoriser la création de voies régulières, faciliter la mobilité des compétences pour le développement de l'Afrique, tout en luttant contre la migration forcée, la traite et le trafic des migrants le long des routes migratoires, et de prendre en considération l'interdépendance qui existe entre le développement du commerce et la migration du travail en tenant compte de la dimension de la migration du travail dans les accords de commerce et d'investissement (établies avec les pays d'Afrique), ajoute la même source. Ce mode de gouvernance doit aussi être axé sur les priorités de développement économique et social à la fois dans les pays d'accueil et de destination (notamment la mobilité de main d'œuvre et le transfert de compétences et de technologie), ainsi que sur les domaines d'intégration régionale, selon le rapport. Dans ce sens, l'institution présidée par Nizar Baraka, qui salue la proposition de création de l'Observatoire Africain des Migrations, présenté au niveau de l'Agenda Africain pour la Migration, appelle à accélérer la mise en place de cette structure avec comme principale vocation la production des données sur les flux migratoires et la construction de capacités nationales et régionales en matière de collecte de données objectives et fiables, ainsi que le renforcement de la coopération en la matière au niveau continental et international. Une cellule de veille et de prévention devrait être mise en place pour assurer le suivi de l'état de la migration dans chaque pays africain et partager les expériences afin d'impulser la promotion d'un mode de gouvernance africain des phénomènes migratoires, estime le conseil. Le CESE propose également de renforcer la coopération internationale pour une meilleure gestion des flux migratoires, d'assurer un financement continu pour une gestion efficace de l'intégration des migrants, d'optimiser la mise en œuvre de la stratégie nationale en matière d'immigration et d'asile au niveau territorial, de renforcer l'intégration des immigrés au Maroc par l'emploi décent et d'améliorer l'accès aux services de base. Il est aussi question de favoriser l'intégration culturelle des migrants, développer une dynamique favorable à la mobilité des personnes, de renforcer le vivre ensemble au sein de la société en mobilisant la société civile organisée et les médias, mettre à niveau la législation nationale et de renforcer la coordination entre les organismes producteurs de données et statistiques sur la migration.