Entre implosion politique et virus hors de contrôle, le président brésilien Jair Bolsonaro, 65 ans, se fait connaître comme l'homme qui est face à la perspective de détruire l'un des plus beaux pays du monde. Il est au cœur d'une enquête où il risque énormément pour son ingérence, et insultes envers les autorités de son pays, le Brésil. Critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire, Jair Bolsonaro a préféré botté en touche et a cherché le soutien de ses partisans, à travers un long bain de foule. Il s'est mélangé au public enlevant son masque, aux abords du palais présidentiel (Planalto) à Brasilia. Le président ayant même porté un enfant sur ses épaules et pris des photos sans précautions. Il y a de cela plus de deux mois et alors qu'une soixantaine de décès avaient été déclarés au Brésil, Bolsonaro dénonçait dans un discours rageur « l'hystérie » de la presse qui semait, selon lui, la crainte d'une épidémie et la peur face au virus d'une « petite grippe ». Deux mois après et 363 211 cas officiels plus tard, la petite grippe a coûté la vie à au moins 22 666 Brésiliens et probablement beaucoup plus si l'on se réfère à la communauté scientifique et à cette presse si décriée. Aujourd'hui, le Brésil, est désormais numéro deux mondial derrière les Etats-Unis, en cas confirmés. Le pays a en outre enregistré 653 nouveaux décès par coronavirus (Covid-19) dimanche et 15 813 cas attestés par rapport à samedi, a déclaré le ministère de la Santé par intérim (le troisième en deux mois). Le Brésil est le nouvel épicentre de la pandémie mondiale, enregistrant des moyennes quotidiennes plus élevées que partout ailleurs dans le monde. On y creuse à chaque jour plus de fosses dans les cimetières et les hôpitaux sont au point de rupture. Malgré cela, le président brésilien Jair Bolsonaro a participé dimanche à un rassemblement avec ses partisans, bravant les normes sanitaires et les règles de distanciation sociale. Dans le même temps celui qu'il considère comme son meilleur allié Donald Trump lui a joué un mauvais tour en interdisant sur son sol l'entrée des voyageurs en provenance du Brésil ou la quatorzaine aux citoyens américains ou autres y ayant séjourné. Et ses déboires ne font que commencer car, il fait l'objet d'une enquête pour le moins explosive où l'on cherche à savoir jusqu'où il est trempé pour avoir fait obstruction à la justice brésilienne pour protéger sa famille (ses deux fils). Coup dur ou coup de grâce l'avenir le dira bientôt. L'affaire débutait il y a un mois quand son ministre de la justice, Sergio Moro, ex-magistrat anticorruption très populaire, claquait brutalement la porte. Il accusait alors, Bolsonaro de torpiller des enquêtes policières. On sait maintenant à quoi il faisait référence. Car vendredi soir, la Cour suprême du Brésil a rendu publique pour éclairer les citoyens, une vidéo que forcé le gouvernement lui a remis. L'enregistrement vidéo montre qu'au cours d'une réunion ministérielle le 22 avril, soit deux jours avant la démission de Sergio Moro, qui y participait, le Président d'extrême droite et ses ministres se lâchaient tous azimuts. Celui de l'Education, Abraham Weintraub, qualifiait les juges de connards qu'il faudrait jeter en prison. Celui de l'environnement, Ricardo Salles, proposait de profiter du coronavirus qui détourne l'attention des médias, pour démanteler les réglementations protégeant l'Amazonie. Jair Bolsonaro, lui, bouillonnait de ne pas pouvoir obtenir de la police fédérale des informations sur des enquêtes en cours, et menaçait de virer les patrons de la sûreté à Rio de Janeiro : « Je ne veux pas attendre que ma famille se fasse coincer », y disait le Président, dont les fils font l'objet d'investigations. Le juge Celso de Mello, doyen de la Cour suprême, qui a fait publier cette vidéo, ne s'arrête pas là. Il a aussi transmis au procureur général la demande de saisie du téléphone de Bolsonaro déposée par des parlementaires. Affaire en cours et surtout à suivre !