Le ministère de l'Intérieur a ouvert une enquête sur le comportement de certains agents d'autorité faisant appliquer l'état d'urgence sanitaire due à l'épidémie du Coronavirus. Selon les sources de Hespress, le ministère a ouvert une enquête sur des scènes diffusées et partagées sur les réseaux sociaux, montrant des agents d'autorité gifler des citoyens. Les mêmes sources ont révélé que le ministère pourrait prendre des mesures disciplinaires limitées contre certains de ces agents, en suspendant leur service pendant quelques jours, étant donné que leurs actions apparaissant s'expliquent par la pression qu'ils subissent nuits et jours afin d'assurer la sécurité de la patrie et des citoyens. Certaines sources ont évoqué l'arrestation et le remplacement d'un caïd attaché au pachalik d'Ain Harouda (préfecture de Mohammedia), apparu dans une vidéo en train de gifler des citoyens ayant violé les dispositions de l'état d'urgence sanitaire, tandis que d'autres sources ont déclaré qu'il avait simplement obtenu une permission temporaire pour se reposer, en raison d'un malaise de santé. Mais des sources au sein de la même commune ont confirmé que ce caïd figure parmi les « agents éminents de la région », et qu'« il a contribué à résoudre de nombreux problèmes, notamment ceux liés au dossier des bidonvilles et à la crise des marchands ambulants, en plus de son grand soutien aux activités de la société civile ». Des informations confirmés par des sources de la préfecture de Mohammedia. Ces mêmes sources ont souligné que ce qui avait été diffusé sur les réseaux sociaux « ne montrait qu'une partie de ce que le Caid avait fait ce soir-là pour imposer l'état d'urgence, y compris le conduite d'une jeune femme à son domicile après la tombée de la nuit, de peur qu'elle ne soit agressée, et l'arrestation de certains des jeunes hommes en possession de drogues ». Hespress a également appris que des instructions ont été adressées aux services du ministère de l'Intérieur pour empêcher de filmer des agents de l'autorité locale durant leurs tournées, afin d'éviter tout partage de telles scènes sur les réseaux sociaux. De telles séquences vidéos ont en effet suscité de nombreuses réactions sur les réseaux. Des réaction qui rejettent ces interventions des agents d'autorité locale dans un certain nombre de régions du Royaume, considérant qu'elles affectent la dignité des citoyens, touchent aux principes des droits de l'Homme et violent les lois. D'un autre côté, certains Marocains ont estimé qu'il s'agissait d'un moyen de dissuader les contrevenants à l'état d'urgence, sans recourir à l'application stricte du décret-loi qui impose des amendes et des peines de prison aux contrevenants.