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Crise internationale : Le «nationalisme» serait-il de retour ?
Publié dans Finances news le 07 - 05 - 2009

* Les devises étant rares, il faut rationaliser les achats en s’orientant vers le marché local.
* Dans un contexte de crise, l’Etat est appelé à faire en sorte que les marchés publics profitent davantage aux entreprises marocaines.
* Les plus virulents défenseurs du «moins d'Etat» s'accordent à reconnaître que la main invisible s'est révélée incapable de remplir la fonction qu'ils lui assignaient.
Après les propos rassurants des pouvoirs publics quant à l’impact de la crise internationale sur notre économie, les chiffres enfin dévoilés par les différents organismes mettent en exergue la forte dépendance de notre tissu économique et sa forte vulnérabilité face aux aléas. A fin février 2009, les recettes touristiques ont baissé de 23% par rapport à la même période de l’année dernière. L’autre secteur qui souffre aussi atrocement de cette crise est celui de l’automobile. Les professionnels prévoient une baisse de l’ordre de 30% en 2009. Un troisième secteur subit de plein fouet les mêmes effets négatifs : le textile-habillement. Les exportations y afférentes ont baissé de 13,1% pendant les premiers mois de l’année en cours par rapport aux deux premiers mois de l’année précédente. Les licenciements dans le secteur du textile ont atteint 13.000 dont 10.000 résultent directement de la crise actuelle. Idem pour les exportations de produits électriques et électroniques qui ont baissé de 47%. Cette situation a poussé bon nombre d’entreprises opérant dans le secteur à procéder à des licenciements. Toutes ces variations ne sont pas restées sans incidences sur les agrégats macro- économiques.
Le déficit commercial a atteint 24,4 Mds de DH à fin février 2009 à cause d’une baisse des exportations de 31,8%. Le taux de couverture s’est établi à 40,2% à fin février 2009.
La balance de paiements a affiché un déficit de 11,5 Mds de DH, en 2008, et risque d’être encore déficitaire en 2009. Les transferts des MRE ont baissé de 14,8% par rapport à février 2008. La croissance des crédits à la consommation a ralenti de 42%, en février 2008, à 26% en février 2009. Le Haut Commissariat au Plan a prévu une baisse des investissements au Maroc de 5,4%, en 2009, à cause de la suspicion qui règne dans les milieux d’affaires. Et donc le taux de croissance (6%) prévu pour 2009 risque d’être revu à la baisse en dépit d’une bonne campagne agricole.
Autre indicateur important, les recettes fiscales qui, à leur tour, ont enregistré une baisse à fin 2009 (-19% pour les droits de douane, -15% pour les impôts directs, -7% pour les impôts indirects, mais plus de 68% pour l’IS).
Aujourd’hui, tous les pronostics laissent prédire qu’en 2010 seuls quelques pays émergents seraient en croissance mais pas tous. Chaque mois, le Fonds monétaire international révise ses prévisions dans le mauvais sens. Ainsi, ceux qui sauront transformer les menaces en opportunités seront certes les mieux lotis.
En quête de champions nationaux
En vue de parvenir à maîtriser les effets de la crise, il est de plus en plus recommandé aux entreprises marocaines de consommer local. H. Abouyoub, ambassadeur itinérant du Royaume du Maroc, lors d’une récente conférence de presse, prônait à cet égard, le nationalisme. Il donne ainsi l’exemple de la Corée qui a su orienter sa consommation vers le marché local. Le principe est donc le suivant : la ressource financière étant rare, il faut donc apprendre à faire des sacrifices. «Aussi, la révision de l’ensemble des projets sectoriels s’avère-t-elle indispensable en vue d’alléger l’impact sur notre balance de paiement qui s’inscrit dans un déficit», renchérit-il. Un projet tel que le TGV peut se faire via des entreprises locales, et la liste est longue.
Selon lui, plusieurs achats peuvent se faire sur le marché local. Une telle stratégie devrait être la priorité des priorités du patronat.
C’est dans le même sillage que s’inscrit l’émergence des champions nationaux. Il s’agit d’entreprises leaders sur le marché local capables de rivaliser sur le plan maghrébin, africain voire international. Dans les secteurs de la banque et de l’assurance, les récentes fusions-acquisitions en sont de probantes illustrations.
Un responsable du BTP confirme que ledit concept se trouve au cœur du contrat-programme conclu entre la Fédération du BTP et le gouvernement. Le but est de donner le maximum de travail aux entreprises nationales. «Le levier principal est, bien sûr, la commande publique qui va drainer des milliards de DH dans les années à venir», commente-t-il. La profession du BTP se défend du protectionnisme tout en insistant sur la préférence nationale dans les appels d’offres». Dans un contexte de crise, l’Etat est appelé à faire en sorte que les marchés publics profitent davantage aux entreprises marocaines.
Dans un secteur comme celui du BTP, le fractionnement des marchés a fait émerger cette culture de champions nationaux. Les entreprises se constituent en groupements afin de maximiser les chances de réussite et en jouant sur les complémentarités de leurs métiers. Ce qu’espère maintenant notre ambassadeur itinérant, c’est de développer cet acquis et de poursuivre sur la même lancée dans d’autres secteurs.
Cette règle de préférence nationale ne serait-elle pas un peu difficile à faire accepter dans la mesure où elle pourrait mettre le Maroc en porte-à-faux vis-à-vis des règles de l’OMC sans compter qu’elle peut constituer une contre-publicité vis-à-vis des investisseurs étrangers. Une chose est cependant sûre : en agissant de la sorte, le Maroc ne serait pas plus en position inconfortable que les USA, lorsqu’ils protègent l’acier, ou l’Allemagne son bâtiment.
Une autre question se pose : est-ce que le marché marocain a atteint un degré de maturité pour que l’on puisse faire confiance à des donneurs d’ordre nationaux ? Nous vivions chaque jour des cas de dégâts dont les principales raisons sont la tromperie et la corruption ?
L’Etat régalien est de retour…
Dans une région comme l’Europe, on peut rappeler l'attitude de certains gouvernements lors des récentes tentatives de fusion de grands groupes économiques œuvrant dans le secteur de l'énergie. L'attitude du gouvernement de Silvio Berlusconi dans l'affaire Alitalia est un autre témoignage de ce phénomène qui s'est illustré de façon encore plus criante dans la méfiance, et même l'hostilité, franchement affichée par les autorités de certains pays européens face aux velléités de prise de contrôle de certaines de leurs entreprises par des fonds souverains étrangers. C'est donc un nationalisme économique qui a émergé. Même si ces exemples font référence à des pays européens, le nationalisme économique n'est pas l'apanage exclusif de l’Europe. Il est devenu plus global.
La crise financière qui accable aujourd’hui les économies de la planète semble avoir aussi pour effet de réhabiliter l'Etat. Même les plus virulents défenseurs du «moins d'Etat» s'accordent à reconnaître que la main invisible s'est révélée incapable de remplir la fonction qu'ils lui assignaient. Bon nombre d'entre eux finissent par concéder que la fonction régulatrice et de contrôle de l'Etat est nécessaire et mieux à même de garantir le fonctionnement de l'économie. De ce point de vue, la reconnaissance des prérogatives légitimes de l'Etat semble faire consensus.


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