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Hinde Taarji, la petite fille qui jouait au garçon
Publié dans Finances news le 06 - 09 - 2007

Journaliste-reporter et écrivain, Hinde Taarji aimait à se poser, enfant, comme un garçon manqué. Elle avait un tempérament frondeur et rebelle.
Journaliste-reporter et écrivain, Hinde Taarji aimait à se poser, enfant, comme un garçon manqué. Elle avait un tempérament frondeur et rebelle. On peine à le croire vu que c’est une femme qui a un joli minois et, pourtant, elle avait du mal à se cantonner dans un rôle de fille éduquée dans des règles strictes au sein d’une société patriarcale. Et pour cause, «pour moi, être fille signifiait être soumise, du coup, je ne parvenais pas à m’accepter en tant que telle».
Cela deviendra un trait de personnalité et elle continue dans cette démarche jusqu’à il y a cinq ans lorsqu’elle se réconcilie avec sa féminité en se décidant enfin à se marier. Un déclic ou plutôt une rupture vu que cette nouvelle situation impliquait un grand changement dans son mode de vie dans la mesure où elle avait dorénavant ce devoir de vivre en société. Non pas qu’elle s’en était isolée, mais disons qu’après un long célibat, on se complaît dans ses idées.
«Quand on vit seul, on n’est pas dans une obligation permanente de compromis». Ce nouveau statut l’amène à composer, mais comme elle a un goût effréné de liberté et d’indépendance, elle tente, tout en étant mariée, de rester fidèle à elle-même.
Elle ne regrette pas pour autant son célibat : «La vie de célibataire est facile dans la mesure où on ne fait pas d’effort pour s’adapter, mais difficile parce qu’elle implique une grande solitude».
Cela dit, au moment de ce saut dans la vie à deux, il n’y a pas eu de rupture dans son parcours intérieur puisque sa personnalité n’a pas changé, si ce n’est qu’il faut maintenant affronter cette nouvelle réalité où il faut adapter ses idéaux à la vie quotidienne.
La fibre de féminité a donc fini par la rattraper, tout en étant une femme qui n’est pas réduite au statut traditionnel.
Si l’on s’amuse à retracer son long et inédit parcours de journaliste, notamment ses voyages dans certains pays qui étaient ou qui sont toujours en conflit, on s’étonnerait du courage de ce petit bout de femme. Notamment quand on lit son livre «Voyage au cœur de l’Intifada», paru dans Tarik Editions en 2002, où elle retrace le vécu du conflit israélo-palestinien. Elle brosse un portrait inédit de cette question, en se mettant en première ligne du front, où plutôt des fronts, puisqu’elle a traité la question des deux côtés.
Mais elle se défend d’avoir du courage : «Je suis comme un enfant à qui l’on n’a pas dit que telle ou telle chose était dangereuse. Je n’ai pas grandi dans la méfiance, du coup je n’ai pas beaucoup de mérite à être comme je suis. Je me lance et ce n’est qu’après que je ressens de la peur !».
Sa force, elle la tient fondamentalement de son père, de sa mère aussi. «J’ai eu la chance d’avoir un père qui avait une foi absolue en l’être humain. C’était un patriote et un humaniste comme il n’en existe plus. Pour lui, la bouteille était toujours à moitié pleine, jamais à moitié vide. D’autre part, il appartenait à cette génération de Marocains pour qui le développement du Maroc passait par l’émancipation de la femme». Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, le père de Hinde Taarji a toujours encouragé ses enfants à faire ce en quoi ils croient. A aller jusqu’au bout de leurs idéaux. Il est son modèle dans la vie et lui a appris la confiance en soi et dans les autres. Optimiste et généreux, son père ne cessait de répéter que l’humanité réunissait tous les hommes, quelles que soient leurs différences.
«Il était toujours plein de confiance. Je me rappelle encore sa réaction quand j’ai voulu aller en Algérie en 1996. Ce pays était l’objet d’une violence extrême. Autour de moi, tout le monde pensait que j’étais folle d’aller m’aventurer dans un tel bourbier. Mon père, lui, n’a pas cherché à me dissuader. Comme il avait été en Algérie en 1945, il m’a donné le nom d’un de ces anciens amis de l’époque et m’a demandé d’essayer de le retrouver !».
La confiance inébranlable dans la vie que cultivait son père était un privilège fondamental pour Hinde Taarji afin d’avancer dans la vie. Une confiance qui lui a donné le goût du défi et qui l’a emmenée à Beyrouth à une époque où la capitale libanaise essuyait 50 obus par jour. Mais Hinde Taarji ne voulait ni ne pouvait faire marche arrière. La veille de son départ, dans son lit, elle ne cessait de regarder son grand orteil et elle s’est prise d’affection pour lui. «Je m’étais demandé si je l’aurais toujours à mon retour». Elle était convaincue qu’au pire des cas, elle ne resterait la-bas que trois jours. Elle est restée finalement trois semaines !
Née sous le signe de la Balance, Hinde Taarji est un magnat du travail ; bien qu’elle travaille dans un cadre agréable, chez elle, sans pression, l’ambiance des rédactions lui manque un peu. Alors, pour boucler dans les délais, elle se fait parfois violence quand elle juge qu’elle traîne. Mais de manière ordinaire, elle agence très bien son emploi du temps entre sport, loisirs, travail et famille. Et c’est un gourmet «gourmand» qui aime concocter de bons plats. Matinale, elle se lève en général vers 7h30, regarde son feuilleton préféré Top Models, petit-déjeuner, footing jusqu’à la côte, pique une tête dans l’eau quand il fait chaud puis revient en taxi à la maison où elle retrouve son confident, l’ordinateur. L’enquête journalistique reste son domaine de prédilection. Et actuellement elle travaille sur une thèse d’anthropologie sur les relations judéo-musulmanes.
Femme de terrain avant tout, elle confie néanmoins qu’il n’est pas aussi facile que cela de nouer contact avec les gens. «Être journaliste n’empêche pas d’être timide. Je peux donner l’impression d’avoir une facilité de contact, mais ce n’est pas évident. Ceci étant, c’est un métier formidable !». Cela dit, elle a développé une grande capacité à capter les mutations de la société et tout ce qui se fait autour d’elle.
Et elle a une approche bien particulière en la matière : «J’ai rarement été déçue quand je vais vers les autres. J’ai toujours constaté en effet que lorsque vous abordez quelqu’un dans le cadre d’une démarche de respect et de sincérité, il se met dans la même posture que vous. Du coup, même en cas de divergence, les gens vous respectent. En fait, on reçoit en fonction de ce qu’on donne».
Mais si les choses sont aussi simples de manière globale, quand la relation est distinctive et quand l’affect est impliqué, «c’est autre chose».
Hinde Taarji fait partie de ces gens qui accordent beaucoup d’importance à l’amitié. Elle souffre quand une amitié meurt et vit cela comme un immense échec. «L’amitié nécessite constamment le don de soi !».
Cartésienne, Hinde Taarji est toutefois subjuguée par des phénomènes irrationnels comme la télépathie. Il lui est arrivé une fois de penser très fort à une personne qu’elle ne savait où joindre, quand le téléphone sonna. Cette même personne était au bout du fil. «Il y a des choses irrationnelles qui viennent rappeler les limites de la pensée». Elle croit également en Rdat El Waliddine, «cette protection qui nous vient des gens qui nous aiment !».
Franche, elle ne s’impose pas de lignes rouges dans ses écrits si ce n’est cette hantise de ne blesser ou causer du tort aux gens.
Si le temps pouvait revenir en arrière, il y aurait beaucoup de choses qu’elle aurait modifiées. «Je ne serais pas passée sur ma vie de femme, je me serais mariée à 20 ans et j’aurais eu des enfants. Ne pas avoir vécu la maternité est un manque terrible. Mais dans la vie, on ne fait pas de brouillon, tout s’écrit au propre. On ne peut pas déchirer la page».


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