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Au Nigeria, le port de Lagos, un gâchis absolu
Publié dans Barlamane le 15 - 03 - 2021

Le pays perd près de 50 millions d'euros par jour à cause de la congestion de ses ports, liée notamment au manque d'infrastructures et à une corruption endémique.
«C'est le chaos total», «un désastre», «un bordel absolu»... Les acteurs économiques du port de Lagos, mégalopole tentaculaire du Nigeria, étaient habitués à opérer dans des conditions difficiles. Mais tous s'accordent à dire que depuis ces derniers mois, ils n'avaient jamais vu pareille situation.
«Certains de mes bateaux peuvent attendre jusqu'à 80 jours avant de pouvoir rentrer dans le port», explique le chef des opérations d'une compagnie de transport maritime : «C'est inadmissible ! En plus, parce que les eaux au large du Nigeria ne sont pas sécurisées, ils doivent attendre à Cotonou ou à Lomé.» Alors qu'avant 2020, chaque terminal pouvait accueillir six ou sept porte-conteneurs par semaine, le trafic est désormais réduit de moitié, avec seulement trois déchargements hebdomadaires. «La situation de Lagos engendre de la congestion dans tous les ports de la région, d'Abidjan jusqu'à Pointe-Noire», explique cette même source.
Lagos, capitale économique gigantesque de 20 millions d'habitants, est quasiment le seul point d'entrée et de sortie de tous les biens qui transitent au Nigeria, pays de 200 millions d'habitants. Début 2020, juste avant la crise du coronavirus, 99 % des exportations du pays et plus de 89 % de ses importations transitaient par les mers, presque exclusivement via Lagos. Après le pétrole, le port de Lagos est d'ailleurs la deuxième source de revenus du géant africain. Et pourtant, le Nigeria perd environ 55 millions de dollars par jour (46 millions d'euros) à cause de la congestion de ses ports, selon le cabinet d'études spécialisé Dynanmar, et s'est même fait ravir la première place des ports à conteneurs d'Afrique de l'Ouest par le Togo, pays de 8 millions d'habitants.
Barrages et pots-de-vin
Avec une augmentation de la pression démographique, «les importations augmentent chaque année», note Pascale Jarrouj, directrice commerciale pour GMT Nigeria Limited, une importante société de logistique basée à Lagos : «Mais l'année dernière, à cause du confinement et des manifestations d'octobre [contre les violences policières], elles ont chuté d'environ 40 %. Et aujourd'hui, ça crée encore plus de congestion.» La crise économique et sociale dans laquelle s'est enfoncé le Nigeria depuis le début de la pandémie n'a fait qu'aggraver des problèmes structurels de longue date : manque crucial d'infrastructures et d'investissements publics, état désastreux des routes et corruption endémique à tous les niveaux de la chaîne.
Les déchargements sont ralentis par l'absence d'automatisation du processus, par les fouilles «manuelles» des agents des douanes, et surtout par le peu d'espace libre disponible pour transborder les conteneurs. A cela s'ajoutent une vingtaine de barrages de police, des douanes, d'agences ou de brigades spéciales que doivent traverser les camions de marchandises pour entrer et sortir du port – et presque autant, à chaque fois, de pots-de-vin à verser. «Avant, nous pouvions faire sortir un camion pour 400 000 nairas [877 euros]», explique l'un des innombrables «agents de logistique» qui permettent de naviguer dans les méandres infernaux des terminaux et au sein de leur administration véreuse : «Maintenant, c'est dans les 1,3 million... En décembre, on est monté jusqu'à 1,7 million !» En trente et un ans de carrière, il n'avait jamais vu ça.
Avec environ 2 000 camions qui entrent et sortent chaque jour du port, l'argent de la corruption atteint des sommets vertigineux. Tous ces coûts sont directement répercutés sur le prix des produits aux consommateurs, dans un contexte d'étranglement économique post-confinement, d'explosion du chômage et d'une inflation à deux chiffres. «Il n'y a pas de tarif logistique fixe, tout dépend du chaos dans le port», témoigne un transporteur privé qui travaille au port de Lagos depuis dix-sept ans : «Et surtout, tout dépend de ce que certains sont capables de payer ou pas.»
Plate-forme numérique
Aliko Dangote, le plus grand homme d'affaires nigérian, avait déclaré avoir perdu près de 55 millions d'euros entre 2017 et 2018 à cause de la congestion du port. La plupart des petits acteurs économiques ne peuvent pas faire face et les compagnies étrangères deviennent de plus en plus réticentes à vouloir conquérir un marché pourtant immense, à l'exception des grandes compagnies pétrolières ou des grandes multinationales qui, elles seules, peuvent absorber ces coûts exorbitants.
Fin février, le gestionnaire public du port (Nigeria Port Autority, NPA) a mis en place une plateforme numérique obligatoire, ETO, sur laquelle doivent s'enregistrer les camions avant d'être appelés directement sur une application téléphonique pour venir récupérer leurs marchandises. Comme partout ailleurs dans le monde, ce système permet de réguler le trafic. Mais deux semaines à peine après sa mise en place, les transporteurs sont unanimes : « un désastre ». Tous les camions n'ont pas encore obtenu les documents pour s'inscrire sur l'application. Ils s'échangent déjà contre des pots-de-vin et cela cause encore plus de retards dans les déchargements. «Le problème c'est que trop de personnes tirent profit de ce chaos absolu», lâche un transporteur, désabusé : «Elles n'ont aucun intérêt à ce que les choses aillent mieux.»


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