Le Maroc risque de connaître une pénurie de gaz butane. Cette information, diffusée ces derniers jours dans certains organes de presse, s'est vite propagée et risque de provoquer une panique générale chez les citoyens. Mais, il ne s'agit que d'une rumeur. Le Maroc risque de connaître une pénurie de gaz butane. Cette information, diffusée ces derniers jours dans certains organes de presse, s'est vite propagée et risque de provoquer une panique générale chez les citoyens. Mais, il ne s'agit que d'une rumeur. L'approvisionnement en gaz butane ne connaît aucun problème, affirme le ministère de tutelle, qui ajoute qu'il n'existe pas de risque de pénurie de cette matière. Ce qui met fin à toute spéculation sur cette question et met fin au débat qui commençait à peine à se développer. Toutefois, il est légitime de se s'interroger sur l'origine de cette rumeur et l'objectif de ses auteurs. En fait, l'information émane de certains distributeurs de gaz qui auraient alerté la presse sur l'existence d'un risque sérieux de pénurie de gaz. «En l'absence d'une intervention du gouvernement dans les plus brefs délais, on risque d'atteindre la catastrophe, et des problèmes d'approvisionnements, voire une pénurie, devraient toucher plusieurs régions du Royaume», rapporte un journal national, citant un membre du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM), sans en révéler l'identité. Ce qui signifie que la source concernée voulait juste faire passer un message précis vers une destination concrète. En deux mots : dire au gouvernement, à travers la presse, qu'il existe un danger supposé imminent du déclenchement d'une crise dans le secteur et qu'il devait réagir en satisfaisant les exigences de la source. Plus précisément, il faut dire que la source de la rumeur menaçait le gouvernement de provoquer une crise en arrêtant l'approvisionnement s'il ne donne pas suite immédiatement, à ses exigences, à savoir remédier dans l'immédiat au "retard" enregistré sur le payement des sommes dues dans le cadre de la subvention de l'Etat à cette matière. Rappelons que l'Etat subventionne, via la caisse de compensation, le prix du butane, et ce à hauteur de 65 %. De ce fait, c'est le gouvernement qui en fixe le prix de vente au public qui est actuellement de l'ordre de 3.3 DH le kilogramme. Un prix qui doit être maintenu en stabilité, malgré les hausses enregistrées au niveau des marchés internationaux. En effet, durant les quatre dernières années, le gaz butane n'a subi aucune augmentation de prix. Une stabilisation du prix qui coûte à l'Etat plus de 2.5 milliards de DH. Une politique qui entre dans le cadre de la responsabilité de l'Etat d'assurer un approvisionnement régulier des marchés avec un prix à la portée du citoyen. En somme, l'Etat ne peut nullement permettre que l'approvisionnement en cette matière puisse connaître une crise. Car, il s'agit d'une matière stratégique comme la farine, par exemple. Et dire qu'il existe un risque de crise, comme on a voulu le faire croire, relève de l'impossible, puisque l'Etat est garant de l'approvisionnement. Il est donc clair qu'il ne s'agit que d'une fausse alerte lancée dans le but de faire pression sur l'Etat pour qu'il active les dossiers de régularisation de la subvention. Mais, ce que ceux qui sont à l'origine de la rumeur semblent avoir oublié est que l'on ne joue pas avec le gaz. Car, il est des rumeurs qui peuvent être dangereuses.