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Près de 100 000 enfants marocains touchés par le diabète juvénile
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 08 - 11 - 2013

Environ 100.000 enfants au Maroc seraient déjà touchés par le diabète de type 1, dit juvénile ou insulinodépendant, selon l'Association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS). Contrairement à celui de type2, dit gras ou de la maturité, le diabète juvénile n'est pas dû au mode de vie (et à l'obésité) mais à la destruction de cellules du pancréas produisant l'insuline, a déclaré à la MAP, docteur Khadija Moussayer, spécialiste en médecine interne et en gériatrie et présidente de l'AMMAIS, à la veille de la journée mondiale du diabète, célébrée le 14 novembre chaque année.
"Les globules blancs de notre système immunitaire, normalement chargées de traquer et d'éliminer les corps étrangers (virus, bactéries, parasites ), en sont les responsables car ils s'attaquent à notre propre organisme de façon autodestructrice. D'où le terme de maladie auto-immune qui lui est donnée", a-t-elle expliqué.
Ses premières manifestations souvent brutales (soif excessive, mictions très fréquentes, fatigue, perte de poids, nausées), sont le signe d'une forte hyperglycémie dans le sang aux effets potentiellement graves, allant jusqu'au coma, a-t-elle poursuivi, notant que les injections d'insuline, qui devront se poursuivre toute la vie, sont l'unique seule solution urgente, l'insuline ayant pour fonctions d'assurer l'utilisation du glucose par les cellules de l'organisme pour ses dépenses en énergie et de réguler la quantité de sucre dans le sang.
"Ce que l'on sait moins, c'est que ce diabète juvénile concerne plus de 10 pc des diabétiques, progresse partout dans le monde à un taux annuel de près de 4pc et frappe de plus en plus les enfants en bas âge (entre 0 et 4 ans), a-t-elle averti.
Son évolution se traduit de façon quasi inéluctable au bout de 15 à 20 ans par des dommages aux vaisseaux sanguins affectant l'œil, les reins, les nerfs. Seule, sa bonne prise en charge par le sujet atteint comme par le médecin traitant permet d'en éviter les conséquences les plus graves (accidents cardiovasculaires, amputation), relève en outre Mme. Moussayer.
Prenant l'aspect d'une véritable "épidémie", l'importante progression de ce phénomène, s'explique, entre autres, selon l'AMMAID, par une prédisposition génétique (observation d'une transmission parents-enfants ou grands-parents-enfants plus fréquemment que la normale), ainsi que des facteurs environnementaux.
Il est tout d'abord question de la pollution, avec plus de 100.000 produits chimiques présents dans l'alimentation, l'eau, l'air, le sol ou à l'intérieur de nos maisons (pesticides, nitrates, métaux lourds, particules fines et dioxyde d'azote dégagés par les automobile), dont certains sont considérés comme des "perturbateurs endocriniens", outre les bactéries et les virus qui exerceraient une toxicité à l'encontre des cellules productrices d'insuline. Un apport insuffisant en vitamine D augmenterait également ce risque.
Et d'ajouter que l'excès d'hygiène est plus en plus incriminé. La propreté ayant permis, depuis des siècles, de mieux se protéger des infections et de mettre fin à la forte mortalité infantile, son excès empêche, toutefois aujourd'hui, le système immunitaire d'apprendre à reconnaître ses vrais ennemis (virus ou bactéries).
La solution serait donc de permettre aux bébés et aux jeunes enfants de se " salir un peu" pour éduquer les défenses de leur organisme, poursuit-on de même source.
Au-delà des inquiétudes face à ce fléau, la science médicale laisse quand même entrevoir des pistes prometteuses, rassure l'AMMAID.
Ainsi, en 2013, des chercheurs sont parvenus à transformer chez des souris certaines cellules du pancréas en cellules, celles qui produisent l'insuline. Ils étudient désormais les moyens de reproduire ce processus chez l'homme à l'aide de médicaments.
Par ailleurs, d'autres scientifiques mettent au point des nanoparticules injectables dans le corps et capables, à la fois et ce pendant une semaine, de détecter les niveaux de glucose dans le sang et d'émettre, si besoin est, les quantités d'insuline nécessaires à une glycémie normale. Cette nouvelle "insuline intelligente" éviterait pratiquement toutes les conséquences nuisibles de la maladie sur l'organisme (en supprimant l'alternance des périodes d'hypo et d'hyper glycémies préjudiciables aux vaisseaux sanguins).


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