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Le musicien Said Chraibi : Un prince pour le «roi des instruments»
Publié dans Albayane le 06 - 01 - 2011

Né le 02 Février 1951 dans une famille de mélomanes de Fès, Said Chraibi, cet enfant de la ville de Marrakech, découvre le luth à l'âge de 13 ans, auquel il s'initie en autodidacte, et ne se séparera plus de cet instrument avec lequel il éduquera pendant plus de quarante ans une complicité rare, fascinante… Saïd Chraïbi explore d'abord au fil des ans les subtilités envoutantes de la musique de l'Andalousie, d'où ses ancêtres sont originaires. Et bien qu'elle ne l'empêche pas d'obtenir une licence en économie, cette complicité le conduira ensuite comme instrumentiste sur la scène nationale et mondiale ; que ce soit en soliste, en orchestre ou encore comme accompagnateur de grandes voix du monde arabe. A travers une recherche et un travail considérablement assidus sur tous les modes et styles indissociables de l'instrument - qu'ils soient arabo-andalous, turcs, perses ou classiques occidentaux, Saïd Chraïbi compose des œuvres qui sont essentiellement un prolongement de la tradition, retravaillée sous un angle contemporain et même enrichie plus tard par la conception d'instruments nouveaux. Au départ, sa recherche se concentre particulièrement sur la fabrication des Ouds avec Khalid Bel Hayda, luthier de Casablanca. Ils effectueront tous deux un travail audacieux et novateur sur le noble instrument de musique : en apportant des modifications aux proportions des caisses et à la position des rosaces, ils attribueront aux instruments de Saïd Chraïbi un son unique. Porté ensuite par la précision de son doigté et de son phrasé, ce son deviendra le pilier central de sa carrière éclatante comme soliste, dont la réputation se bâtit sur des participations toujours impeccables, que ce soit au Maroc ou à l'étranger. Il y a à peu près 5 ans, Saïd Chraïbi se lança dans une nouvelle investigation encore plus ambitieuse et novatrice, en vue de combler une lacune de l'univers de son instrument. Il eut ainsi l'idée de créer pour la première fois un ensemble de luths différents (soprano, sopranino, alto et basse) et complémentaires dans leurs sonorités, permettant l'élargissement du répertoire. Il dut pour cela imaginer et concevoir trois instruments nouveaux, avant de pouvoir tester lui-même les différents prototypes, puis de se réadapter à leurs nouvelles dimensions tout en concevant un répertoire spécialement pour cette recherche. C'est ainsi que l'ensemble «Aoud Al Hamra» émergea, avec lequel Saïd Chraïbi enregistra l'album «La clé de Grenade 2» en 2003, époustouflant de grâce dans son harmonie, qui représente une toute nouvelle expérience musicale, à travers un champ illimité et sans précédent dans le monde du luth. Aujourd'hui, ce chercheur, professeur et compositeur-luthiste possède presque tous les éléments de la famille de l'instrument ancestral, complétée par ceux qu'il a apportés de ses multiples voyages en Orient et en Europe. Sur la liste de ses références musicales, Farid El Atrache figure inévitablement au sommet. L'artiste lui rend d'ailleurs un hommage éblouissant avec le morceau Hommage à mon maître dans son album « La clef de Grenade », enregistré lors d'un de ses concerts parisiens. Mais Saïd Chraïbi n'est pas seulement un artiste infiniment talentueux et un musicien redoutablement appliqué et instruit… Il est avant tout un être humain profondément sensible, humble et à l'écoute d'autrui. Ce dernier a d'ailleurs beaucoup apporté à la scène artistique nationale, n'hésitant jamais à mettre son art à contribution pour la révélation de plusieurs artistes de grand talent ; notamment des chanteuses marocaines de haut niveau telles que Karima Skalli, Amina Alaoui ou Asmaa Lamnaouer. Ce prince ravive et modernise le souffle du luth, tout en prolongeant et lui ouvrant de nouveaux chemins au Maroc. De plus, il est un des rares luthistes arabes à avoir remis l'instrument traditionnel au goût du jour. Ainsi à travers l'Oud, il conserve précieusement une tradition musicale essentielle de son pays et ses origines en rajeunissant et sublimant leur beauté à tous deux. De ce fait déjà exceptionnel, il conserve par la même occasion une part de notre héritage sensoriel et spirituel. Et bien que très discrètement, il ajoute pourtant de manière incontestable son nom en haut de la remarquable liste de musiciens historiques tels que Abdelwahab Agoumi, Moulay Ahmed Loukili, Thami El Harouchi, Mohamed Fouiteh, Abdelkader Rachdi, Mohamed Larbi Temsamani, Abderrahim Sekkat, Omar Tantaoui, Mohamed Ben Abdeslam, Abdelwahab Doukkali, ElHadj Younes, Abdelhadi Belkhayat, Othman Tazi, Ahmed El Baidaoui, Abdelkrim Raiss, Guennoun et bien d'autres…A l'échelle internationale, les plus grands spécialistes considèrent l'artiste comme un « grand » dans le sens le plus éminent de l'art ; le baptisant à l'unanimité « prince du luth » et lui attribuant de nombreuses distinctions suprêmes. Celles-ci vont du Plectre d'Or à Bagdad en 1986 et passent par sa proclamation comme « meilleur luthiste du monde » au Festival du luth de Suède en 2000. En quatre décennies de musique, Saïd Chraïbi s'est humblement imposé, par son style, ses compositions, sa recherche et sa musicalité, comme l'un des luthistes - tous styles confondus- les plus importants du monde de la musique.
Source :
(http://hassaneljai.blogspot.com/)


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