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Cancer du sein: importance de la détection précoce
Publié dans Albayane le 28 - 02 - 2019

Face au diagnostic de cancer du sein, une femme sent le sol se dérober sous ses pieds. C'est un moment où tout semble s'arrêter. C'est un bouleversement total où se mêlent angoisse, anxiété, incertitude, tristesse et colère …. Cette situation aussi pénible soit-elle ne doit pas décourager la femme qui est confrontée au diagnostic de cancer du sein, car plus le diagnostic du cancer du sein est fait tôt, plus grandes sont les chances de guérison. L'intérêt du diagnostic précoce est ainsi de mieux soigner, mais aussi de limiter les séquelles liées à certains traitements.
Chaque année, de nombreux cas de cancer du sein sont enregistrés au Maroc. De plus en plus de femmes sont concernées par cette maladie. Avec plus de 11.000 cas enregistrés par an, le cancer du sein est un problème face auquel la société marocaine ne peut rester indifférente. En effet, personne n'est à l'abri de cette maladie qui atteint sans discrimination des femmes qui sont de plus en plus jeunes. Au niveau des consultations médicales, tant au niveau du secteur public que privé, plusieurs femmes sont confrontées au diagnostic d'un cancer du sein. Nombreuses sont celles qui ne baissent pas les bras, qui font face à la maladie avec courage et détermination et entament un long et éprouvant combat en vue de la guérison. Elles doivent savoir que cette guérison est possible et qu'elle est facilitée par un bon diagnostic. Si le cancer du sein est détecté à un stade précoce, la survie relative à 5 ans est supérieure à 90%. Il est donc impératif de pouvoir dépister tôt ce cancer afin de le traiter efficacement.
Outre l'examen clinique du sein qui est réalisé par le médecin et face à une anomalie ou un doute, celui – ci demandera une mammographie qui est une radiographie des seins qui a pour but de détecter la présence d'un cancer. Lorsqu'une anomalie a été décelée par la mammographie du sein, le praticien pourra pratiquer une biopsie pour confirmer ou non la présence de cellules cancéreuses. Au moins 98% des cancers du sein sont correctement identifiés avec une biopsie.
Un cancer du sein résulte d'un dérèglement de certaines cellules qui se multiplient et forment le plus souvent une masse appelée «tumeur». Il en existe différents types qui n'évoluent pas de la même manière. Certains sont «agressifs» et évoluent très rapidement, d'autres plus lentement. Les cellules cancéreuses peuvent rester dans le sein. Elles peuvent aussi se propager dans d'autres organes, ce qui est une situation encore plus menaçante. On parle alors de «métastases». Dans la majorité des cas, le développement d'un cancer du sein prend plusieurs mois, voire plusieurs années.
Quels sont les symptômes du cancer du sein?
Avec le temps et les ans, les grossesses, les accouchements, le corps de la femme a tendance à connaitre quelques modifications. Il est tout à fait normal que l'aspect des seins change lui aussi au fil des années.
Mais il faut rester très attentive à des modifications qui seraient inhabituelles , et ne pas hésiter un seul instant à consulter votre médecin traitant, surtout si on remarque l'apparition d'une petite boule dans le sein ou sous un bras (aisselle), ou si on remarque une modification de la peau du sein avec rétraction, rougeur, œdème ou aspect de peau d'orange, une modification du mamelon ou de l'aréole (zone qui entoure le mamelon), rétraction, changement de coloration, suintement ou écoulement de liquide, sang ou des changements de forme de vos seins.
Ces signes ne signifient pas nécessairement la présence d'un cancer mais doivent être signalés au médecin.
Les cancers du sein augmentent d'année en année parmi les Marocaines. Ce sont, en effet, 10.136 femmes qui sont atteintes par le cancer du sein sur les 52.783 cas de cancers enregistrés depuis le début de 2018.
Outre sa fréquence, le cancer du sein est celui qui cause un nombre important de décès parmi les femmes, notamment à cause du retard dans la pose du diagnostic.
Il est utile de rappeler ici que le cancer du sein de par sa fréquence arrive en premier avec 36% des cas révélés, suivi de celui de l'utérus, de la thyroïde et du colon qui représentent, respectivement, 11,2%, 8,6% et 5,9% de l'ensemble. Chez les hommes, le cancer des poumons arrive en tête de liste avec 22% des cas diagnostiqués suivi de celui de la prostate et du cancer colorectal avec 12,6 et 7,9%.
Facteurs de risque
Le cancer du sein est une maladie multifactorielle. Plusieurs facteurs de risque jouant un rôle dans le développement d'un cancer du sein ont été identifiés : facteurs hormonaux et reproductifs, antécédents familiaux ou personnels, facteurs de risque liés aux modes de vie ou à l'environnement. Toutefois, il existe encore des incertitudes quant au poids de plusieurs de ces facteurs dans le développement de ce cancer. Il reste difficile, à l'heure actuelle, de mettre en place une stratégie de prévention face au cancer du sein permettant de se protéger totalement et d'éviter le dépistage.
Dans tous les cas de figure, il faut avoir toujours présent à l'esprit que non seulement le dépistage permet de repérer une lésion avant l'apparition de symptômes, et notamment de détecter des cancers de plus petite taille et moins évolués avant qu'ils ne soient palpables. Mais le dépistage précoce du cancer du sein augmente considérablement les chances de guérison.
On ne le répètera jamais assez, mais lorsque le cancer du sein est détecté tôt, le pronostic est souvent excellent. Le taux de survie à 5 ans pour le cancer du sein détecté tôt et confiné au sein est de 99%.
Afin de ne rien laisser au hasard, et de détecter le plutôt possible un éventuel cancer du sein, il est recommandé de passer une mammographie et un examen clinique des seins tous les un à deux ans à partir de l'âge de 50 ans. D'autres experts et organisations recommandent de commencer les mammographies au début de la quarantaine.
Le meilleur conseil que l'on puisse donner dans ce sens, c'est de vous encourager à discuter avec votre médecin pour déterminer ce qui serait le mieux pour vous.
Quels traitements?
La chirurgie est souvent le premier traitement entrepris. Elle sert à enlever la tumeur cancéreuse. Dans le cas du cancer du sein, elle se nomme mastectomie. La mastectomie est partielle ou segmentaire (une partie du sein est enlevée) ou totale (tout le sein est retiré). On y ajoute presque toujours une chirurgie aux ganglions lymphatiques de l'aisselle. Le choix du type de mastectomie repose entre autres sur la taille de la tumeur, son type et son emplacement dans le sein. La préférence de la femme est aussi prise en compte.
La mastectomie partielle doit généralement être suivie de radiothérapie afin de détruire les cellules cancéreuses qui pourraient demeurer dans le sein. Elle réduit le risque qu'une tumeur réapparaisse. En cas de mastectomie totale, la radiothérapie n'est pas toujours nécessaire.
La chimiothérapie utilise une classe de médicaments, appelés antinéoplasiques, pour traiter les cancers. Pour le cancer du sein, elle est habituellement administrée après la chirurgie. Elle permet de détruire les cellules cancéreuses qui se seraient échappées de la tumeur principale. Le choix d'entreprendre ou non une chimiothérapie dépend du stade d'évolution de la maladie.
Peut-on prévenir le cancer du sein?
Les bonnes habitudes de vie (exercice physique, saine alimentation comprenant suffisamment de légumes et de fruits, arrêt du tabagisme, etc.) et le maintien d'un poids santé, favoriser la pratique de l'activité physique dans des espaces verts, sont autant d'éléments susceptibles de contribuer à réduire le risque de plusieurs types de cancers, incluant le cancer du sein.
L'autopalpation des seins doit être pratiquée une fois par mois :
– une semaine environ après les règles, car normalement dans cette période du cycle menstruel, les seins ne sont ni sensibles, ni gonflés.
– chez la femme ménopausée : le premier jour du mois.
A la suite de cette autopalpation des vos seins, si vous découvrez la présence d'une anomalie, consultez rapidement votre médecin ou adressez-vous au centre de santé de base le plus proche.

Informer – Communiquer – Eduquer
L'un des grands problèmes auquel est confronté notre système de santé réside dans le peu voire le manque d'information et de communication. Les professionnels de santé accordent peu d'importance à cet aspect fondamental dans la prise en charge globale des patients.
La science a mis en évidence de nombreux facteurs qui interagissent dans la causalité des cancers. C'est notamment le cas pour l'allongement de l'espérance de vie, le tabagisme, l'inactivité physique, l'obésité, une mauvaise alimentation, certaines infections et le contact avec des substances toxiques présentes dans l'environnement ou sur les lieux de travail. Ces facteurs sont partagés par la plupart des maladies non transmissibles (MNT) et leur prévention permet d'éviter de très nombreux cancers. L'information ainsi que l'éducation au niveau des structures sanitaires doivent être du ressort de professionnels de santé bien formés, rodés et maitrisant leurs sujets. L'information sur le cancer doit être structurée, claire, validée et actualisée…Les médias doivent jouer leur rôle dans ce sens.


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