Rachid Talbi El Alami représente le Roi à la cérémonie d'investiture du nouveau président chilien    Akhannouch préside une réunion sur la mise en œuvre de la réforme de l'enseignement supérieur    Tizi et M.L.I lancent «AMAL 2026» pour former 100 jeunes candidats aux législatives marocaines    Le stade Prince Moulay Abdellah sacré meilleur stade du monde en 2025    Ginebra: El Polisario señalado durante una conferencia sobre niños soldados    Le temps qu'il fera ce jeudi 12 mars 2026    Paris : le Maroc signe une Déclaration sur le financement de l'énergie nucléaire    La Kabylie frappe aux portes de l'Europe... Réception de Ferhat Mehenni au Parlement européen    Genève : Le Polisario pointé lors d'une conférence sur les enfants soldats    Nayef Aguerd va subir une intervention chirurgicale    Agadir : un nouveau stade de 15.000 places    Commerce de proximité : Cash Plus lance le paiement par QR Code    CGEM : Pharma 5 obtient le label RSE    Rabat: Remise des premiers labels "Musée du Maroc"    Nabyla Maan en concert exceptionnel à Rabat    Maroc : Les supporters sénégalais repasseront devant la justice le 16 mars    La justice néerlandaise blanchit un ancien employé des accusations d'espionnage pour le Maroc    GASPI : Afrique et Golfe main dans la main    Pourquoi les gouvernements qualifient-ils les mouvements de liberté de « terroristes » ?    Football congolais : le président de la FECOFOOT condamné à perpétuité    L'UE adopte de nouvelles sanctions contre 19 responsables et entités iraniens    Congrès US : le soutien au projet de loi visant à classer le polisario organisation terroriste s'élargit    La rapporteuse spéciale de l'ONU sur la torture attendue à Rabat et Laayoune    NOOR ATLAS : Bank of Africa appuie un nouveau programme solaire de 240 MW au Maroc    Moulay Abdellah meilleur stade au monde : le Maroc remporte le titre de « Stade de l'Année 2025 »    L'Algérien Abdelhak Benchikha nommé nouvel entraîneur de l'Ittihad Tanger    Maroc : l'accès des filles à l'enseignement supérieur reste limité, malgré les progrès de la scolarisation    Afrique. L'IA pour stimuler l'industrialisation    Marruecos y España se disputan la joya del Real Madrid Thiago Pitarch    Arrestation de six individus pour violences liées au sport à Casablanca    Le Chef du gouvernement préside une réunion pour le suivi de la mise en œuvre de la réforme du système de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation    France : Les classes préparatoires marocaines dominent le palmarès des meilleures prépas étrangères    La Côte d'Ivoire investi dans le capital humain    Services marchands non financiers: 36% des patrons anticipent une hausse de l'activité    Alger : participation en baisse au «forum diplomatique» de soutien au Polisario    La pièce « Le porteur d'histoire » primée aux Molières arrive au Maroc    Renforcer le rapprochement des civilisations au cœur de la rencontre entre l'ambassadrice de Chine et le directeur de l'ICESCO    Coupe du monde 2026 : Trump assure à Infantino que l'Iran pourra participer    L'ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, pressenti pour diriger l'AFD    Thiago Pitarch, nouveau duel entre le Maroc et l'Espagne    Gessime Yassine, la nouvelle pépite marocaine qui séduit l'Europe    Trump menace l'Iran de "conséquences militaires sans précédent" si Téhéran mine le détroit d'Ormuz    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    Ayra Starr signe son retour avec « Where Do We Go »    Ethiopie. Le livre de Abiy Ahmed devient une bibliothèque pour le public    Paris : Bourita s'entretient avec son homologue français    Le Maroc sous les projecteurs avec l'émission «Voyage Voyage» sur France Télévisions    Interdiction d'une fresque à Tanger : quand l'art s'arrête face aux autorités locales    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Nomad #67 : La Kasbah de Mehdia, un véritable voyage à travers les civilisations
Publié dans Yabiladi le 11 - 03 - 2018

La Kasbah de Mehdia représente un véritable voyage dans le temps. La fortification a connu la présence de Portugais, de pirates, des Espagnols, des Français et des sultans marocains. La Kasbah a même été bombardée lors de la seconde guerre mondiale. Un lieu empli d'histoire.
La Kasbah de Mehdia vaut le détour. Si vous vous y promenez, vous ne pouvez vous douter de l'importance historique des différentes présences qui ont parcouru ce lieu. La Kasbah se situe dans la commune urbaine de Mehdia, sur la plaine du Gharb, à 8 km de Kénitra. Construite sur une falaise, à 50 mètres de hauteur de la mer, l'endroit surplombe l'embouchure de l'oued Sebbou et l'Atlantique. Sur la zone Sud-Ouest, au niveau du bastion Saint Gusman, une vue panoramique donne sur la réserve de Sidi Boughaba.
Selon Abderrahim Mohib, archéologue préhistorien, attaché au ministère de la Culture – Kénitra, contacté par Yabiladi, «les archéologues et les historiens qui travaillent sur cette période indiquent que c'est parmi les plus importantes fortifications makhzéniennes sur l'Atlantique marocain».
Une vue imprenable sur l'embouchure de l'Oued Sebbou. / Ph. Ismail Bekkali
A travers les siècles, la Kasbah de Mehdia connaitra la présence des Portugais, des Espagnols, du sultan Moulay Ismail, des Français, des bombardements lors de la seconde guerre mondiale. Et pourtant ce lieu reste méconnu.
«La Kasbah de Mehdia (ou kasbat al mehdiya) date du XVIIème siècle, entre 1614 – 1681. En 1614, il y avait l'occupation espagnole. Ces derniers ont construit la citadelle 'San Jao de Maamora' où ils sont restés à peu près 67 ans», déclare l'archéologue.
Toutefois, dans les écrits et les sources historiques, ce lieu est évoqué depuis l'antiquité. Selon certains historiens, ce fut le comptoir carthaginois de Tinia Tirion qui remonte au Vème siècle avant JC. «Pourtant il n'y a pas de vestiges sur le terrain qui peuvent en attester», précise le scientifique. D'autres disent qu'il y a eu une existence romaine, à cette même époque. Le lieu était cité sous le nom de Sebbous, chez les historiens latins et romains.
L'enceinte de la Kasbah. / Ph. Ismail Bekkali
Chez les historiens arabes, une autre théorie est évoquée. Zayyani disait que Mehdia fut fondée au Xème siècle par la tribu berbère des Bani Ifrane. «Au XII ème siècle, on parle de la Maamora comme un centre, un arsenal de construction de bateaux d'un sultan Almoravide pour le jihad contre les Chrétiens, cité par Léon l'Africain et par d'autres comme un lieu très prospère», confie Abderrahim Mohib. Certains vestiges indiquent d'autre part une présence portugaise qui n'a pas duré, en 1415. «Les Portugais sont restés 47 jours avant d'être évacués par les Marocains», ajoute le préhistorien.
Royaume des pirates
Bien des siècles plus tard, au XVIIème plus précisément, beaucoup de bateaux de commerce passaient par l'embouchure du Sebbou. Il existait une envie très forte de protéger le commerce de la péninsule ibérique.
«Entre 1610 et 1614, on parle de royaume des pirates de Mehdia qui faisait la ruine des bateaux espagnols et portugais qui passaient par là. Ensuite les Espagnols s'y sont installés pour protéger leurs bateaux qui passaient par l'Atlantique.»
Les Espagnols serint chassés par le sultan Moulay Ismaïl qui en fait une kasbah «islamique, ismaélienne, marocaine». La fortification est semblable à celle de Settat ou celle de Boulaouane «dans le but de contrôler le passage entre le Nord et le Sud et vice versa. Le gouverneur attitré par le sultan contrôlait les tribus qui entouraient la Kasbah, pour garantir la sécurité du sultan et des citoyens», indique Abderrahim Mohib.
La Kasbah de Mehdia est imprégnée d'histoire. / Ph. Ismail Bekkali
Ainsi, lors de cette période, plusieurs monuments ont été construits, tels que «le palais du gouverneur, la maison du Caïd, la mosquée. En somme, la Kasbah c'est comme une ville avec tout ce qu'il faut pour les habitants, les magasins, les hammams et l'enceinte», ajoute notre interlocuteur.
«Quelques siècles plus tard, le sultan Sidi Mohammed a chassé la tribu des Boukhara, parce qu'ils s'étaient révoltés et faisaient du mal aux gens. Le souverain a alors amené des gens qui ont habité la Kasbah jusqu'à l'époque du protectorat français. En 1912, un régiment s'est installé et les habitants ont été chassés à l'extérieur. Un des bations a été utilisé pour en faire un café parce qu'il y a une vue splendide sur les bastions.»
Ph. Ismail Bekkali
Bombardée par les Alliés lors de la seconde guerre mondiale
En 1942, au cours de la seconde guerre mondiale, la Kasbah connait les affres de la bataille qui fait rage. A l'embouchure de l'Oued Sebbou, les avions et bateaux américains passaient par l'endroit. «Elle fût attaquée par les Alliés. Les Français étaient alliés avec le gouvernement de Vichy, lui même allié avec les Nazis. Les Alliés ont détruit une partie de la porte monumentale, d'ailleurs c'est de là que vient l'appellation Bab Jdid (porte nouvelle, ndlr), puisqu'elle a été reconstruite», raconte le préhistorien.
Juste après l'indépendance, la Kasbah de Mehdia fût un des premiers lieux à acquérir le titre de patrimoine national.
Depuis, plusieurs opérations «ponctuelles» ont eu lieu pour restaurer la Kasbah et lui rendre sa gloire d'antan. En 2011, l'association nationale des lauréats de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine propose un projet au fonds des ambassadeurs américains pour restaurer un des monuments de la Kasbah, en l'occurrence, le palais du gouverneur. «C'était une action pilote pour attirer l'attention des intervenants, qui a couté 110 millions de dirhams», rappelle l'archéologue. En 2015, une autre opération a lieu pour restaurer la place devant la Kasbah, qui était faite de terre, dorénavant elle est aménagée avec du zellige.
«Mon souhait est de pouvoir trouver les fonds financiers nécessaires pour lancer un projet global de restauration et de réhabilitation de ce joyau patrimonial et historique, afin de redonner vie à ce site et lui permettre de contribuer au développement économique et social de la région.»


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.