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Maroc / Agriculture : Flambée des prix et perte de parts de marché à l'international
Publié dans Yabiladi le 24 - 03 - 2010

A l'heure ou l'indice général des prix à la consommation est en hausse, + 0,9 % selon le HCP (par rapport au mois de janvier 2010), celui des produits alimentaires n'est pas en reste. En effet, les prix des légumes et des fruits ont progressé respectivement de 17,5 % et 0,5 % sur cette même période.
Du coup, sur les marchés traditionnels le kilogramme de tomate se commercialise entre 10 et 12 dirhams. Parfois, son prix peut atteindre 20 Dh dans certains quartiers. Comme du reste la courgette dont le Kg avoisine les 10 Dh. «Du jamais vu au Maroc !», entend-on, ici et là, dans les marchés et sur les terrasses de café où le sujet de conversion est la flambée du coût de la vie, et plus particulièrement, celle des fruits et légumes.
Selon les professionnels du secteur, les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays et qui ont fortement perturbées la production de tomate - plus particulièrement dans la région d'Agadir qui assure plus de 90 % de la production nationale - explique l'inflation inquiétante de son prix, mais également de celui d'autres légumes comme la pomme de terre, la betterave, le chou ou encore la laitue.
Ainsi, le marché local se trouve sous tension, conséquence directe du déséquilibre entre l'offre et la demande et son scénario classique : rareté des produits, spéculations à tout va et flambée des prix. Et il se pourrait bien que cette situation s'aggrave dans les prochaines semaines avec la menace de pénurie de certains produits alimentaires dont la tomate.
En effet, certains observateurs avertis pronostiquent de fortes tensions sur ce fruit pour les mois de mai, juin, juillet et août prochain. Selon eux, la priorité donnée à l'export (source de devises et de leviers), les dégâts commis par les pluies et le retour du papillon (Tutta Absoluta) qui avait occasionné des pertes considérables, sont autant de facteurs aggravants et inquiétants pour les opérateurs du secteur.
Et dire que le mois de ramadan (et sa traditionnelle « harira») «tombe» en plein mois d'août. Y aura-t-il pénurie de tomate à cette période de l'année ? A quel prix sera-t-elle commercialisée dans les marchés et autres points de ventes ?
Autre sujet d'inquiétude, la concurrence des pays méditerranéens, notamment l'Egypte et la Turquie, qui ont développé considérablement leurs exportations vers l'Union européenne. En effet, la plupart des pays méditerranéens bénéficient actuellement d'avantages similaires à ceux du Maroc dans le cadre d'accords préférentiels avec l'UE.
Deux questions s'imposent naturellement. Comment évolue la position du Maroc par rapport à celle de ses principaux concurrents méditerranéens ? Et quelle marge les barrières non tarifaires au commerce érigées par l'Union européenne laissent-elles aux exportations marocaines ?
Il faut savoir que la part des exportations agricoles marocaines dans l'ensemble des exportations extra européennes de l'UE s'est dégradée sur plusieurs produits marocains phares au profit de ses concurrents sud- méditerranéens. Ainsi, la Turquie, 4ème producteur mondial de tomates avec une production en expansion régulière, a augmenté considérablement ses exportations vers l'Union européenne.
Son volume d'exportation est passé de 1% à 20% de l'ensemble des importations extra européennes vers l'UE entre 1999 et 2008. Période durant laquelle la part du Maroc est passée de 91 à 64%. En outre, et sur la même période, l'Egypte a réalisé de bonnes performances dans l'exportation de ses produits agricoles (pomme de terre, fraise, agrume) vers l'UE alors que dans le même temps, le Maroc cédait du terrain et de facto des parts de marché sur ces mêmes marchandises.
A noter qu'Israël a augmenté ses exportations de pommes de terre de 23 % alors que celles du Maroc ont diminué de 8 % durant la période 1999 / 2009. Il semblerait donc que la politique de quota en matière agricole de l'Union européenne (avec 6 produits contingentés) est l'arbre qui cache la forêt. L'UE ne peut-être tenue pour responsable des carences et des déficits de l'activité à l'export des produits agricoles nationaux et de la mise à niveau de son outil de production.


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