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Le chômage à long terme, cause de pauvreté chronique, de marginalisation et de troubles sociaux
Publié dans L'opinion le 26 - 03 - 2014

La situation du marché du travail en Afrique du Nord (Algérie, Égypte, Libye, Maroc et Tunisie) était déjà déplorable en 2010 et n'a fait que se détériorer depuis lors. Ses principales caractéristiques sont : un taux de chômage élevé ; un fort désengagement du marché du travail ; la disponibilité d'une main-d'oeuvre considérable
mais pas assez compétente et ayant des attentes irréalistes en matière d'emploi ; la création d'un nombre d'emplois insuffisant et l'offre inadéquate d'emplois qualifiés pour les travailleurs instruits ; un cadre réglementaire faible contribuant au chômage et à la forte prévalence d'activités informelles ; et des possibilités d'expression limitées pour les groupes de travailleurs souhaitant attirer l'attention sur ces problèmes et exiger des réformes systémiques.
Dans toute la région, le marché du travail se caractérise par de faibles taux de participation à la vie active (moins de 50 %) et des niveaux de chômage élevés. L'Afrique du Nord affiche le deuxième taux de chômage le plus élevé au monde, à savoir près de 10 % dans la plupart des pays (BIT, 2013a : 85)3. La population subit ce phénomène de façon inégale, certaines catégories de travailleurs étant plus menacées que d'autres.
Les jeunes de 15 à 24 ans sont trois fois plus susceptibles d'être touchés par le chômage que les adultes de 25 ans et plus (BIT, 2013a : 135)4. Le chômage augmente avec le niveau d'instruction, si bien que les jeunes instruits enregistrent des taux de chômage plus élevés que les jeunes moins instruits.
Le sous-emploi est un autre problème qui frappe les jeunes, qui sont considérés comme « employés » mêmes lorsqu'ils travaillent pour une durée négligeable. Ainsi, la pauvreté des travailleurs est un phénomène très prévalent dans la région et le passage des jeunes à la vie d'adulte est souvent entravée par des problèmes de revenus.
Les femmes aussi sont plus vulnérables : elles sont au moins deux fois plus sujettes au chômage que les hommes de la région, malgré le fait qu'elles sont trois fois moins susceptibles de participer au marché du travail (BIT, 2013a : 134 ; 138)6.
Les jeunes femmes sont particulièrement désavantagées : le taux de chômage chez les femmes de 15 à 24 ans est huit fois supérieur à celui des hommes adultes et plus de trois fois supérieur à celui des femmes adultes (BIT, 2012 : 52). En 2010, 55 % des jeunes Égyptiennes économiquement actives étaient sans emploi.
Il existe également des disparités régionales marquées. Dans certaines régions de la Tunisie, une personne sur 10 en âge de travailler a un emploi (Institut national de la statistique, 2010). La plupart des débouchés économiques en Tunisie se concentrent dans les régions côtières. Des tendances similaires peuvent être observées dans d'autres pays d'Afrique du Nord.
Les groupes vulnérables se retrouvent souvent dans un cercle vicieux : la difficulté à trouver du travail entraîne un découragement général, puis le retrait du marché du travail. Moins d'un tiers des jeunes gens et moins d'un cinquième des jeunes femmes d'Afrique du Nord sont économiquement actifs. Le retrait des jeunes du marché du travail au début de leur carrière peut compromettre leurs perspectives d'emploi à long terme et, au fil du temps, causer une érosion des compétences professionnelles et sociales (BIT, 2013a : Qui plus est, le chômage à long terme peut être cause de pauvreté chronique, de marginalisation et, comme l'a montré le Printemps arabe, de troubles sociaux.
Par ailleurs, une grande proportion des travailleurs occupent des emplois précaires dans le secteur "informel" non réglementé (Banque mondiale, 2007). Le secteur informel génère quelque41 % des emplois non agricoles en Afrique du Nord et est associé à des emplois non conformes aux normes, précaires et non assortis de contrats ou de protection sociale (BIT, 2013a : 86).
Seuls 30 % des travailleurs au Maroc, 46 % en Tunisie et 50 % en Égypte possèdent un contrat de travail (Achy, 2010; Enquête sur la population active en Tunisie en 2007 ; De Gobbi et Nesporova, 2005). En général, les travailleurs du secteur informel ne jouissent pas des mêmes conditions de travail que ceux du secteur formel, qui sont les principaux bénéficiaires de la réglementation du travail et des politiques de protection sociale des pays d'Afrique du Nord. Les travailleurs du secteur formel touchent au moins le salaire minimum et bénéficient d'un niveau élevé de protection de l'emploi, tandis que ceux du secteur formel touchent souvent de bas salaires et travaillent dans des conditions précaires (Subrahmanyam, 2011).
Les femmes sont plus exposées au travail informel que les hommes : en Afrique du Nord, près de deux tiers des femmes occupent un emploi précaire, contre un tiers des hommes (BIT, 2013a ). Elles ont aussi tendance à ne pas être rémunérées pour leur travail : seulement 34 % des femmes au Maroc, 39 % en Algérie et 51 % en Égypte faisaient du travail rémunéré entre 2006 et 2010 (Département de statistique du BIT, 2011).
Les jeunes sont également plus exposés au travail informel que les groupes plus âgés. Le manque de possibilités de travail dans le secteur formel pousse beaucoup de nouveaux venus vers le secteur informel. À titre d'exemple, en Égypte, alors que, dans les années 1970, 20 % des premiers emplois des nouveaux travailleurs se trouvaient dans le secteur informel, cette proportion était passée à 60 % à la fin des années 1990 (Wahba et Mokhtar, 2002). De surcroît, la plupart des jeunes (95 %) continuent d'exercer un travail précaire huit ans après leur premier emploi.
Ainsi, pour l'écrasante majorité, le travail informel est une situation permanente, plutôt qu'une phase transitoire vers un emploi dans le secteur formel (Banque mondiale, 2004).
Le travail informel est plus répandu dans les régions où la création d'emplois est limitée. En Afrique du Nord, les activités informelles ont tendance à être plus nombreuses dans les zones rurales que dans les zones urbaines. En Égypte par exemple, 70 % des travailleurs ruraux exercent une activité informelle, contre 43 % des travailleurs urbains (Angel-Urdinola et Tanabe, 2012). Certains groupes de travailleurs sont hautement prédisposés au travail informel : en Afrique du Nord, les jeunes femmes des zones rurales présentent une plus forte tendance à exercer des activités informelles que tous les autres segments de la population (Banque mondiale, 2007).
Plusieurs facteurs expliquent ces niveaux élevés de chômage et de travail informel qui touchent particulièrement les jeunes et les femmes de la région. Du point de vue de l'offre, il s'agit notamment de : la croissance rapide de la population jeune et la présence accrue des femmes dans la population active, des facteurs qui exercent une pression sur les marchés du travail ; la discrimination sexiste persistante, qui empêche l'intégration économique des femmes et pousse beaucoup d'entre elles à se retirer du marché du travail ; un système éducatif désuet et inadéquat, qui entraîne une inadéquation des qualifications et crée chez les jeunes un penchant pour des emplois du secteur public. Du point de vue de la demande, les facteurs sont : un cadre d'investissement peu attrayant et des politiques rigides du marché du travail entravant la croissance du secteur privé et la création d'emplois par ce dernier ; un faible accès au financement, qui empêche le lancement de nouvelles entreprises dynamiques ; une diversification et un perfectionnement économiques insuffisants, qui compromettent la création d'emplois qualifiés pour absorber les travailleurs instruits ; des investissements publics inégaux ayant favorisé de profondes inégalités régionales et miné la capacité de certaines régions à développer des industries du secteur privé et à créer des possibilités d'emploi.


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