Revue de presse de ce jeudi 23 avril 2026    La Bourse de Casablanca ouvre sur une note positive    « Tamkin Li Tanmia » tire sa révérence avec l'appui de 33 jeunes créateurs d'entreprises du domaine de l'agriculture intelligente    La Chine célèbre le 77e anniversaire de la création de sa marine    Cybersécurité : les pays arabes amorcent un renforcement de leur coopération    Un responsable iranien dit que l'Iran perçoit ses premières recettes des droits de passage à Ormuz    Le Théâtre Royal de Rabat, symbole d'audace architecturale et d'ambition culturelle portée par la Vision du Roi    Agriculture. Le virage DATA-TIKA pour sécuriser la transformation digitale    Croissance en recul : le Kenya face à la pression des prix de l'énergie    Viandes rouges. L'ONSSA renforce la mise à niveau sanitaire et la traçabilité    Le Burkina Faso renforce sa stratégie frontalière    Mercato : Azzedine Ounahi dans le viseur de l'Atlético    Classement FIFA féminin : le Maroc poursuit sa montée en puissance    Damien Patrick Donovan: « Nous souhaitons développer des partenariats concrets entre l'Australie et le Maroc »    Berklee au Nigeria : un tremplin international pour les artistes émergents    Dakar. Une reine vagabonde couronnée au sommet du cinéma féminin    Sahara marocain : Le Honduras suspend à son tour sa reconnaissance de la pseudo «rasd»    Controverse à Marrakech autour d'un rituel juif devant Bab Doukkala    SIAM 2026 : OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage    Philippe Lalliot sera le prochain ambassadeur de France au Maroc    Ajax Amsterdam : Rayane Bounida attise les convoitises en Bundesliga    Austria praises Morocco's South-South cooperation model, EU partnership efforts    Modernisation du tri et de distribution des permis de conduire, carte et certificats d'immatriculation électroniques    Peines alternatives et réduction automatique des peines : un premier bilan encore contrasté    Azrou : des lycéens engagés pour la cause environnementale    Sahara marocain: le Honduras suspend sa reconnaissance de la pseudo RASD    Le Maroc, un partenaire de référence pour l'Autriche (président du Conseil national autrichien)    Après la rencontre Boulos–Attaf, le Polisario durcit le ton face à Washington    Essaouira : le Festival Printemps Musical des Alizés revient pour une 22è édition    Lalla Khadija, Lalla Meryem, Lalla Hasnaa, et Brigitte Macron, assistent au spectacle d'ouverture du Théâtre Royal de Rabat    Art'Com Sup Rabat accueille une rencontre ouverte au public autour de l'ouvrage Origines historiques et artistiques d'Essaouira, "cité des Arts" de Pr Monssef SEDKI ALAOUI.    Gnaoua et Musiques du Monde : Une transe-mission sans frontières    L'organisation de la CAN 2027 menacée en Afrique de l'Est après plusieurs retards    Ismaël Baouf : une trajectoire qui mène naturellement vers les Lions de l'Atlas    Austria saludó el miércoles las amplias reformas emprendidas en Marruecos bajo la dirección de Su Majestad el Rey Mohammed VI, en favor de una sociedad y una economía marroquíes más abiertas y dinámicas.    L'opposition soulève le mystère des financements... et le dialogue social déçoit les espoirs des syndicats    Soutien affirmé : Vienne rejoint la dynamique internationale autour du Sahara marocain et ouvre une nouvelle ère avec le Maroc    Coopération maroco-espagnole pour rechercher un bateau de migrants disparu au large de Tan-Tan    Démantèlement d'un réseau de drogue lié au Maroc en Italie après trois ans d'enquête    Activités commerciales nocturnes : des professionnels démentent tout couvre-feu    Maroc-Emirats : Entretien téléphonique entre SM le Roi et Cheikh Mohammed Ben Zayed    USA-Iran. Trump prolonge le cessez-le-feu    Aide militaire à l'Iran? Pékin rejette les sous-entendus de Trump    Inflation: L'IPC augmente de 0,9% en mars    Entretien entre Mohammed VI et le président des Emirats pour renforcer la coopération bilatérale    Le Real Betis bat Girona FC, Ezzalzouli et Ounahi décisifs    Cannabis legal: Una producción de más de 19 000 Qx en 2025    FLAM 2026 : Marrakech, carrefour des littératures africaines    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Pour une unité et un éveil islamiques
L'Histoire des mouvements et des doctrines politico-religieux dans l'Islam
Publié dans L'opinion le 16 - 08 - 2012

Al Mahdiya (2). Son successeur, le calife Abd Allah (1885-1899), était un arabe soudanais de Dar-Fûr qui avait pris part au mouvement insurrectionnel depuis 1881.
Bien que la sincérité de ses convictions ait été parfois mise en doute, le calife ‘Abd Allah apparaît, de toute évidence, comme un homme animé d'une foi profonde dans la mission du Mahdi et dans la sienne. Il s'attacha, tout à la fois, à jeter au Soudan les bases d'une organisation étatique embryonnaire et à diffuser la religion musulmane à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, allant jusqu'à inviter le Khédive Tawfiq, le sultan ‘Abd al-Hamid et la reine Victoria à adopter la foi mahdiste. (voir sur le calife ‘Abd Allah : les notes de Becker, EI, 1,28 – S. Hulelson, EIe 50-51 et sur « Uthmân Abû Bakr Digna, Dietrich, in EI, III, 1080 – J-A Reid. Some notes on the Khalifa Abdullahi, dans Sudan Notes and Records, 1938).
Le calife ‘Abd Allah s'appuyait avant tout sur les gens du Dar-Fûr et, plus particulièrement, sur la tribu des Baqqâra à laquelle lui-même appartenait. Il utilisait, comme hommes de confiance, de préférence ses parents ; son frère Yâ Kub (Yâ Koub) fut un de ses collaborateurs les plus sûrs. Il semble même avoir voulu faire de son fils Uhham Shaïkh Al-Dîne (Ottman cheïkh Al-Dîne) son successeur.
La plupart de ses émirs étaient des Arabes ou des hommes d'origine arabe. Le seul non-Arabe de la Mahdiya qui ait joué un rôle important, ‘Utham Abû Bakr Digna, mena la lutte contre les forces anglo-égyptiennes basées à Sawakim.
Le calif ‘Abd Allah se heurta bien vite aux Egyptiens aidés par les Anglais. Il fit, sans difficulté, la conquête de Dongola et, en 1889, projeta celle de l'Egypte, sans disposer des moyens nécessaires à une telle entreprise. La défaite de Toski, le 3 août 1889, mit un terme à cette ambition et marqua le commencement de son déclin. Les mahdistes, tout en renonçant à la marche sur Le Caire, n'en continuaient pas moins de faire peser une fois, de s'emparer de Sawâkim et se heurtaient aux Abyssins.
La reconquête du Soudan, liée au nom de Kitchener, fut entreprise avec des troupes égyptiennes que renforçaient contingents anglais et hindous. Commencée au printemps de l'année 1896, elle se terminait, le 2 septembre 1898, par la victoire d'Omdusman' et la reprise de Khartoum en 1899, le calife ‘Abd Allah se faisait tuer à Omm Debrikat à la tête de ses partisans.
La doctrine du Mahdi (le mahdisme) mériterait de faire l'objet d'une étude approfondie qui s'attacherait, non seulement à en décrire la structure et les applications, mais aussi à en chercher les sources, dans le soufisme, sans exclure celui d'Ibn ‘Arabi, le chiisme et le Wahhabisme. Se présentant comme le Mahdi – attendu, désigné par Dieu, Mohammad Ibn Abd Allah donnait, entre autres preuves, à l'appui de sa mission, sa descendance, elle aussi providentielle, qui, par ses ascendances paternelles et maternelles, le rattachait non seulement à Husaïn et à Hassan (Al Hassan wa Al Hosaïn), les deux fils de Sayda Fatima et de Saïdouna Ali, mais encore à Al Abbâs, l'oncle du Prophète (Prière et salut d'Allah sur Lui !). Adopter la foi mahdiste, c'était donc reconnaître sans doute d'abord l'unité de Dieu et la mission de son Prophète, mais aussi affirmer que « Mohammad Ibn Abd Allah était le mahdi de Dieu et le calife du Prophète ». (Voir pour la doctrine mahdite : Ernst 1.Dietrich, Der Mahdi Mohammad Ahmed nach arabischen Quellen, dans Der Islam, 1925 (1-90) – Mandr, I, 497 et II, 561 – Târikh al-ustadh al-imam, I, 370-382).
Appelé à refaire l'unité de l'Islam, le Mahdi avait pour mission d'appeler à lui (al-hijra) tous ceux que révoltaient les régimes corrompus dans lesquels ils vivaient et de les inciter à combattre ensemble (al jihad) pour le triomphe de la vérité. Il était ainsi, à la fois, l'interprète qualifié des sources traditionnelles de la Loi, le Coran et le hadith, et, à l'exemple du Prophète, le chef religieux et politique de la communauté des croyants qu'il lui appartenait de conduire au succès dans ce monde et au salut dans l'autre. Comme le Prophète, il tint à grouper autour de lui quatre califes, investis de son entière confiance, sans s'interdire pour autant de consulter (Shoûra) ses autres compagnons.
Le Mahdi était aussi le défenseur par excellence de la Loi révélée. La prière faite en commun, supérieure en mérites à la prière individuelle, restait l'obligation fondamentale de l'Islam.
Le jihâd, comme chez certains docteurs wahhabites, avait le pas sur le pèlerinage. L'aumône légale (Zakât) était théoriquement le seul impôt dont l'obligation incombât aux croyants. La lutte contre les innovations condamnables était de rigueur, en particulier contre le culte des saints et la sorcellerie. Le puritanisme de la doctrine, qui rappelle, par certains côtés, le Wahhabisme, frappait d'interdiction les parures, la musique, le tabac et la célébration trop luxueuse des noces.
La doctrine mahdite avait un caractère social très accusé. Le Mahdi s'attachait à rappeler que tous les croyants étaient égaux devant Dieu, que le pauvre était l'égal du riche.
Cet aspect de la doctrine contribua pour beaucoup aux succès du mahdisme dont bien des dignitaires étaient de modeste origine et qui refusait à faire combattre, dans ses rangs, des esclaves et des marchands d'esclaves.
(A suivre)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.