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Les débuts improbables du cinéma
Publié dans L'opinion le 25 - 11 - 2011

1900. Un nouveau siècle, un art nouveau : le cinéma. Le 20ème siècle et le septième art célèbrent leurs noces en cours de l'exposition universelle qui inaugure une époque nouvelle. Ce mariage est un triomphe et attire un nombre impressionnant d'invités. Il faut chaud à Paris cette année-là et l'on vient de province pour voir cette fameuse exposition dont tout le monde parle et qui a transformé un quartier de la capitale.
Ainsi, les spectateurs pouvaient voir et entendre, presque trente ans avant l'apparition du cinéma parlant, les acteurs les plus renommés des grands théâtres parisiens : Sarah Bernhardt, Rejane, etc. Cinq ans après la première projection publique des « vues », comme on appelait alors ces courts-métrages, le cinéma encore balbutiant, s'imposait après avoir failli ne jamais voir le jour.
Pourtant, les spectacles d'optique ne dataient pas d'hier. Il y avait déjà bien longtemps qu'avaient été créées les ombres chinoises, très en vogue en Extrême-Orient. Dès le début du 19ème siècle, les recherches sur les divertissements d'optique canalisent l'attention de chercheurs de toute sorte, comme le remarquait l'historien du cinéma Georges Sadoul : « Il n'est pas surprenant qu'un des mythes favoris du romantisme, dont l'essor coïncide avec celui du machinisme, ait été celui de Prométhée dérobant le feu du ciel pour animer un mannequin d'argile ».
C'est ainsi qu'un jour de l'été 1829, Joseph Plateau, un jeune professeur belge, fix 25 secondes durant le disque solaire de midi et se retrouve aveugle pour avoir voulu arracher un nouveau secret à la lumière et connaître la résistance limite de la rétine humaine. Avant de perdre définitivement la vue, en 1842, il met au point le « Phénakistiscope », un disque pourvu de fentes verticales. Sur la face intérieure se trouvent 8 images représentant 8 phases successives d'un même mouvement. En se plaçant devant un miroir, on peut y voir une image animée en regardant à travers les fenêtres du disque qu'on fait tourner rapidement. Plateau venait de définir les principes du cinéma moderne. pur aboutir à la première représentation en France du « Cinématographe », il aura fallu perfectionner l'appareil de plateau, il aura fallu beaucoup d'hommes inventifs et beaucoup d'appareils aux noms étranges. En voici les principaux : le zoogyroscope de Muybridge, le Sphygmographe, le revolver photographique puis le fusil photographique et le chronophotographe à plaque fixe de Marey, le kinétoscope d'Edison, le phototachyscope, l'électrotachyscope, le stroboscope de Von Stampfer, le praxinoscope d'Emile Reynaud, le pantoptikon de Lathma, le phantascope de Jenkins.
Des années et des années de travail obscur pour arriver au cinématographe des frères Lumière et à cette journée historique du 28 décembre 1825 où 35 spectateurs furent émerveillés par ces poétiques « cartes postales en mouvement », selon l'expression de Maurice Bardreche. Leurs titres sont devenus célèbres à jamais :
- La sortie des usines Lumière à Lyon
- L'arroseur arrose
- La place des cordellers à Lyon
- La mer
- L'arrivée du train en gare de la Ciotat.
Cela se passait au Salon Indien du Grand Café au 14, Boulevard des Capucines : une salle modeste avec des murs, des chaises, un point et un piano. Cette grande première fut presque anonyme. A la fin de la projection, c'était du délice et chacun se demandait comment on avait pu obtenir un appareil résultat. Clément Maurice, un photographe ami d'Auguste Lumière et propriétaire de la salle, se souviendra longtemps de ces passants qui s'arrêtaient devant l'entrée en se demandant ce qu'était ce « cinématographe » qu'on montrait à l'intérieur : « Ceux qui se décidaient à entrer sortaient bientôt, tous ahuris et revenaient avec des amis ». Le résultat ne se fit pas attendre. Très vite, 2500 spectateurs vinrent chaque jour écarquiller les yeux devant les dix court-métrages de seize mètres chacun qui leur étaient proposés. Maurice Clement alla jusqu'à faire 18 séances par jour. Le prix du billet était d'un franc. On dut faire établir un service d'ordre par les agents de police pour empêcher les bousculades à l'entrée. La presse, elle aussi, délirait sur cette « merveille photographique ». Ce « cinématographe » était une affaire familiale. L'administrateur s'appelait Antoine Lumière et les inventeurs, ses deux fils, Louis et Auguste. Après avoir fait enregistrer leur invention le 13 février 1895 et avoir donné une projection à la Sorbonne, la famille Lumière s'était enfin décidée à montrer au public son invention. Sans croire le moins du monde à l'avenir de l'appareil. Ainsi, Antoine Lumière disait à l'époque à Felix Mesguich, l'opérateur du Salon Indien : « Vous savez, ce n'est pas une situation d'avenir que nous offrons C'est plutôt un métier de forain. Cela peut durer six mois, un an, peut-être plus, peut-être moins ».


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