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Plaidoyer pour un Code de la rue
Mobilité urbaine Du principe du partage équitable de la voie publique
Publié dans L'opinion le 27 - 07 - 2011

Un Code de la rue c'est quoi au juste ? Nombreux parmi les lecteurs entendent pour la première en parler. C'est parce qu'effectivement il s'agit d'un nouveau concept en gestation dans notre pays ; mais dans des pays pionniers, le concept est déjà traduit en projets ambitieux qui ont d'ailleurs donné les meilleurs résultats. Pour comprendre la signification de ce qui est communément appelé «Code de la rue», il faut d'abord commencer par ne plus le confondre avec l'autre concept baptisé «Code de la route» ; que tout le monde connaît et qui va bientôt fêter sa première année d'application depuis sa profonde refonte. En Europe, les urbanistes et les spécialistes de l'aménagement des voiries ce sont tardivement rendus compte que le code de la route était très inéquitable ; en ce sens qu'il était fait pour réglementer la circulation certes, mais qui semblait s'adresser d'une façon prioritaire aux automobilistes et aux conducteurs des autres engins motorisés.
En fait, bien que le code de la route reconnaissait la présence du piéton en ce sens qu'il lui garantissait les passages à niveau afin de pouvoir traverser la chaussée, cela se faisait selon une logique purement sélective ; qui cherchait à avantager les conducteurs et leur faciliter la circulation. Dans ce cas de logique sélective, le piéton était considéré comme un mal nécessaire qu'il fallait composer avec. Se rendant compte de la présence d'un partage inéquitable de la voie publique, les recherches sont allées en profondeur pour constater que les anciens codes de la route réservaient le même traitement (qui n'était nullement un traitement de faveur) à l'égard des piétons et considéraient qu'un piéton était toujours le même qu'un autre piéton.
Mais dans les faits rapportés par la vie de tous les jours, un piéton ne ressemble pas toujours à un autre piéton, dans la mesure où sur la voie publique, il y a le piéton bon portant, le piéton malade, le piéton âgé, le piéton enfant, le piéton femme enceinte, le piéton femme traînant la voiturette de son bébé, le piéton aveugle, le piéton sur chaise roulante, le piéton malentendant, et la liste peut prendre un beau temps. Or, tous ces piétons ne se déplacent pas de la même façon et ne possèdent pas les mêmes habilités à traverser la chaussée, à faire attention aux véhicules qui arrivent dans tous les sens, à entendre les klaxons et les ronflements des moteurs, à voir les signaux, à les lire…. Bref, ils ne sont pas tous dotés des mêmes réflexes face aux dangers et des mêmes réactions à éviter le pire ! D'où la complexité de la problématique du partage de la voie publique qui n'est pas du tout un partage équitable.
Si les nouveaux codes de la route ont opté pour un classement des usagers de la voie, pour considérer les piétons et les cyclistes comme étant des usagers vulnérables et les conducteurs des engins motorisés comme étant des usagers forts et avantagés, ils ont fini par consacrer le principe du respect des faibles par les forts comme il vient de le faire le code marocain de la route. Mais le bon sens refuse de marcher sur les pas de cette logique très simpliste et paresseuse, pour la humble raison que ce principe demeure très insuffisant par lui-même, et dans tous les cas de figure, demeure-t-il un principe trop sélectif lui aussi, dans la mesure où il a continué à considérer le piéton comme un cas unique d'une part; et que d'autre part le seul respect des faibles demeure une invitation à une solidarité chimérique qui n'a jamais été le fort de nos concitoyens et un objectif utopique très difficile à réaliser.
Les fondements de ce principe doivent être bâtis sur une terre solide, faite de règles coercitives comme nous aurons l'occasion de voir dans les prochaines éditions. Que faire alors ? D'abord entamer et entériner le classement de la catégorie piétons pour pouvoir discerner les besoins des uns et des autres. A titre d'exemple, pour un handicapé sur sa chaise roulante, il ne suffit pas d'exiger des conducteurs de le respecter (beaucoup ne le font pas), mais imposer des règles pour que ce respect devienne applicable et effectif.
Un handicapé qui roule sur la chaussée entre les voitures court un énorme danger. Pourquoi roule-t-il ainsi ? C'est parce que le trottoir n'est pas fait pour lui et selon ses besoins spécifiques (d'ailleurs nos trottoirs ne sont faits pour personne parmi les différentes catégories de piétons, puisqu'ils sont très mal faits, trop occupés par d'autres prédateurs de l'espace public ; à commencer par les voitures en stationnement illégal et illicite, par les marchands ambulants qui ont investi tout l'espace public ces derniers temps et qui deviennent un véritable fléau qui défie la liberté de circulation, cette même circulation qui demeure un droit inéliminable garanti par la constitution).
Finalement la situation juridique et fonctionnelle du trottoir nous entraîne inexorablement à débattre d'un autre problème très grave : celui de l'occupation illégale des espaces publics qui sont devenus des espaces privatisables. Voilà un autre problème que nous aurons l'occasion d'en parler vu le fait que tous ces problèmes sont liés entre eux.
Le mérite du code de la rue c'est qu'il redistribue les rôles sur une assise fonctionnelle et égalitaire en instaurant des zones protégées dédiées soit complètement soit partiellement aux piétons sans distinction, puis aux piétons avec des mentions pour les personnes à mobilité réduite ou très réduite. C'est l'exemple des zones 30 où la vitesse est limitée à 30km/h, des zones 20 où la vitesse est limitée à 20km/h, des zones de rencontres qui sont des places protégées interdites aux véhicules, des zones de jeux où certaines voies carrossables sont fermées à la circulation motorisée pendant certaines heures de la journée.
Nous allons revenir sur tous ces concepts lors des éditions à venir vu toute l'importance qu'ils revêtent. Notre dernier mot pour conclure est qu'il est grand temps qu'un code de la rue voit le jour dans nos villes, le seul moyen en mesure de garantir le partage équitable de la voie publique entre tous les usagers de cette voie.


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