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Interview avec Asma Graimiche : « Il est nécessaire d›intégrer la critique de cinéma aux programmes universitaires »
Publié dans L'opinion le 25 - 11 - 2024

Entre concours de créativité et compétition de talents, les 昀椀lms des différentes catégories ont fait forte impression au Festival du Cinéma d'Auteur, rendant le choix des Lauréats particulièrement « challenging ». Dans cette interview, la productrice Asma Graimiche, membre du jury, nous dévoile son expérience et nous « projette » sa vision de ce qui constitue un véritable bon 昀椀lm.
* En tant que membre du jury de la compétition des longs métrages au Festival du Cinéma d'Auteur, comment définissez-vous un bon film ?
Evaluer un film, en tant que membre du jury, est une expérience immersive qui dépasse largement l'analyse technique. Pour moi, il n'existe pas de règle universelle pour distinguer un bon d'un mauvais film, car cette appréciation est profondément subjective et dépend de la résonance émotionnelle que l'œuvre suscite chez chacun.
Par contre, nous recherchons des œuvres qui captivent par leur narration, émeuvent par la profondeur des personnages, enchantent par une réalisation soignée et abordent des sujets pertinents et stimulants. Un film réussi est celui qui, par sa photographie, sa musique et son montage, crée une symphonie visuelle et sonore, laissant une empreinte durable dans le cœur et l'esprit du spectateur.

* Parlez-nous des films qui ont remporté le Prix cette année. Y a-t-il des réalisateurs qui vous ont particulièrement marqué lors de ce festival ?
Cette année, le Grand Prix a été décerné à « Sujo », un film mexicain poignant, réalisé par Astrid Rondero et Fernanda Valadez. Cette œuvre suit l'histoire de Sujo, un garçon de quatre ans dont le père, Sicario travaille pour un cartel, est assassiné.
L'histoire explore des thématiques profondément humaines et universelles à travers un récit poignant et visuellement captivant. Le film aborde des questions complexes liées à la justice sociale, la résilience face à l'adversité et les dynamiques de pouvoir, avec un regard unique sur la culture mexicaine contemporaine, et une réflexion intense sur la résilience humaine face à un destin tracé.
Parmi les œuvres marquantes de cette édition, figure également « Under the Grey Sky », réalisé par Mara Tamkovich. Inspiré de faits réels, ce drame explore la répression politique en Biélorussie à travers le récit d'une journaliste arrêtée après avoir diffusé en direct la brutalité exercée contre des manifestants pacifiques lors d'élections truquées.
Cette production puissante et émouvante met en lumière les sacrifices liés à l'activisme politique et souligne l'importance cruciale de la liberté de la presse face à l'oppression. En parallèle, le réalisateur marocain Hicham Hajji s'est illustré avec « The Lost Princess », une coproduction maroco-américaine tournée dans les paysages majestueux de Ouarzazate.
Ce film mêle mystère et patrimoine culturel, offrant un récit où le passé et le présent s'entrelacent pour révéler des secrets enfouis. Hicham Hajji a su marier les traditions narratives marocaines avec une esthétique cinématographique internationale, témoignant du potentiel du Maroc en tant que destination de tournage et acteur clé sur la scène cinématographique mondiale.

* Le festival a connu une évolution au fil des ans. Selon vous, que faudrait-il faire de plus pour offrir davantage de visibilité aux jeunes talents et permettre à leurs œuvres d'être mieux représentées ?
Pour offrir davantage de visibilité aux jeunes talents, il serait pertinent d'organiser des ateliers de formation, des résidences artistiques, ainsi que des plateformes de diffusion spécifiquement dédiées aux premières œuvres. La collaboration avec des festivals internationaux pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives aux cinéastes émergents.
Lors de la 29e édition du Festival International du Cinéma d'Auteur de Rabat, qui s'est tenue du 8 au 16 novembre 2024, plusieurs initiatives ont été mises en œuvre pour encourager et valoriser les jeunes talents du cinéma. Le festival a consacré une section aux courts métrages, permettant aux jeunes réalisateurs de présenter leurs œuvres à un public international. Cette initiative a mis en avant des créations innovantes et de qualité, réalisées par des talents émergents du cinéma.
D'ailleurs, beaucoup de masterclasses ont été organisées par des figures renommées de l'industrie cinématographique, offrant ainsi une opportunité précieuse d'apprentissage et de partage d'expériences. Parmi les intervenants figuraient des productrices, réalisatrices et acteurs comme : Julia von Bohem, Salem Kali, Thomas David et Elaheh Nobakht
Le festival a également favorisé les échanges entre jeunes talents et professionnels du secteur à travers des rencontres et des panels thématiques. Ces discussions ont porté, entre autres, sur l'industrie cinématographique jordanienne et le cinéma québécois.

* Quels types de thématiques ou de sujets avez-vous observés dans les longs-métrages soumis cette année ? Y a-t-il des tendances qui vous ont particulièrement interpellée ?
Les longs-métrages soumis cette année ont exploré des thématiques variées, notamment les questions d'identité, les luttes sociales et les défis environnementaux. Une tendance notable est l'émergence de récits centrés sur des personnages féminins forts, reflétant une volonté de mettre en lumière des perspectives souvent sous-représentées.

* Quels ont été les principaux défis auxquels vous avez été confrontée en tant que jurée, lors de cet événement ?
En tant que jurée, le principal défi réside dans l'objectivité face à la diversité des œuvres présentées. Il est essentiel de juger chaque film selon ses propres mérites, tout en tenant compte des contextes culturels et des intentions artistiques des réalisateurs.

* Existe-t-il des projets en cours pour soutenir les jeunes réalisateurs au Maroc ?
Au Maroc, plusieurs initiatives soutiennent les jeunes réalisateurs, telles que les subventions du Centre Cinématographique Marocain (CCM) et les programmes de formation offerts par des institutions comme l'Institut Supérieur des Métiers de l'Audiovisuel et du Cinéma (ISMAC). En la matière, des festivals locaux offrent également des plateformes pour la diffusion de leurs œuvres.

* Pour les personnes intéressées par la critique cinématographique, comment peuvent-elles s'y initier ? Dans ce sens, quels conseils leur donneriez-vous ?
Evidemment, la critique cinématographique joue un rôle essentiel dans l'industrie du cinéma, car elle offre un regard analytique sur les œuvres tout en accompagnant leur diffusion auprès du public. Pour exercer une critique pertinente, il est crucial de comprendre les enjeux de l'industrie, notamment en tenant compte des défis de production, des contraintes artistiques et des objectifs des créateurs, afin d'évaluer un film avec une perspective complète et respectueuse du processus créatif.
Il est également important de s'appuyer sur une analyse technique et narrative, en s'intéressant à la construction d'un film (mise en scène, direction artistique, montage, son, etc.) et en questionnant les choix stylistiques et narratifs pour comprendre les intentions du réalisateur. Enfin, la critique doit s'engager avec une vision constructive, en servant de passerelle entre le film et son audience, éclairant le spectateur sans imposer un jugement définitif, tout en cultivant un véritable amour du cinéma.

* Selon vous, comment développer et enrichir la formation en critique cinématographique au Maroc ?
Le développement de la formation en critique cinématographique au Maroc pourrait s'inscrire dans une démarche plus globale visant à structurer et professionnaliser ce domaine en pleine évolution. L'intégration de modules spécialisés dans les cursus universitaires serait un premier pas essentiel.
Ces modules devraient non seulement couvrir les bases de la critique cinématographique, mais aussi aborder des enjeux plus contemporains comme l'analyse des tendances actuelles du cinéma mondial, l'impact des nouvelles technologies sur la production et la consommation de films, ainsi que l'éthique et la responsabilité du critique dans l'ère numérique.
En parallèle, la création de revues spécialisées en critique cinématographique offrirait une plateforme pour publier des analyses approfondies, des interviews d'artistes et des réflexions sur l'évolution du cinéma, tout en servant de tremplin pour les jeunes talents.


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