Si le Rassemblement national subit les effets d'une justice qui se veut indépendante, tout est relatif, le cas n'est pas isolé. En Turquie, le maire d'Istqnbul Ekrem Imamoglu a été emprisonné par le régime du président islamiste Erdogan. Imamoglu est le principal rival politique du président qui court après un quatrième mandat en 2028, après un passe passe constitutionnel qui lui a déjà permis d'obtenir le troisième mandat. En Italie, le vice-Premier ministre Matteo Salvini est lui aussi mis en difficulté. En Roumanie, le candidat d'extrême droite Calin Georgescu a été écarté de la course à la présidence par la Cour constitutionnelle. Il était arrivé en tête du premier tour le 24 novembre, mais le scrutin été annulé pour cause de soupçons d'ingérence russe lors d'une décision rarissime au sein de l'Union européenne. Selon, le chef politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, "les tribunaux sont devenus les outils de ceux qui craignent la démocratie". Il est sous le coup d'un mandat d'arrêt pour attaque à l'ordre constitutionnel. Alors, question, les tribunaux sont-ils devenus l'arme infaillible des politiques qui se débarrassent de leurs rivaux sans se mouiller? L'idée fait son chemin et en France, l'affaire risque d'aller encore plus loin. Marine Le Pen, jusque là candidate probable à la présidentielle de 2027, est créditée de plus de 37% d'intentions de vote dans les sondages, très loin devant le second qui reste dans les environs de 20%. Ainsi, lorsque les juges l'ont assommée d'une inéligibilité de 5 ans avec exécution immédiate, même avant appel, les militants y ont vu une exécution politique de celle qui a le plus de chance de gagner aux prochains présidentielles. Le débat n'est pas clos. Pour certains, la justice est la même pour tous. Pour d'autres, la justice n'a pas le droit de décider à la place des électeurs. Les premiers avancent des cas où la justice n'a pas toujours été aussi stricte pour certains politiciens. Quoi qu'il en soit, la France se prépare à vivre un moment inédit avec un débat qui va certainement mobiliser les militants du Rassemblement national dans une tentative de dénoncer « l'intervention politique de la justice". ça va commencer avec la manifestation que compte faire le RN le week end prochain dans toute la France. La rue peut-elle s'opposer à la Justice? Tout est possible.