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Cure de jouvence de la Medersa Ben Saleh
Publié dans Le Soir Echos le 05 - 05 - 2011

Les travaux de restauration de la Medersa Ben Saleh de Marrakech, viennent d'être achevés. L'association internationale de sauvegarde de cette medersa propose, aujourd'hui, un débat sur l'avenir de cet espace.
La medersa Ben Saleh de Marrakech est enfin restaurée, « ses travaux viennent d'être achevés», confirme Rémi Mohamed Labyed de l'association internationale pour la sauvegarde de la medersa Ben Saleh. Avec son épouse Cécile Von Schramm, ce franco-marocain docteur en sciences sociales, a élaboré, il y a sept ans, un projet de rénovation de cet espace menaçant ruine. Ce n'est qu'en juillet 2010 que le Ministère des Habbous et des affaires islamiques, avec à sa tête Ahmed Taoufik, a lancé les travaux de restauration de la medersa. « Abandonnée, nous l'avons visitée en avril et août 2004, et avons mis en place un projet pour sa réhabilitation, avec la création d'un espace de cultures et de savoirs ouvert vers le monde, comme un lieu d'histoire, d'exposition, de création, de rencontre et de vie. Notre projet a été présenté à des décideurs de Marrakech et de Rabat, et notre association a été reçue, à cinq reprises, par le Chef de cabinet du ministre des Habbous », témoigne Rémi Mohamed Labyed.
« La Medersa Ben Saleh, propriété de l'Etat, doit, à notre avis, être un service public et doit, de ce fait, répondre aux besoins urgents de plusieurs cibles ».
Rémi Mohamed Labyed, de l'association internationale pour la sauvegarde de la medersa Ben Saleh.
Située dans l'ancienne médina de Marrakech, la medersa construite en 1671 par le Sultan Moulay Rachid, dont la sympathie pour les savants et les étudiants est souvent soulignée par les chroniqueurs, occupe 800 m² au sol, est composée d'un patio de 400 m², entouré d'arcades sur deux étages et de 65 petites pièces. Elle a servi pendant le Protectorat et après l'indépendance, de lieu d'hébergement (Dar Attalib) et de rencontre, pour les étudiants venant majoritairement de la campagne et poursuivant leurs études à la Mosquée Ben Youssef et au Lycée Dar El Baroud, jusqu'à la fin des années 80. Depuis sa construction, la Medersa Ben Saleh a occupé une place significative dans la vie sociale, culturelle, éducative et religieuse de la médina de Marrakech. Les étudiants vivaient parmi les habitants du quartier, en étroite relation avec le milieu laborieux et créatif des artisans et des commerçants, attestant ainsi l'ouverture de la Medersa sur son environnement. Après le départ des étudiants, elle fut transformée en fondouk géré par un particulier, moyennant un loyer. Sans entretien, une aile s'est effondrée, elle a été pillée et livrée à toute une population marginalisée de Marrakech. C'est la Municipalité de la ville qui, suite aux plaintes du voisinage, a construit un mur en briques, fermant ainsi la Medersa en 1985. Aujourd'hui, les travaux sont terminés et le ministère des Habbous projette d'en faire un musée. Un sujet qui ne fait pas vraiment l'unanimité chez l'association. « Ce musée sera destiné à une petite niche de visiteurs. La Medersa Ben Saleh, propriété de l'Etat, doit, à notre avis, être un service public et doit, de ce fait, répondre aux besoins urgents de plusieurs cibles », constate Rémi Mohamed Labyed. L'association propose au ministère des Habbous de débattre sur l'avenir de ce lieu patrimonial avec les institutionnels, historiens, artistes, associations, intellectuels, architectes et habitants du quartier.
Qods Chabâa


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