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L'UNICEF tire la sonnette d'alarme
Publié dans Les ECO le 21 - 01 - 2013

«Le Maroc a réalisé d'importants progrès mais il reste cependant des problèmes de taille, des disparités importantes en termes de pauvreté et de développement des enfants au sein des régions, des catégories sociales du pays». C'est le constat relevé par l'Unicef qui vient de publier, hier soir, un rapport sur la condition des enfants au Maroc et les droits de cette population vulnérable à l'occasion du 20e anniversaire en 2013 de la ratification de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant (CDE). L'objectif de cette étude est d'interpeller les différents acteurs du développement, gouvernement, élus, société civile, médias, centres de recherche, pour travailler ensemble sur des politiques de développement qui, tout en assurant la croissance, permettent de réduire significativement les écarts en matière de réalisation de droits pour les enfants. L'UNICEF appelle à investir dans la réduction des disparités pour plusieurs raisons, dont le fait que la croissance soutenue et durable est aussi tributaire d'un investissement dans la réduction des disparités. «L'UNICEF craint aujourd'hui que la crise économique mondiale actuelle ne génère une hausse de la pauvreté dans les pays en développement.
Il est donc nécessaire de prévoir des mesures politiques appropriées afin de protéger les enfants et les familles des conséquences de cette crise», souligne le représentant de l'UNICEF, Aloys Kamuragiye. L'UNICEF appelle à protéger les budgets des services fondamentaux, investir dans une protection sociale orientée vers les enfants, limiter les pressions supplémentaires sur les femmes et les filles et garantir l'accès des familles à une alimentation adéquate. En clair, l'étude estime que le Maroc aujourd'hui connaît d'importantes disparités entre le milieu rural et le milieu urbain, mais plus encore entre les 20% plus riches qui disposent de 48% du revenu national et les 40% plus pauvres qui ne disposent que de 17% de celle-ci, de même que les disparités entre les garçons et les filles posent des défis majeurs. D'autres arguments incontestables viennent confirmer cette nécessité de mettre en œuvre des stratégies clairement axées sur l'équité. Premièrement, plusieurs objectifs du millénaire pour le développement (OMD) concernant les enfants ne peuvent être réalisés sans la prise en compte du principe de l'universalité. En effet, il a été généralement admis, que l'on pouvait sauver davantage de vies dans les pays pauvres en se concentrant sur les populations les plus accessibles en élargissant la portée d'actions progressives à efficacité reconnue par l'intermédiaire de la mise à disposition de services traditionnels tels que les hôpitaux et les cliniques. La focalisation sur les populations marginalisées, bien qu'admise sur le principe, n'apparaissait pas comme une stratégie d'un bon rapport coût/efficacité. Cependant, les résultats d'un examen des faits réalisé par l'UNICEF à la mi-2010 vont à l'encontre de cette idée et peuvent être expliqués par trois raisons. D'abord, il faut savoir qu'au sein d'un même pays, les populations exclues comptent généralement une proportion plus élevée d'enfants que les autres groupes, en raison de taux de fécondité supérieurs. Aussi, les taux de mortalité infantile sont souvent bien plus élevés également au sein de ces populations que dans les groupes plus aisés, le nombre de décès d'enfants chez les plus pauvres représente une part importante du total national. Par rapport aux autres groupes, une part plus importante d'enfants des populations défavorisées meurt de maladies infectieuses ou d'autres problèmes de santé qui auraient pu être évités ou traités à moindre coût par rapport à des interventions plus tardives. Enfin, la plupart des populations les plus marginalisées sont bien moins susceptibles de bénéficier d'interventions d'un bon rapport coût-efficacité, ayant un impact significatif sur la lutte contre les principales maladies infantiles et autres problèmes de santé. C'est pourquoi, ces populations présentent le potentiel de progression le plus élevé quant à la survie et au développement des enfants au cours des cinq prochaines années.
Toutes les études sur la croissance économique, en rapport avec la pauvreté, ont montré que sur le long terme, il ne pouvait y avoir une croissance soutenue sans une réduction des inégalités des revenus. Le poids des revenus faibles dans l'économie freine la consommation intérieure ainsi que la dynamisation d'un marché intérieur. L'exclusion se traduit aussi par des coûts sociaux pour l'Etat afin d'atténuer les pressions sociales ainsi que par des manques à gagner en raison de la sous-valorisation du capital humain et de la sous-utilisation de la force de travail des franges marginalisées. Le 2e rapport de l'ONDH de mai 2011 encourage, pour favoriser la réduction des inégalités, le renforcement de l'accès des ménages aux services collectifs de base, notamment dans le rural. Ce rapport conclut que la plupart des populations les plus marginalisées sont bien moins susceptibles de bénéficier d'interventions d'un bon rapport coût/efficacité, ayant un impact significatif sur la lutte contre les principales maladies infantiles et autres problèmes de santé. C'est pourquoi, ces populations présentent le potentiel de progression le plus élevé quant à la survie et au développement des enfants au cours des cinq prochaines années. Les dernières statistiques de l'enquête nationale sur la population et la santé familiale (ENPSF 2011) mettent en évidence, des avancées notables en matière d'amélioration de la santé de la mère et de l'enfant, particulièrement l'atteinte avant 2015 de l'Objectif du millénaire pour le développement (OMD) 4, relatif à la réduction de la mortalité des enfants de moins de 5 ans. En effet, le niveau de mortalité des enfants de moins de cinq ans a été réduite de 35% entre 2004 et 2011, passant de 47‰ en 2004 à 30,4‰ en 2011. L'UNICEF avance que les disparités par lieu de résidence sont très révélatrices. Le niveau de mortalité infantile (moins d'un an) représente 95% de la mortalité infanto-juvénile. Pour sa part la mortalité néonatale, moins d'un mois, représente les deux tiers de la mortalité infantile (66%). Les nouveaux-nés demeurent les plus exposés aux risques de morbidité et de mortalité. Ces statistiques démontrent un important retard enregistré au niveau rural en comparaison avec la ville. Le taux de mortalité néo-natale (moins d'un mois) est de 16,97‰ en milieu urbain contre 20,52‰ en milieu rural. «Le niveau de morbidité des enfants de moins d'un an pourrait être réduit si certaines pratiques simples sont encouragées et maintenues, à l'instar de l'allaitement maternel exclusif jusqu'à l'âge de six mois», souligne l'UNICEF.
Sur la bonne voie mais...
«Le Maroc est sur la bonne voie pour la généralisation de la scolarisation primaire. Cependant, plus de 2% des enfants n'ont pas accès à l'école primaire, le système scolaire n'arrive pas toujours à retenir les enfants inscrits à l'école et le niveau de déperdition au primaire, au collège et au secondaire est inquiétant particulièrement en milieu rural», note l'UNICEF. Chaque année, près de 10% des adolescents et des jeunes qui vont à l'école décrochent leur diplôme, soit près de 340.000 enfants. En dix ans, c'est l'équivalent de la population de la ville de Casablanca qui serait formée de personnes analphabètes ou quasi analphabètes. Les manifestations de ces disparités sont diverses. Par exemple le taux d'analphabétisme est de 27% en milieu urbain contre 54% en milieu rural, le taux brut de préscolarisation (2011-2012) est de 66,6% pour les garçons contre 51,9% chez les filles. Par milieu de résidence, il atteint 78% en ville contre 51,9% en milieu rural. Aussi le taux spécifique de scolarisation des enfants fait-il ressortir des disparités. Pour le collégial, seulement 55,3% des filles y sont inscrites en milieu rural contre quasiment 100% en milieu urbain (la moyenne nationale est de 83,7%). Le taux spécifique de scolarisation au secondaire des adolescents de 15 à 17 ans en milieu urbain est de 83,3% et ne dépasse guère 24,2% en milieu rural : 31,6% pour les garçons et 16,3% chez les filles.


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