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Moins d'inégalités régionales ?
Publié dans Les ECO le 23 - 01 - 2012

Juste après la déclaration gouvernementale, qui a finalement consacré un chapitre à la régionalisation avancée, le HCP vient de sortir sa dernière note d'information sur les comptes régionaux de l'année 2009. Cette dernière fait comparer la performance des régions selon le découpage actuel (16 régions) et celui proposé par la commission consultative de la régionalisation. De cette note, il ressort ainsi une concentration de la richesse au niveau de 5 régions, dans le cadre du découpage actuel. «Celles-ci participent à hauteur de 57,5% dans la richesse nationale créée en 2009», souligne le HCP. Cependant, cette part enregistre un recul par rapport à celle constatée en 2007, qui était de l'ordre de 60,7%. Cette baisse s'explique entre autres par le recul de la part du Grand Casablanca (-1,8 point), passant de 21,3% à 19,5%. «Cela représente une baisse qui prolonge la tendance observée depuis 2004 où cette part était de 23,7%», précise le HCP. La région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer est également en recul (environ 0,6 point), passant de 13,6% à 13%. Celles de Tanger-Tétouan ne font pas mieux que Souss-Massa-Drâa, baissant respectivement d'un demi-point (de 8,8% à 8,3%) et de 0,4 point (de 8% à 7,6%).
Grande dispersion des richesses régionales
En revanche, les autres régions ont vu leur contribution à la richesse nationale augmenter. C'est le cas notamment des régions de Chaouia-Ouardigha (+1,6 point), celle du Sud (+ 0,5 point), de Tadla-Azilal (+ 0,6 point) et celle du Gharb-Chrarda-Béni Hssen (+ 0,3 point). Certains observateurs y voient un début de retombées positives des pôles de compétitivité économique. Cela étant, la note du HCP confirme également que «l'écart absolu moyen entre le PIB des différentes régions et le PIB régional moyen est en progression, passant de 21,9 milliards de DH en 2007 à 22,9 milliards en 2009». Cela conduit à conclure qu'il y a «une plus grande dispersion des richesses régionales créées». En prenant en considération le découpage proposé par la commission consultative de la régionalisation (12 régions ou lieu de 16), les comptes régionaux «montrent que 4 régions présentent une contribution à deux chiffres à la création de la richesse nationale, au lieu de deux régions seulement dans le découpage en vigueur (16 régions)». Casablanca-Settat (27%) se place en premier, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (16,9%), de Marrakech-Safi (11,3%) et de Fès-Meknès (10,3%). Ces régions créent près de 65,5% du PIB national. Cela dit, il faut bien garder à l'esprit que cette performance est due à la seule agrégation des comptes et donne l'impression qu'il y a moins d'inégalité, alors que dans le cadre de 16 régions, ces comptes se diluent. Cette approche qui tient compte du découpage à 12 régions fait émerger quatre autres régions dont la contribution se situe entre 5 et 10%, et qui créent près de 28% du PIB. Il s'agit de Tanger-Tétouan (8,6%), de Béni Mellal-Khénifra (7,1%), de Souss-Massa (6,9%) et de l'Oriental et Rif (5,5%). Pour les quatre régions restantes, elles ne participent que de près de 6,3% à la création du PIB. «Les trois régions du sud présentent chacune une contribution qui ne dépasse pas 1,5% du PIB et la région de Drâa-Tafilalet participe pour 2,9%», note le HCP. Quant à l'écart absolu moyen entre le PIB des différentes régions et le PIB régional moyen, il se situe à près de 37,5 milliards de DH dans le découpage des 12 régions contre 22,9 milliards dans le découpage de 16 régions. Concernant la performance des régions en matière de PIB régional par habitant(PIBR) dans le découpage actuel (16 régions), la situation ne semble pas avoir changé. En effet, à l'instar de 2007, il ressort des comptes de 2009 que 3 régions possèdent encore, à un niveau largement supérieur à la moyenne nationale (23.240 DH par habitant en 2009 contre 20.000 DH en 2007). Grand Casablanca arrive en tête, avec 37.800 DH, suivi de Rabat-Salé-Zemmour–Zaer, avec 36.600 DH et des régions du sud avec 30.600 DH. Pour les autres régions, dont le PIB par habitant était le plus faible en 2007, la situation n'a pas changé non plus. C'est le cas des régions de Taza- Al Hoceima-Taounate (12.564 DH), de Tadla-Azilal, avec 15.527, du Gharb-Chrarda-Béni-Hssen (15.774 DH, de Souss-Massa-Drâa avec 16.789 DH au lieu de 15.148 DH, et de Meknès-Tafilalet avec 18.391 DH, au lieu de 14.709 DH. Si on prend en considération le découpage à 12 régions, il en ressort que pour les deux découpages, 6 régions présentent un niveau supérieur à la moyenne nationale (23.242 DH/habitant). Les régions concernées sont Casablanca-Settat, les trois régions du Sud, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan. «Les autres régions s'écartent de la moyenne nationale de 5.000 DH en moyenne», note le HCP. En somme, de l'écart absolu moyen entre le PIB par tête des différentes régions et le PIB par tête régional moyen, le HCP conclut à une réduction de la dispersion dans le découpage des 12 régions par rapport au découpage en vigueur de 16 régions. Cet écart est de 5.000 DH au lieu de 6.400 DH.
Contribution régionale aux activités
économiques
En comprenant la contribution des activités par région, le HCP est arrivé au constat selon lequel il y a une concentration des activités plus accentuée dans les 12 régions proposées que dans celles du découpage en vigueur où la situation n'a pas changé. Ainsi, le secteur de l'industrie, mines et énergie occupe une place très importante au niveau de Casablanca-Settat et participe pour 42,3% à la valeur ajoutée nationale du secteur au lieu de 31,2% pour le grand Casablanca. Dans le cadre des 16 régions, le Grand Casablanca concentre plus de 31% de la valeur ajoutée nationale, suivi de la région de Chaouia-Ouardigha avec 12,3%. Dans le projet de découpage, quatre régions produisent près de 60% de la valeur ajoutée nationale du BTP contre 6 dans les 16 régions. Il s'agit de Casablanca-Settat (16,4%) Rabat-Salé-Kénitra (17,8%), Marrakech-Safi (12,6%) et Fès-Meknès (11%). S'agissant des services, les régions de Casablanca-Settat (26,9%) et Rabat-Salé-Kénitra (21,3%) s'accaparent prés de la moitié de la production. «Ce phénomène a été aussi marqué au niveau des activités agricoles, où 4 régions assurent 60,9% de la valeur ajoutée. Il s'agit de Fès-Meknès (16,4%), Marrakech-Safi (15,8%), Rabat-Salé-Kénitra (14,8%) et Casablanca-Settat (13,9%)», note le HCP.
Dépenses de consommation finale régionale
par tête plus homogènes
À ce niveau, le HCP note que la totalité des régions ont enregistré, entre 2009 et 2007, une nette amélioration de leurs dépenses de consommation finale des ménages (DCFM) avec des taux d'accroissement annuels moyens oscillant entre 7 et 9%. Cependant, le HCP n'a pas enregistré de changements significatifs au niveau de la contribution des régions à ces dépenses. Là, il faut noter que 5 régions qui concentrent près de 56% de la consommation finale des ménages, produisent 57,5% de la richesse nationale. Dans le cadre du découpage à 12 régions, il y aurait une distribution des dépenses «plus concentrée» de la consommation finale des ménages. Ainsi, 5 régions contribueraient pour près de 71,4% à la consommation totale des ménages, contre 56% dans le cas du découpage actuel. Quant «à la dépense de consommation finale régionale par tête, comme c'est celle du PIBR par habitant, elle présente une distribution plus homogène et moins dispersée que dans le découpage des 12 régions», affirme le HCP.
Réduction de la pauvreté et des inégalités
régionales
«Sur la base des données de l'enquête sur le niveau de vie des ménages, réalisée par le HCP en 2007, la cartographie de la pauvreté et de l'inégalité montre que le projet de découpage en 12 régions reconstitue des régions plus homogènes que celles du découpage actuel», souligne le HCP. Ainsi, la moyenne des écarts absolus des inégalités régionales de la consommation des ménages et celle de la pauvreté monétaire «sont moins élevées dans le découpage en projet, qui réduit la moyenne de ces écarts de 3,2% pour l'inégalité et de 7,5% pour la pauvreté». «Cette moyenne se réduirait, en termes de pauvreté, de plus de deux fois si l'on excluait les indices atypiques de pauvreté, très faible dans les régions du sud ou très élevée dans le Drâa-Tafilalet», ajoute le HCP.


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