Le Polisario minimise la perte de soutien international face à l'initiative marocaine pour le Sahara    Melilla conteste Madrid sur l'ouverture de la douane commerciale avec le Maroc    Le projet de loi désignant le Polisario comme organisation terroriste gagne du soutien au Congrès américain    Paris : Akhannouch souligne l'importance du nucléaire civil dans le mix énergétique national    La compagnie allemande Discover Airlines lance de nouvelles liaisons vers Agadir et Fès pour l'hiver 2026    Le FC Barcelone envisagerait un retour d'Abdessamad Ezzalzouli    La compañía alemana Discover Airlines lanza nuevas rutas hacia Agadir y Fez para el invierno de 2026.    Melilla disputes Madrid's claims on Morocco customs operations    L'hiver 2025-2026 au Maroc : un tournant climatique après sept ans de sécheresse    Mondial 2026 : Mohamed Ouahbi en mission à Atlanta !    Mazagan Beach & Golf Resort célèbre la 3e promotion de son programme Leadership au Féminin    Lions de l'Atlas : Adil Ramzi complète le staff de Mohamed Ouahbi ?    Les Lionceaux de l'Atlas U17 repartent à la conquête de l'Afrique    Akhannouch représente le Roi au 2è Sommet international sur l'énergie nucléaire à Paris    Grande distribution au Maroc : de grands changements en vue    OPCVM : un actif net de plus de 799,36 MMDH au 27 février    Dessalement des eaux souterraines : l'exploitation de la station de Missour est lancé    Mercato : Après Chelsea, le FC Barcelone se renseigne sur Yassine Gessime    Al Qadsiah sécurise l'arrivée de Souffian El Karouani pour la prochaine saison    Trump : l'armée américaine prendra le contrôle du détroit d'Ormuz « le moment venu »    Le président Trump affirme que la guerre en Iran est « quasiment » finie    Guinée. Doumbouya dissout 40 partis politiques    Accès des femmes à la justice : Ben Yahia met en avant à New York les avancées du Maroc    La guerre contre l'Iran... Washington s'apprête-t-elle à inscrire le Polisario sur ses listes noires ?    Du conflit avec l'Iran à la guerre au Liban : un pays pris au piège d'une guerre qui le dépasse    Guerre au Moyen-Orient : le PJD appelle à préserver la stabilité des pays arabes    Le Trésor place 2,35 MMDH d'excédents de trésorerie    Région de l'Oriental: Le taux de scolarisation des filles s'élève à plus de 95%    Trump : L'armée américaine prendra le contrôle du détroit d'Ormuz "le moment venu"    Les autorités pharmaceutiques activent le retrait de lots de lait infantile du marché marocain    Interdiction d'une fresque à Tanger : quand l'art s'arrête face aux autorités locales    Santé : L'INPLLC relance le marché relatif à la cartographie des risques de corruption    Radios et télévisions indépendantes : l'ARTI prépare sa stratégie 2026-2027    Selon les calculs, l'Aïd Al-Fitr devrait être célébré le samedi 21 mars au Maroc    Lions de l'Atlas : quel cap après le changement de coach ?    Botola Pro : le Wydad renverse l'Union de Touarga dans un match fou (4-3)    La DGSN dément des rumeurs d'enlèvements d'enfants    Santé. Le Niger mise sur un écosystème intégré    Droits et libertés : ce que révèle le rapport 2024 du CNDH    MRE : la question de la participation électorale relancée    Tourisme. Le Maroc à l'honneur sur France Télévisions    SILA 2026 : Abidjan, la capitale du livre    Après le changement de direction, l'IMA présente sa nouvelle offre éditoriale    Caftans au Maroc #3 : De Tétouan à Oujda, les influences locales et andalouses se croisent    Ligue arabe : Le Maroc condamne les agressions iraniennes contre des Etats arabes    Diaspora #431 : Najma, l'âme marocaine derrière l'artiste NAJ    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



« Houris », le roman qui a valu le prix Goncourt à Kamal Daoud
Publié dans La Vie éco le 07 - 11 - 2024

La Vie éco a déjà publié sur ses colonnes une présentation du livre de l'écrivain, qui a reçu le prix Goncourt. Retour sur des faits d'une période noire, que l'Etat veut faire oublier.
Suivez La Vie éco sur Telegram
Kamel Daoud insiste : « Le seul contrepoids à l'absurdité et à l'horreur c'est la beauté". Et il poursuit : « Je porte ce livre en moi depuis deux décennies », il s'agit d'un « roman de résurrection, d'une envie de vivre ». L'intention n'est donc pas de pleurer sur le passé mais de dire la vérité, de rendre justice et de continuer à vivre sans laisser les autres décider du contenu de la mémoire à garder. Ce n'est qu'après que viendra la réconciliation et peut-être le pardon.
La vérité d'abord, la réconciliation, après
Le roman dénonce la volonté de l'Etat algérien de faire oublier la décennie noire des années 90. De choisir et d'imposer de rester sur le souvenir de la guerre d'indépendance et de ne pas parler de la guerre civile algérienne. La première guerre a fini en 1962 mais elle a « l'intérêt » de nommer un ennemi public identifié : La France. Son souvenir permet de continuer à matraquer l'ex colon et de régler le rétroviseur au lointain pour ne pas se retourner vers la guerre civile, plus proche, mais qui a fait tuer des algériens par d'autres algériens. Ça rend moins fier !
D'ailleurs, parler ou écrire sur cette guerre civile est puni par la loi. Celle dite de la réconciliation. Elle a décrété, en 2005, l'amnistie pour tous ceux qui y étaient impliqués. Ceux qui sont descendus de leurs montagnes ou sont sortis de leurs cachettes dans les villes en déposant les armes. Cette loi rend ce roman, lui-même, illégal en Algérie. Nous le savons, l'histoire est écrite pas les vainqueurs. Sauf que là, tout le monde a perdu. Ou bien, comme dit Daoud « seuls les morts ont perdu. Les gagnants sont les militaires et les islamistes ». Dans tous les cas, la première des perdants est la vérité que l'on interdit d'énoncer, par « force » de loi.
Le roman raconte l'histoire d'une jeune femme algérienne, Aube, « Fajr » pour la version arabe. Rescapée d'un massacre qui a décimé sa famille et tous les habitants de son village. Elle porte une cicatrice de 17 cm dans son cou, trace de son égorgement non-abouti mais qui l'a rendue muette en lui coupant les cordes vocales. Les islamistes ont voulu l'achever, ils n'ont réussi qu'à lui couper le son. Tout en la laissant en tant que témoin vivant de leur barbarie. Fajr est l'antonyme de crépuscule, première des cinq prières de la journée et au même temps, commencement de la lumière du jour.
Décréter l'oubli
Pourquoi l'Algérie a-t-elle décrété cet oubli ? se demande Kamel Daoud. Et il tente une réponse. Celle que cette guerre fratricide a démontré l'incapacité des algériens de régler leurs différents idéologiques de manière pacifique. Il vaudrait mieux, pour l'institution, de rester sur une guerre d'indépendance qui rappelle, à fur et à mesure qu'elle s'éloigne dans le temps, que les algériens ont combattu comme un seul homme contre un ennemi extérieur : La France. Ce qui est vrai. Mais une fois restés entre eux, l'indépendance a sonné le glas de cette « fraternité utopique ». C'est qu'il faut des règles pour arriver à une vraie démocratie.
Kamel Daoud personnifie la censure dans le personnage d'un libraire, Aïssa, qui ne pouvait vendre que des livres de cuisine ou de religion. Jusqu'à présent, cette période est encore mal racontée ou pas racontée du tout. Daoud dit que « 4 ou 5 films et 2 ou 3 romans, ce n'est pas assez pour tous ces morts ». D'où le besoin, pour arriver à une paix véritable, de ne pas essayer d'escamoter le passé, quel qu'il soit.
« Nous sommes tous des écrivains. Sauf qu'il y a des écrivains qui passent à l'acte » dit Kamel Daoud. « Houris », c'est de la bonne littérature qui fait réfléchir. Lisez-le et pour ceux qui le peuvent, ne laissez pas les autres falsifier notre passé, écrivez. « Houris » de Kamel Daoud, Ed Gallimard. La Culture est la solution.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.