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Violence à l'égard des Femmes : La mise à niveau des unités intégrées de prise en charge s'impose
Publié dans La Vie éco le 06 - 12 - 2023

Pas de gratuité, insuffisance des moyens logistiques et humains et horaires administratifs... Les unités intégrées de prise en charge des femmes victimes de violences ne sont pas efficientes. L'Observatoire « Oyoune Nissaiaya » et l'Association Marocaine des Droits des Femmes ont fait l'état des lieux et des recommandations.
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La prise en charge médicale des femmes et des jeunes filles victimes de violence souffre de plusieurs limites. C'est le constat établi par l'étude réalisée, au cours de l'année 2023, par l'Observatoire «Oyoune Nissaiya» en collaboration avec l'Association Marocaine des Droits des Femmes. Les résultats de ce travail thématique sur «Les violences fondées sur le genre et la santé physique et mentale des femmes au Maroc» ont été présentés, ce mercredi 6 décembre, à Casablanca.
L'enquête, qui a concerné les Unités Intégrées de prise en charge des femmes victimes de violence dans les hôpitaux, révèle des lacunes logistiques, organisationnelles et au niveau des ressources humaines. Menées dans quatorze hôpitaux de plusieurs villes (Casablanca, Tanger, Settat, Beni Mellal, Tetouan, Hoceima, Agadir, Boujaad, Azilal, Oued Zem, El Jadida), les visites des unités médicales ont révélé que ces structures ne disposent pas toutes des mêmes moyens logistiques et humains. «Le plus souvent, elles ne disposent pas des équipements nécessaires, ni de médecins et ni d'infirmiers. Seules les assistantes sociales sont présentes et doivent s'occuper de la prise en charge des victimes», avance Najat Razi, coordinatrice nationale de l'Observatoire «Oyoune Nissaiya». Aussi, lorsque les victimes de violence physique présentent des blessures, des fractures ou font des fausses couches, elles sont dirigées vers les services des urgences des hôpitaux et ne bénéficient donc pas de la gratuité prévue dans les unités de prise en charge. C'est ce qui explique que très peu de victimes de violence se dirigent vers ces unités. Ce que confirme l'étude réalisée par le Centre d'écoute Habiba Zahi dans le quartier Sbata à Casablanca, qui précise que «dans 95,9 % des cas, les femmes ne se sont jamais rendues dans ces unités sauf lorsqu'elles ont besoin d'un certificat médico-légal». Pour ce qui est des violences psychologiques, la prise en charge est quasi inexistante puisqu'il n'y a malheureusement pas de spécialistes en la matière.
Généraliser les unités intégrées de prise en charge des victimes à tous les hôpitaux...
Actuellement, le Maroc compte 214 psychologues seulement qui exercent dans le secteur privé. Par ailleurs, on compte un psychiatre pour 100.000 habitants. Ce qui rend très difficile et compliquée, souligne Najat Razi, la prise en charge médicale de ces femmes victimes de violence, qui a des répercussions sur la santé des femmes et des jeunes filles, aussi bien immédiates que sur le moyen et long terme.
Ce pourquoi, l'Observatoire « Oyoune Nissaia » souligne l'urgence de la mise à niveau de ces structures. Il propose alors des recommandations en vue d'améliorer la prise en charge prévue par le ministère de la santé et de la protection sociale dans son Programme national de la santé pour la prise en charge des femmes et enfants victimes de violence mis en place en 2017.
Ainsi, il est recommandé d'adopter le modèle écologique en complément au modèle épidémiologique. Ce qui permettra d'élargir la portée de la prévention en englobant l'environnement familial et communautaire de ces femmes. L'Observatoire recommande également la priorisation de la prévention dans la stratégie ministérielle. Il souligne, en outre, l'intégration des informations sur la vulnérabilité des femmes dans leur Dossier Médical Partagé et la généralisation des unités de prise en charge dans tous les hôpitaux du pays y compris dans les centres de santé de proximité. Prévoir le soutien psychologique des proches des victimes de violence, la généralisation de la formation continue sur les violences, la déstigmatisation des mères célibataires et des femmes migrantes, l'amélioration de la communication, l'intégration de la violence comme critère pour bénéficier de l'Assurance Maladie Obligatoire et l'encouragement de la recherche sur les violences et la santé physique et mentale des femmes... sont autant de recommandations supplémentaires à retenir de l'étude de l'Observatoire dont les membres soulignent l'urgence de la mise à niveau de ces cellules afin de lutter contre la violence à l'égard des femmes.


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