A la 7ème édition des dialogues de l'Atlantique du Policy Center For The New South, nous avons rencontré Karim El Aynaoui, directeur général du centre de réflexion. Interview. La Vie éco : Quel bilan faites-vous des réflexions du Policy Center depuis son lancement en 2014 ? Karim El Aynaoui : Même si ce n'est pas à moi de le dire, nous avons pu fabriquer une institution, ce qui est intéressant. Nous avons réussi à développer de l'expertise : nous publions un livre par mois et plus d'une centaine de publications par an. Egalement, nous avons développé des partenariats très intéressants avec beaucoup de Think Tank à l'international, qui nous respectent et qui veulent aussi travailler avec nous. Un Think Tank, c'est complexe. Je crois que le pari est réussi et nous avons du mérite. Partout dans le monde, nos interlocuteurs cherchaient des institutions qui leurs ressemblent pour collaborer. Dès qu'on se présente et qu'ils constatent les convergences de nos visions : le même langage, la même expertise et que nous avons des gens de qualité, ils adhèrent sans hésitation. La réponse est toujours très rapide. Le Think tank, aux yeux des gens, est adossé à la marque OCP. Quelle est la valeur ajoutée du centre de réflexions au profit de l'OCP en tant qu'institution commerciale ? OCP et, en particulier, son président, a eu l'ambition de doter le Maroc d'un Think Tank, qui soit un bien public pour tout le monde. Une plateforme ouverte pour OCP, qui est une entreprise globale et qui a besoin de comprendre le monde qui l'entoure et donc certains pays, comme le Nigéria. L'OCP a, également, besoin de comprendre des problématiques telles que la guerre commerciale, qui affecte son quotidien en tant qu'entreprise. OCP est intéressé par ce que nous faisons, comme d'autres acteurs. Beaucoup de jeunes chercheurs contribuent à vos publications. Comment faites-vous pour les repérer ? Il suffit d'envoyer un CV. Sur notre site internet, nous avons des offres explicites. Sinon, nous les rencontrons dans des événements comme les dialogues de l'Atlantique. Nous avons fait beaucoup de choses avec l'université : des livres conjoints, parce qu'on est très proches. Ici, à l'Atlantic dialogues, il y a une trentaine de volontaires qui nous aident à organiser l'événement, dont certains passent des périodes de stages au Policy Center. Nous avons une pépinière. Ces jeunes échangent avec nos chercheurs, ils apprennent et publient. C'est pourquoi nous sommes à la recherche de ces jeunes, qu'ils passent quelques années au Policy center, aillent pour d'autres fonctions et pourquoi pas revenir plus tard. C'est aussi le rôle d'un Think Tank, faire circuler les compétences. Il est indéniable que la recherche scientifique contribue à faire avancer les nations. Que fait le Policy Center dans ce sens ? Le think tank c'est ancré dans la qualité et la rigueur académique de la recherche. Mais ce n'est pas de la recherche académique pure et dure. C'est de la recherche qui fait du sens pour les décideurs. C'est un trait d'union : un pied dans l'académique et autre pour les décideurs politiques. Objectif : essayer d'alimenter les décisions politiques par des faits empiriques et des résultats de la recherche. Nous publions deux à trois papiers par semaine. Nous travaillons. C'est pourquoi nous avons 500 chercheurs qui publient toutes les semaines. Le centre porte un intérêt prononcé pour les questions des relations internationales. Comment agit le centre en ce qui concerne la question de l'intégrité territoriale du royaume ? Et quel est l'effet de vos travaux dans ce sens ? Oui, c'est vrai. Nous avons les deux pieds : l'économie et les relations internationales. Nous avons beaucoup publié sur cette question. Ces publications sont consultables sur la plateforme électronique du Policy Center : sur « l'intangibilité des frontières » et sur « les normes de droit ». De manière générale, nous agissons dans le cadre des intérêts globaux du Maroc, comme tout Think Tank de cette nature, se voulant basé sur les faits. Nous avons notre propre manière. Subtile et sur la base de recherche. Nous ne sommes pas une agence de communication et ne nous sommes pas un Think de plaidoyer. Oui, il y a de l'effet. Lorsque les gens vous connaissent et vous comprennent, c'est très important. Un think Tank, il a aussi à créer des relations individuelles et personnelles entre les gens. Aux dialogues de l'Atlantique, il y a plus de 250 participants de l'étranger, qui sont de très haut niveau et avec qui nous travaillons. Il y aussi des experts qui publient chez nous et nous publions chez eux. En clair, c'est plein de relations individuelles. Un Think Tank sert à passer des messages et de comprendre.