Marrakech accueille la deuxième édition du Festival du livre, avec des auteurs marocains, français et subsahariens d'expression française, arabe et amazighe. Un riche programme de rencontres, de lectures et de dédicaces est prévu les 22 et 23 avril au centre culturel Dar Attakafa à Daoudiate. C'est un week-end ensoleillé qu'on attend à Marrakech les 22 et 23 avril. Un temps parfait pour s'ouvrir à l'altérité et à la beauté. Pour ce faire, quoi de mieux qu'un festival du livre pour découvrir des gens, des idées et des émotions dans un bel endroit? C'est au centre culturel Dar Attakafa, avec ses beaux jardins et ses salles conviviales, que fleuriront les mots à l'occasion de la deuxième édition du festival du livre de Marrakech. Cette année, quelques soixante-dix auteurs marocains, français et subsahariens d'expression française, arabe et amazighe, seront de la fête. L'invité l'honneur n'est autre que le prix Renaudot Alain Mabanckou qui connaît le Maroc et Marrakech, où il a été plusieurs fois membre du Prix de la Mamounia, et qui se réjouit d'ores et déjà des échanges qui auront lieu. Sapho, marraine du festival, sera également entendue lors d'une séance de lecture avec Mahi Binbine. Désir de lire Dès sa première édition, le Festival du livre de Marrakech s'est attelé à mettre en pleine lumière la littérature et les écrivains, en soulignant la diversité culturelle et linguistique au Maroc. Derrière l'événement, Stéphane Guillot et Joschi Guitton à qui on doit également le Salon du livre de l'île de Ré. Sollicité par les organisateurs, Pierre Bergé, parrain de l'événement, s'y est investi moralement et financièrement, car «aujourd'hui, alors que beaucoup de libraires disparaissent, il est essentiel que la merveilleuse invention de Gutenberg demeure. C'est grâce à elle que la culture, la science, l'intelligence existent. Nous sommes tous des enfants de l'écriture». Heureux de réitérer l'initiative, les organisateurs se sont engagés à faire de la deuxième édition du festival une véritable fête autour de la littérature, avec pour but premier de désacraliser la lecture. Aussi, des conteurs, des relieurs et des calligraphes exprimeront autrement leurs hommages au livre, à travers des spectacles et des ateliers. Ce qui n'est pas pour déplaire à Sapho, pour qui «il y a un réel désir de lire au Maroc». L'artiste et romancière marrakchie déplore qu'on lise de moins en moins de littérature en France, aujourd'hui, alors que «la littérature est le sel de la vie. Aucun historien ne rendra la saveur des lieux, le goût du temps comme un Flaubert, un Balzac, rien ne remplacera le chant de la langue, la surprise au coin des phrases qui rend un récit délicieux...». Les mots de l'autre Pour Alain Mabanckou, la littérature est d'abord une rencontre de l'autre. «C'est le plaisir de croiser ceux qui célèbrent la confrontation des imaginaires, cette beauté du monde qui n'a pas de géographie et qui ne connaît pour seul territoire que celui des mots, de la liberté d'expression et de l'exaltation de notre humanisme». Ainsi, les deux jours du festival seront une occasion exceptionnelle de célébrer la diversité des idées et des points de vue. Dar Attakafa accueillera ses invités pour une vingtaine de tables rondes autour de sujets multiples, tels que la littérature jeunesse, l'histoire, le patrimoine, l'Afrique, la poésie arabe, l'amazighité et des cafés littéraires pour présenter l'actualité des auteurs invités. Parmi ces derniers, on retrouve Mahi Binebine, Mohamed Nedali, Yassin Adnane, Rachid Khaless, Siham Bouhlal, Salwa Tazi, Lamia Berrada, Valerie Morales Attias, Moha Souag, Sylvie Yvert, Michel Canesi, Jamil Rahmani, Miguel Bonnefoy et bien d'autres...