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Aourid rend Hommage à El Maleh et parle de Judaïsme et de la jeunesse marocaine
Publié dans Lakome le 07 - 04 - 2011

Ce Maroc, qui gémit clamait le poète. Ce Maroc qui chante, ponctue le philosophe. Le poète dans sa sève nourricière du fond du Sous,
Khireddine, clamait la douleur. Le philosophe, El Maleh, fidèle à sa
terre et aux différents affluents qui l'alimente, dispensait l'espoir. Il a poussé, aux confluents du judaïsme, de l'amazighité, de l'arabité,
bercé par les vents de l'Occident. C'est cette terre qui l'a vu naître, et qui l'a doté de son humus. Et c'est vers cette terre qu'il revient se reposer.
Edmond Amrane al Maleh. L'homme n'était pas seulement un
symbole, mais un rappel. Un rappel de ce qu'est le Maroc, de ce
qu'est le judaïsme, de ce qu'est la philosophie, de ce qu'est la
politique. Un rappel à l'ordre, car le Maroc n'est pas réductible à une
composante culturelle. Car le Maroc n'est pas une concubine, dont on
use et abuse, aux côtés d'autres concubines, tant qu'elle est belle et
riche et capable, encore, de dispenser ses largesses. Le Maroc, pour
ses enfants, est une mère, qu'on aime pour ce qu'elle est, sans
contreparties, qu'on aime, pour l'amour sans partage qu'on a pour
celle qui nous a mis au monde. Le judaïsme fut la première révolution
de l'Homme contre l'injustice, l'exploitation, l'idolâtrie, au nom du
monothéisme. Quelle est la révolution qui n'a pas été dévoyée ?
Quelle est la religion qui n'a pas été pervertie ? Souvent, au nom de
la lettre d'une religion, on tue son esprit. Mais des êtres d'exception,
au prix de leur vie, bravant la doxa, aux prises du dénigrement,
corrigent les anomalies qui frappent les nobles mouvements de
pensée. Au nom de l'inquisition, Jésus était déclaré hérétique, par ce
qu'hostile aux préceptes de Jésus. C'était dans Séville, au XVIème
siècle, dans ce beau texte, de Dostoïevski, dans les frères Karamazov.
Ne soyez pas étonné qu'al Maleh fût déclaré mauvais juif. Il était
fidèle à l'esprit du judaïsme, au même titre qu'Abrhahm Serfaty, que
Germain Ayache, que Friha son épouse. Et sous d'autres cieux,
comme Noam Chomsky, et d'autres. Le judaïsme est humanisme. Ne
l'oublions pas. La première déclaration universelle des droits de
l'Homme était les dix commandements. Déclaration reprise par les
deux autres t religions monothéistes.
La philosophie, nous rappelle, cet homme à la silhouette frêle n'est
pas des conjectures, n'est pas une retraite dans une tour d'ivoire. Tout
comme le philosophe n'est pas l'oracle. Il est humain, trop humain. Il
s'attable dans un coin de café, voit le jour qui défile, fait son marché,
il est bousculé par l'enfant du coin, rappelé à l'ordre par le syndic, et
dans l'exiguïté de sa demeure, il crée un monde, avec ses amis, qui
écoutent avec lui un morceau de musique, s'émerveillent devant un
tableau, lisent un poème, dégustent un bon tajine, ressassent de vieux
souvenirs, rêvent d'un monde meilleur, s'arrêtent sur les
gémissements de ceux qui souffrent..Ainsi fut l'appartement
d'Edmond. Une oasis d'amour et de foi dans les idéaux de justice.
Une oasis qu'il arrosait par son engagement, sa profondeur, et sa
simplicité…Une oasis qui n'a jamais manqué d'esprit..Et quand sa
femme le quitta pour le repos éternel, il savait qu'il n'était pas seul,
car riche de ses amitiés, de ses valeurs, de son ancrage. On était
nombreux à faire nos haltes dans cette oasis pour nous abreuver
d'amour et d'esprit.
Rappel dans la vie de cet homme, de ce que c'est la politique. Les
camarades ont vite fait leur mue. Pour un strapontin. Ils ont vite
aiguisé leurs armes, pour un pantomime. La politique c'est de savoir
naviguer entre récifs, disent des camarades. Al Maleh, ne dit rien,
observe le silence et garde le cap. Les principes sont à l'homme
politique ce que la boussole est au capitaine du navire. On aurait pu le
prendre, si le mouvement de l'histoire ne s'est pas mis en branle, pour
un rêveur. Mais qu'est ce la politique si ce n'est un rêve pour décliner
les valeurs de justice, de liberté et de dignité ? Rappelons qu'Al Maleh
a fait sien le combat des Palestiniens, pour un territoire, pour la
dignité, car la justice, s'écrit avec un grand J et n'est pas réductible
aux uns aux dépens des autres.
Al Maleh n'est pas mort, il rayonne d'où il est. Il ressuscite, dans cette
jeunesse marocaine qui va à l'avant de jours qui chantent. De cette
jeunesse qui fort heureusement n'avait pas à apprendre les arguties des
intellectuels, engoncés dans leur savoir académique, n'avait pas à faire
ses armes en s'inspirant des manoeuvres des politiques, forts de leur
« expérience », de leurs « amitiés » ou de leur « rente » historique.
Une jeunesse dont l'ingénuité redonne vie à la politique, à la vie, à la
philosophie, dans ce qu'elles ont de plus noble. Edmond aurait été fier
d'elle. Que dis- je : il est fier d'elle. J'ai vu son âme planer ici avant
de rentrer. Le grain ne meurt jamais, et quand il meurt, il donne
beaucoup de fruits.
Hassan Aourid


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