RNI : Mohamed Chouki succède à Aziz Akhannouch, le choix de la continuité assumée    Sahara marocain : Washington réactive les discussions à Madrid après la résolution onusienne    Revue de presse de ce lundi 9 février 2026    Akhannouch : «Nous avons créé 19 organisations parallèles pour former et développer les élites»    Chambre des conseillers : Ouverture du 10e Forum parlementaire international sur la justice sociale    Coopération. Le Gabon et les Emirats signent 3 accords    RNI : Mohamed Chaouki préside son premier Bureau politique    Barrages. Une nouvelle législation face aux risques hydriques    Contrôle interne : fin du pilotage à l'aveugle dans les ministères ?    Aéroports : fin des mesures exceptionnelles après l'arrivée des cargaisons de kérosène    Décarbonation : 70% des PME déjà engagées, selon une enquête de la BEI    Marché boursier marocain : Vers une nouvelle ère de financement au service de la souveraineté    Quotient intellectuel : le Maroc occupe la 66e place mondiale    Révision des programmes : un nouveau cadre d'indemnisation instauré    Khénifra : Mobilisation tous azimuts et mesures préventives face à la montée des eaux de l'Oum Er-Rbia    Xi Jinping en visite dans un complexe d'innovation en technologies de l'information à Pékin    Présidentielle au Portugal: Large victoire du candidat Antonio José Seguro    Starlink lance ses activités au Sénégal    Japon. la victoire électorale de Sanae Takaichi enchante les investisseurs    Coupe Davis: Grande prestation du Maroc malgré la défaite face à la Colombie    Ligue des champions (groupe B): L'AS FAR prend une sérieuse option    Athlétisme : Accra hôte des Championnats d'Afrique seniors 2026    Mercato : Youssef En-Nesyri signe à Al-Ittihad    Feyenoord verrouille son jeune talent marocain, Nassim El Harmouz    M'diq-Fnideq: Des efforts soutenus pour soutenir la scolarisation des enfants de Ksar El Kébir    Programme d'alphabétisation dans les mosquées : les indemnités pour l'encadrement revues à la hausse    Mexico: L'ambassade du Royaume se mobilise au service des Marocains du Mexique    Après Leonardo, la tempête Marta ravive l'inquiétude climatique au Maroc    Inondations : « L'aide psychologique est aussi vitale que l'aide matérielle »    Environnement : Madagascar protèges ses écosystèmes    Marrakech – Justice : Nouvelle plainte contre Hicham Jerando pour diffamation    CMG achève la quatrième répétition du Gala du Nouvel An chinois 2026    L'Année au Galop    Al Aoula mise sur l'émotion et l'engagement pour Ramadan    Les Afropéennes célèbrent la diversité à Lomé    Tétouan : une voiture transportant 5 personnes emportées par les crues    Coupe de la CAF : sans briller, le WAC ramène une victoire précieuse de Nairobi    Intempéries en Espagne : Suspension de la circulation ferroviaire dans plusieurs provinces    Allemagne : Trois suspects interpellés pour vol de câbles et perturbation du trafic ferroviaire    Coupe de la CAF : l'OC Safi en quarts après sa victoire face à Djoliba AC    Alerte rouge chez les Lions de l'Atlas avant les grands rendez-vous    Une initiative marocaine avancée brise l'impasse : un document détaillé sur l'autonomie met les adversaires de l'intégrité territoriale à l'épreuve du réalisme    Affaire Epstein : sous pression, Jack Lang démissionne de l'Institut du monde arabe    Aéroports belges : 36,4 millions de passagers en 2025, un record    L'Orchestre Symphonique Royal fait résonner l'âme de Respighi à Casablanca    Caftan Week 2026 : les designers qui porteront le "Souffle de l'Atlas"    Marché Dar Essalam à Rabat: ouverture de l'aile ouest et du cinéma Pathé    « Le Maroc en Musique » : l'AMMA lance sa saison culturelle 2026    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Aourid rend Hommage à El Maleh et parle de Judaïsme et de la jeunesse marocaine
Publié dans Lakome le 07 - 04 - 2011

Ce Maroc, qui gémit clamait le poète. Ce Maroc qui chante, ponctue le philosophe. Le poète dans sa sève nourricière du fond du Sous,
Khireddine, clamait la douleur. Le philosophe, El Maleh, fidèle à sa
terre et aux différents affluents qui l'alimente, dispensait l'espoir. Il a poussé, aux confluents du judaïsme, de l'amazighité, de l'arabité,
bercé par les vents de l'Occident. C'est cette terre qui l'a vu naître, et qui l'a doté de son humus. Et c'est vers cette terre qu'il revient se reposer.
Edmond Amrane al Maleh. L'homme n'était pas seulement un
symbole, mais un rappel. Un rappel de ce qu'est le Maroc, de ce
qu'est le judaïsme, de ce qu'est la philosophie, de ce qu'est la
politique. Un rappel à l'ordre, car le Maroc n'est pas réductible à une
composante culturelle. Car le Maroc n'est pas une concubine, dont on
use et abuse, aux côtés d'autres concubines, tant qu'elle est belle et
riche et capable, encore, de dispenser ses largesses. Le Maroc, pour
ses enfants, est une mère, qu'on aime pour ce qu'elle est, sans
contreparties, qu'on aime, pour l'amour sans partage qu'on a pour
celle qui nous a mis au monde. Le judaïsme fut la première révolution
de l'Homme contre l'injustice, l'exploitation, l'idolâtrie, au nom du
monothéisme. Quelle est la révolution qui n'a pas été dévoyée ?
Quelle est la religion qui n'a pas été pervertie ? Souvent, au nom de
la lettre d'une religion, on tue son esprit. Mais des êtres d'exception,
au prix de leur vie, bravant la doxa, aux prises du dénigrement,
corrigent les anomalies qui frappent les nobles mouvements de
pensée. Au nom de l'inquisition, Jésus était déclaré hérétique, par ce
qu'hostile aux préceptes de Jésus. C'était dans Séville, au XVIème
siècle, dans ce beau texte, de Dostoïevski, dans les frères Karamazov.
Ne soyez pas étonné qu'al Maleh fût déclaré mauvais juif. Il était
fidèle à l'esprit du judaïsme, au même titre qu'Abrhahm Serfaty, que
Germain Ayache, que Friha son épouse. Et sous d'autres cieux,
comme Noam Chomsky, et d'autres. Le judaïsme est humanisme. Ne
l'oublions pas. La première déclaration universelle des droits de
l'Homme était les dix commandements. Déclaration reprise par les
deux autres t religions monothéistes.
La philosophie, nous rappelle, cet homme à la silhouette frêle n'est
pas des conjectures, n'est pas une retraite dans une tour d'ivoire. Tout
comme le philosophe n'est pas l'oracle. Il est humain, trop humain. Il
s'attable dans un coin de café, voit le jour qui défile, fait son marché,
il est bousculé par l'enfant du coin, rappelé à l'ordre par le syndic, et
dans l'exiguïté de sa demeure, il crée un monde, avec ses amis, qui
écoutent avec lui un morceau de musique, s'émerveillent devant un
tableau, lisent un poème, dégustent un bon tajine, ressassent de vieux
souvenirs, rêvent d'un monde meilleur, s'arrêtent sur les
gémissements de ceux qui souffrent..Ainsi fut l'appartement
d'Edmond. Une oasis d'amour et de foi dans les idéaux de justice.
Une oasis qu'il arrosait par son engagement, sa profondeur, et sa
simplicité…Une oasis qui n'a jamais manqué d'esprit..Et quand sa
femme le quitta pour le repos éternel, il savait qu'il n'était pas seul,
car riche de ses amitiés, de ses valeurs, de son ancrage. On était
nombreux à faire nos haltes dans cette oasis pour nous abreuver
d'amour et d'esprit.
Rappel dans la vie de cet homme, de ce que c'est la politique. Les
camarades ont vite fait leur mue. Pour un strapontin. Ils ont vite
aiguisé leurs armes, pour un pantomime. La politique c'est de savoir
naviguer entre récifs, disent des camarades. Al Maleh, ne dit rien,
observe le silence et garde le cap. Les principes sont à l'homme
politique ce que la boussole est au capitaine du navire. On aurait pu le
prendre, si le mouvement de l'histoire ne s'est pas mis en branle, pour
un rêveur. Mais qu'est ce la politique si ce n'est un rêve pour décliner
les valeurs de justice, de liberté et de dignité ? Rappelons qu'Al Maleh
a fait sien le combat des Palestiniens, pour un territoire, pour la
dignité, car la justice, s'écrit avec un grand J et n'est pas réductible
aux uns aux dépens des autres.
Al Maleh n'est pas mort, il rayonne d'où il est. Il ressuscite, dans cette
jeunesse marocaine qui va à l'avant de jours qui chantent. De cette
jeunesse qui fort heureusement n'avait pas à apprendre les arguties des
intellectuels, engoncés dans leur savoir académique, n'avait pas à faire
ses armes en s'inspirant des manoeuvres des politiques, forts de leur
« expérience », de leurs « amitiés » ou de leur « rente » historique.
Une jeunesse dont l'ingénuité redonne vie à la politique, à la vie, à la
philosophie, dans ce qu'elles ont de plus noble. Edmond aurait été fier
d'elle. Que dis- je : il est fier d'elle. J'ai vu son âme planer ici avant
de rentrer. Le grain ne meurt jamais, et quand il meurt, il donne
beaucoup de fruits.
Hassan Aourid


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.