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Le Maroc à l'école mexicaine


Maquiladoras Méditerannée
Si le plan Emergence ambitionne d'orienter le Maroc vers les nouveaux métiers, les « maquiladoras Méditerranée » permettraient d'accélérer le développement de la sous-traitance industrielle au Maroc à destination de l'Europe.
Cet ensemble se traduirait par la génération de 91 milliards de dirhams de PIB additionnel et la création d'environ 440.000 emplois directs et indirects vers 2013.
Maquiladora, voilà un nouveau vocable qu'on entend de plus en plus dans le milieu entrepreneurial marocain.
L'échec de la politique industrielle du Maroc a-t-elle poussé le ministère du Commerce et d'Industrie du Maroc à aller importer un nouveau concept qui a fait florès au Mexique ? Pourtant, si les maquiladoras ont beaucoup contribué au développement du Mexique par la croissance phénoménale qu'ils ont engendrée, ils n'ont pas donné que des résultats positifs. Quant au Maroc, sa nouvelle politique de développement est désormais tracée. Il s'agira d'exercer toutes les compétences dans le cadre d'une politique économique volontariste de développement orientée vers les entreprises créatrices d'emplois et qui affichent donc clairement un objectif prioritaire : la création d'emplois viable, en privilégiant des pôles de croissance économique tels que l'aéronautique, les composants automobiles, l'électronique, les services de façon générale mais aussi le tourisme et d'autres secteurs économiques comme le tourisme ou l'agroalimentaire.
C'est l'une de ces raisons qui a amené le ministre du Commerce et d'Industrie du Maroc, à la tête d'une importante délégation d'entrepreneurs, à effectuer une visite de travail du 16 au 21 janvier 2006 au Mexique.
Le but de ce déplacement est de s'enquérir sur place de l'expérience mexicaine des maquiladoras (ou maquilas). Ce sont ces entreprises américaines installées au Mexique dans des zones frontalières avec les USA.
Des similitudes entre le Maroc et le Mexique existent. Chacun de ces deux pays est très proche d'une puissance économique, en l'occurrence, l'UE et les USA. Cette rente géographique constitue un levier extraordinaire pour la relance de l'investissement privé et donc de la création de l'emploi à grande échelle au Maroc.
Les maquiladoras en trente années d'existence ont permis au Mexique de créer plus d'un million d'emplois. En se rendant au Mexique : "l'objectif étant de permettre aux responsables marocains de s'enquérir de l'expérience mexicaine dans le domaine des maquiladoras et d'effectuer des visites de terrain dans les zones frontalières où se trouvent les unités de production ou de services dites ‘'maquiladoras''», indique le département de Communication du ministère du Commerce et d'Industrie. En fait, le Mexique s'est penché sur ce concept depuis le début des années soixante, visant principalement la création de l'emploi. Toutefois, le lancement réel de l'industrie «maquiladoras» n'a eu lieu qu'au début de la décennie 80 et a été tiré par l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange entre les USA, le Canada et le Mexique (ALENA).
En effet,ces entreprises présentant des caractéristiques particulières en termes de fiscalité, des services administratifs, de législation du travail, etc., ont permis un essor spectaculaire de l'économie mexicaine, matérialisé par la création d'un nombre important d'emplois, le transfert technologique des USA vers le Mexique, la réduction du déficit commercial, etc. Si le Mexique a réussi ce défi avec un taux de croissance annuel moyen de l'industrie maquiladoras entre 1994 et 2001 de 22,1%, à titre de comparaison, celui de l'économie mexicaine n'a guère dépassé les 3,5 % durant cette période, pourquoi pas le Maroc ?
D'autant plus que la mise en œuvre de la stratégie préconisée pour les secteurs automobile et électronique se traduira par la génération, respectivement, de 7,2 et 4,8 milliards de dirhams de PIB additionnel et la création d'environ 43.000 et 11.000 emplois, à l'horizon 2013. Globalement, l'émergence d'une filière offshoring au Maroc sur la base des avantages comparatifs que sont la maîtrise de la langue française et espagnole et de coût avantageux de la main-d'œuvre moyennement qualifiée renforcera l'atout du Maroc.
Ce nouveau secteur représente un potentiel économique massif et très structurant pour l'économie marocaine de demain. C'est un potentiel de 25 à 30% de PIB additionnel et la création d'environ 100.000 emplois qualifiants d'ici 2013. "Cette projection ne pourra être pleinement réalisée que si le Maroc réussit à se positionner rapidement comme destination privilégiée pour l'offshoring francophone", dit-on au ministère du Commerce.
Pour le directeur de la production industrielle au ministère du Commerce et d'Industrie, Jamal Eddine Jamali : "La formation des ressources humaines et la promotion d'un package pour charmer les entreprises européennes doivent être la clef de voûte de notre réussite".
Relance del'économie traditionnelle
Si le plan Emergence se focalise durant les dix prochaines années sur les nouveaux métiers de délocalisation que sont l'aéronautique, l'électronique, les composants automobiles, … le gouvernement ne classe pas pour autant au second rang l'économie dite traditionnelle. "Le deuxième axe de développement de la stratégie repose sur la modernisation et la relance des trois moteurs historiques de croissance du secteur industriel, à savoir l'agroalimentaire, l'industrie de transformation des produits de la mer et le textile", indique le département de Communication du ministère du Commerce et d'Industrie.
Sur la base de cette stratégie prônée, le secteur de l'agroalimentaire se traduira par la génération de 5 milliards de dirhams de PIB additionnel et la création d'environ 12.000 nouveaux emplois, à l'horizon 2013.
Outre l'agroalimentaire, l'industrie de transformation des produits de la mer et le textile seront complétés par le développement de l'artisanat à fort contenu culturel avec un focus à l'export.
Que signifie “ Maquila ” ?
Maquila est la version raccourcie du mot maquiladora. À l'origine, ce mot était associé au processus du fraisage, mais cette notion a évolué. Au Mexique, elle est aujourd'hui associée au processus d'assemblage de composants importés et à l'exportation des produits finis.
Le phénomène des maquilas a débuté il y a plus de 30 ans, dans les zones frontalières avec les Etats-Unis. Avec le support du gouvernement mexicain, les entreprises américaines ont pu installer des usines d'assemblage au Mexique et bénéficier de nombreux avantages. Elles étaient, en effet, autorisées à importer les composants et la matière première, les assembler puis les réexporter sans payer de taxes. On trouve aujourd'hui des maquilas au Mexique et en Amérique Centrale. Elles attirent les investisseurs pour leur main-d'œuvre pas chère, le peu de régulation concernant le travail et l'environnement et la faible taxation. Les produits fabriqués sont principalement des vêtements, des biens électroniques, des pièces automobiles, etc.


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