Sécurité : Vers un cadre régissant la coopération entre le Maroc et le Libéria    FAR : Mohammed Berrid s'entretient avec son homologue du Kenya    Finale de la CAN 2025 : Le procès des supporters sénégalais reporté au 13 avril    Ouahbi tire la sonnette d'alarme : des escrocs manipulent 100 MMDH en dehors du circuit économique    Revue de presse ce lundi 30 mars 2026    Sécurité : le Ghana et l'UE scellent un partenariat    Plan stratégique 2026-2028 : le Parquet à l'heure de la maturité    Recherche en Méditerranée : le Maroc prolonge sa participation au programme européen PRIMA    Casablanca : PwC dévoile les grandes tendances de la CEO Survey 2026    UM6P : c'est parti pour la 6è Semaine de la Science    La Bourse de Casablanca débute sur une note positive    Marhaba 2026 : Armas Trasmediterránea renforce son offre maritime    Secteur non financier: Le crédit bancaire progresse de 5,8%    Ahannouch rassure : «Pas de hausse des prix du gaz de butane et de l'électricité» malgré la guerre au Moyen-Orient    Youssef Essabban : « L'ambition du CPA est de dépasser les modèles traditionnels de formation »    Rabat : La Tour Mohammed VI livrée en attendant son inauguration    Appel du président égyptien al-Sissi à Trump: "Aide-nous à stopper la guerre"    Exécution de deux prisonniers en Iran et renforcement des mesures sécuritaires    Rachid Talbi El Alami représente SM le Roi à la cérémonie d'investiture du président de la République centrafricaine    Moyen-Orient : Al Adl Wal Ihsane appelle à l'unité contre Israël et les Etats-Unis    Energie et géopolitique : Les zones d'ombre des importations marocaines de carburants russes    Tournoi UNAF : Victoire du Maroc U17 face à l'Egypte    CAF : calendrier des demi-finales pour les représentants marocains    Ouganda. Le stade Hoima hors course pour la CAN 2027    Rallye Aicha des Gazelles 2026 : les équipages marocains en route vers le désert    Cap 2026 : Ouahbi trace la nouvelle voie aux Lions de l'Atlas vers une nouvelle épopée    Football : Le Paraguay, l'incarnation d'une école sud-américaine rugueuse et physique    Rabat : Tehraoui lance la mise à niveau du système d'aide médicale urgente    Morocco to see temperatures drop to -6°C with strong dust winds reaching 80 km/h    Ceuta : Un deuxième tunnel secret relié au Maroc a servi au trafic de drogue    Liberian police seeks Moroccan expertise in security and crime fighting    Fès Gate 2026 : une consécration pour les talents qui font rayonner le Royaume    Droits de l'enfant : l'ONDE présente son bilan annuel et scelle de nouveaux partenariats stratégiques    Aéronautique : Avincis renforce ses services au Maroc    Dans les écoles de prestige en France, l'excellence des étudiants marocains s'impose    Mode africaine : 10 créateurs qui dominent la scène mondiale    Le Concours International de Musique de l'OPM revient pour une 22e édition    Cinéma : «Les Jardins du Paradis» de Sonia Terrab doublement primé à Milan    Younès Belhanda accusé d'avoir agressé un ancien coéquipier en Turquie    L'Egyptien Nabil Fahmy nommé à la tête de la Ligue arabe    Football : Ayyoub Bouaddi laisse planer le suspens pour son choix entre le Maroc et la France    FICAM 2026 : Une ouverture sur la jeunesse et l'évolution du cinéma d'animation    bourita: le maroc sous la conduite de sm le roi poursuit sa politique constante de solidarité avec les frères arabes au service de la stabilité de la région    Les Marocains en tête des bénéficiaires de nationalités de l'UE en 2024 après les Syriens selon Eurostat    Festival [IN]VISIBLE 2027 : le Maroc au cœur de l'innovation immersive et mémorielle    Diaspo #434 : En France, Amine Le Conquérant se réapproprie l'Histoire des châteaux    Journée mondiale du Théâtre : Willem Dafoe rappelle la puissance unique de la scène    Musée national de Rabat : "Let's Play – Réenchanter le monde", quand la photographie invite à rêver    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La face cachée de la faim
Publié dans La Gazette du Maroc le 06 - 12 - 2004


Carences en micronutriments
Même lorsqu'ils ont le ventre plein, une proportion inquiétante d'enfants marocains souffre de ce que le Ministère de la santé décrit comme “faim cachée“. À cause d'une alimentation peu variée, ou de l'absence de certaines composantes nutritionnelles fondamentales, ce sont non seulement les enfants, mais toute la population qui s'exposent à des complications médicales dont la plupart est facilement évitable.
Les micronutriments, des composantes alimentaires retrouv-ées naturellement dans la nourriture, sont des éléments essentiels
à la croissance et au développement harmonieux de l'organisme. Or - et ce malgré les efforts déployés par le ministère de la Santé au cours des dernières années - la population marocaine souffre encore aujourd'hui de carences considérables au niveau de plusieurs de ces éléments dont l'importance n'est plus à prouver. Les micronutriments qui font le plus défaut chez les Marocains, comme dans la plupart des pays en développement, sont le fer, l'iode ainsi que les vitamines A et D. “Il n'y a pas que cela, mais ceux qui occasionnent le plus de problèmes sont ces quatre [éléments]“, explique le Dr. Hamid Chekli, chef du service de santé de l'enfant à la direction de la population, au ministère de la santé.
Epidémie silencieuse
Les carences touchent davantage les enfants, ainsi que les femmes enceintes ou allaitantes, mais des manques importants ont été observés dans toutes les catégories d'âge. Des études ont été menées par le ministère de la Santé depuis 1992 dans le but d'évaluer l'ampleur du problème. Les résultats sont accablants. L'anémie par carence en fer, par exemple, touche 45,5 % des femmes enceintes et environ un tiers des femmes en âge de procréer et des enfants âgés de 6 mois à 5 ans. Les carences en vitamine A affectent 40,9 % des enfants de 6 à 72 mois. Selon les critères fixés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une telle prévalence suffit à placer le Maroc sur la liste des pays où la carence en vitamine A représente un problème de santé publique. “Le Marocain mange peu d'aliments naturellement riches en micronutriments“, explique le Dr. Chekli. “Le repas du Marocain, disons qu'il n'est pas bien équilibré“. À la lumière d'un tel constat, le ministère de la Santé a adopté en 2000 une stratégie globale visant à prévenir ou guérir les problèmes de santé reliés aux carences en micronutriments.
Stratégie intégrée
Au Maroc on procède déjà, et ce depuis quelques années,
à l'administration sous forme médicamenteuse - comprimés, gélules, ampoules - de suppléments de micronutriments aux populations les plus vulnérables. Les suppléments sont donnés selon un calendrier préétabli dans le but de prévenir les complications avant qu'elles ne surviennent. La stratégie du ministère de la Santé implique aussi un volet d'éducation nutritionnelle, visant à minimiser les comportements alimentaires néfastes, et à faire auprès des populations la promotion d'une alimentation variée
et de la consommation d'aliments enrichis. Ces aliments sont des produits de consommation courante (farine, huile, lait, sel, etc.) auxquels on a ajouté un ou plusieurs micronutriments.
Le ministère de la Santé, en collaboration avec divers organes gouvernementaux et plusieurs membres de l'industrie alimentaire, travaille à rendre disponible sur le marché de plus en plus de produits enrichis. Le problème des carences en micronutriments n'est malheureusement pas simple à solutionner puisque ses implications sont multiples et dépendent souvent des moyens financiers limités et des mauvaises conditions d'hygiène auxquelles les familles sont confrontées. L'alimentation de la famille marocaine moyenne comporte relativement peu de viande et de poisson, explique le Dr. Chekli qui ajoute : “parce que ça coûte cher, tout simplement. Il y a un problème au niveau du pouvoir d'achat pour une grande partie de la population“.
Même avec toute la volonté et les connaissances nécessaires, les familles sont souvent incapables d'avoir une alimentation suffisamment variée pour éviter toutes les carences.
Carence alimentaire : frein pour l'économie?
Les carences en iode réduisent les facultés mentales, alors que les carences en fer réduisent la productivité. Le ministère marocain de la Santé soutient qu'en réduisant les carences en micronutriments chez la population, un gain économique considérable serait obtenu. Des études ont démontré qu'à chaque fois qu'on augmente le taux d'hémoglobine (substance qui fixe l'oxygène et donne au sang sa couleur rouge), on obtient une amélioration de la productivité chez les travailleurs anémiques. La valeur économique des résultats de la lutte contre les carences en micronutriments dépasserait le coût des mesures requises. Selon la Banque mondiale, les pertes économiques engendrées par les carences en micronutriments pourraient attendre jusqu'à 5% du produit intérieur brut (PIB) dans les pays en voie de développement. Au Maroc, on estime que la carence en fer à elle seule engendre un manque à gagner annuel de 2 milliards de dirhams.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.