Paris : une exposition rend hommage aux soldats marocains des deux guerres mondiales    Guterres expose les défis de financement de la MINURSO devant l'Assemblée générale de l'ONU    Industrie manufacturière: Les entreprises prévoient une hausse de la production au premier trimestre    Maroc : le marché automobile progresse de 8,79 % en février 2026, tiré par le VP    Avocats : les exportations vers l'Europe en net recul    Jeud'ENSA 2026 : Younes Sekkouri a inauguré le cycle à Rabat    L'armée US prévoit une domination "totale et absolue" du ciel iranien    La Cour d'appel de Marrakech réduit les peines des deux Algériens pour insulte au drapeau et à la monnaie    Sahara : L'heure de vérité pour une MINURSO en sursis    Attaques iraniennes : le Conseil du Golfe et l'UE convoquent une réunion d'urgence    Botola : Berkane domine le Hassania Agadir en match en retard    Botola : Le Wydad de Casablanca s'incline sur sa pelouse face à l'AS FAR    Argentine : River Plate garde un œil sur Yassine Bounou    Growing bipartisan support in US Congress to label Polisario as terrorist organization    War in Iran: The double standards of Moroccan religious leaders    Le temps qu'il fera ce jeudi 5 mars 2026    Les températures attendues ce jeudi 5 mars 2026    Climat scolaire : OTED propose un dispositif d'évaluation du programme anti-harcèlement    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    Guerre en Iran : Le deux poids deux mesures de religieux marocains    Réseaux sociaux. Félix Tshisekedi tire la sonnette d'alarme    Etats-Unis : Don Bacon le projet de loi pour classer le Polisario comme entité terroriste    Carte intégrale de Tanger à Lagouira... l'Union européenne consacre le réalisme de l'approche marocaine    Mohamed Ouahbi remplace Walid Regragui à la tête de l'équipe nationale marocaine    Autonomisation féminine. Le Togo se hisse au 2e rang en Afrique    Dopage: 27 sportifs kenyans suspendus    Football : El Kaabi entre dans l'histoire de l'Olympiakos    « On Marche » 2026 : à Marrakech, la danse contemporaine au souffle du Ramadan    Nuit Andalouse, entre Lumière et Spiritualité    Donald Trump menace de «couper les relations commerciales avec l'Espagne»    Les Emirats et le Qatar affirment avoir intercepté plusieurs missiles et drones    Guerre Iran-USA : et le Maroc dans tout ça ?    Le Maroc renforce sa présence sur le marché allemand lors du salon du tourisme ITB de Berlin    Dossier du Sahara : Washington impose un cessez-le-feu au Polisario    Espagne : le Polisario profite de l'absence du Maroc pour marquer des points dans les parlements régionaux    Se prevén tormentas y nieve en varias regiones de Marruecos según el pronóstico meteorológico    Bourse de Casablanca : clôture sur une note positive    BKGR : Le BTP contribue à hauteur de 37% à la croissance des revenus en 2025    Guerre en Iran : Nadia Fettah Alaoui rassure sur la résilience de l'économie marocaine    Le Maroc candidat pour accueillir la Finalissima Espagne-Argentine malgré les tensions avec la RFEF    Loubna Jaouhari signe son premier stand-up le 8 mars 2026 au théâtre Diwan de Casablanca    Le temps qu'il fera ce mercredi 4 mars 2026    Berklee au Nigéria : Tiwa Savage ouvre la voie aux jeunes talents africains    Achraf Dari débarque en Suède pour renforcer la défense de Kalmar    L'opération de recensement relative au service militaire, du 2 mars au 30 avril    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La face cachée de la faim
Publié dans La Gazette du Maroc le 06 - 12 - 2004


Carences en micronutriments
Même lorsqu'ils ont le ventre plein, une proportion inquiétante d'enfants marocains souffre de ce que le Ministère de la santé décrit comme “faim cachée“. À cause d'une alimentation peu variée, ou de l'absence de certaines composantes nutritionnelles fondamentales, ce sont non seulement les enfants, mais toute la population qui s'exposent à des complications médicales dont la plupart est facilement évitable.
Les micronutriments, des composantes alimentaires retrouv-ées naturellement dans la nourriture, sont des éléments essentiels
à la croissance et au développement harmonieux de l'organisme. Or - et ce malgré les efforts déployés par le ministère de la Santé au cours des dernières années - la population marocaine souffre encore aujourd'hui de carences considérables au niveau de plusieurs de ces éléments dont l'importance n'est plus à prouver. Les micronutriments qui font le plus défaut chez les Marocains, comme dans la plupart des pays en développement, sont le fer, l'iode ainsi que les vitamines A et D. “Il n'y a pas que cela, mais ceux qui occasionnent le plus de problèmes sont ces quatre [éléments]“, explique le Dr. Hamid Chekli, chef du service de santé de l'enfant à la direction de la population, au ministère de la santé.
Epidémie silencieuse
Les carences touchent davantage les enfants, ainsi que les femmes enceintes ou allaitantes, mais des manques importants ont été observés dans toutes les catégories d'âge. Des études ont été menées par le ministère de la Santé depuis 1992 dans le but d'évaluer l'ampleur du problème. Les résultats sont accablants. L'anémie par carence en fer, par exemple, touche 45,5 % des femmes enceintes et environ un tiers des femmes en âge de procréer et des enfants âgés de 6 mois à 5 ans. Les carences en vitamine A affectent 40,9 % des enfants de 6 à 72 mois. Selon les critères fixés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une telle prévalence suffit à placer le Maroc sur la liste des pays où la carence en vitamine A représente un problème de santé publique. “Le Marocain mange peu d'aliments naturellement riches en micronutriments“, explique le Dr. Chekli. “Le repas du Marocain, disons qu'il n'est pas bien équilibré“. À la lumière d'un tel constat, le ministère de la Santé a adopté en 2000 une stratégie globale visant à prévenir ou guérir les problèmes de santé reliés aux carences en micronutriments.
Stratégie intégrée
Au Maroc on procède déjà, et ce depuis quelques années,
à l'administration sous forme médicamenteuse - comprimés, gélules, ampoules - de suppléments de micronutriments aux populations les plus vulnérables. Les suppléments sont donnés selon un calendrier préétabli dans le but de prévenir les complications avant qu'elles ne surviennent. La stratégie du ministère de la Santé implique aussi un volet d'éducation nutritionnelle, visant à minimiser les comportements alimentaires néfastes, et à faire auprès des populations la promotion d'une alimentation variée
et de la consommation d'aliments enrichis. Ces aliments sont des produits de consommation courante (farine, huile, lait, sel, etc.) auxquels on a ajouté un ou plusieurs micronutriments.
Le ministère de la Santé, en collaboration avec divers organes gouvernementaux et plusieurs membres de l'industrie alimentaire, travaille à rendre disponible sur le marché de plus en plus de produits enrichis. Le problème des carences en micronutriments n'est malheureusement pas simple à solutionner puisque ses implications sont multiples et dépendent souvent des moyens financiers limités et des mauvaises conditions d'hygiène auxquelles les familles sont confrontées. L'alimentation de la famille marocaine moyenne comporte relativement peu de viande et de poisson, explique le Dr. Chekli qui ajoute : “parce que ça coûte cher, tout simplement. Il y a un problème au niveau du pouvoir d'achat pour une grande partie de la population“.
Même avec toute la volonté et les connaissances nécessaires, les familles sont souvent incapables d'avoir une alimentation suffisamment variée pour éviter toutes les carences.
Carence alimentaire : frein pour l'économie?
Les carences en iode réduisent les facultés mentales, alors que les carences en fer réduisent la productivité. Le ministère marocain de la Santé soutient qu'en réduisant les carences en micronutriments chez la population, un gain économique considérable serait obtenu. Des études ont démontré qu'à chaque fois qu'on augmente le taux d'hémoglobine (substance qui fixe l'oxygène et donne au sang sa couleur rouge), on obtient une amélioration de la productivité chez les travailleurs anémiques. La valeur économique des résultats de la lutte contre les carences en micronutriments dépasserait le coût des mesures requises. Selon la Banque mondiale, les pertes économiques engendrées par les carences en micronutriments pourraient attendre jusqu'à 5% du produit intérieur brut (PIB) dans les pays en voie de développement. Au Maroc, on estime que la carence en fer à elle seule engendre un manque à gagner annuel de 2 milliards de dirhams.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.