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Diabète : Entre l'insuline humaine et le pire
Publié dans La Gazette du Maroc le 22 - 04 - 2002

Une injection manquée, des comprimés oubliés ou une hygiène diététique négligée et le diabétique risque la cécité, l'amputation des membres, l'ulcère du pied, l'insuffisance rénale ou encore une panoplie de maladies cardiovasculaires.
Il se tient au milieu de la salle, feuilletant certificats et analyses, et déclarant en langage crypté médical les risques que vous encourez si vous êtes diabétique. Etre diabétique n'est pas une fatalité, mais sombrer dans le laxisme et négliger les dangers de cette maladie peut s'avérer fatal.
En termes médicaux, les risques se traduisent en rétinopathie (cécité et altération de la vision), néphropathie (maladie des reins), neuropathie diabétique (complication micro vasculaire), artérite (obstruction des artères qui, associée à un ulcère ou à une gangrène, entraîne l'amputation et un haut risque de mortalité).
Le diabète est une maladie chronique et complexe, dont la fréquence augmente avec l'âge. Elle se manifeste par une élévation du glucose (sucre) dans le sang. Celui-ci ayant du mal à s'introduire dans les cellules du corps par manque d'insuline, ou suite à une difficulté d'action de ladite hormone, provoque une altération des artères. Deux différents types de diabètes sont décelés et affectent la vie du patient : le diabète gras et le diabète insulino-dépendant.
Le «diabète gras ou de la maturité» est une réduction de la sensibilité à l'insuline des cellules du tissu adipeux, du foie ou des muscles, associée à une insuffisance de la production d'insuline par le pancréas. Cette maladie touche près de 150 millions de patients dans le monde. Un chiffre qui pourrait doubler d'ici 2025. Quant au «diabète insulino-dépendant», nommé «juvénile ou maigre», il résulte de l'incapacité du pancréas à synthétiser des quantités suffisantes et adaptées d'insuline. Cette hormone, qui facilite l'utilisation cellulaire du sucre d'origine alimentaire, est directement liée à la concentration en sucre du sang (glycémie).
Le salut par les règles hygiéno-diététiques
Selon l'enquête épidémiologique réalisée sur 10 provinces de la région nord-ouest du Maroc en 1996-1997, 10 % de la population marocaine montre une prévalence du diabète, soit 3 millions de Marocains, dont 100.000 sont insulino-dépendants.
Le traitement du diabète repose, dans un premier temps, sur l'éducation du malade concernant les «règles hygiéno-diététiques», qui consistent en une alimentation équilibrée,l'obtention ou le maintien d'un poids le plus proche possible de la normale, la pratique régulière d'une activité physique et l'arrêt du tabac. Par la suite, un traitement médicamenteux s'avère nécessaire, tout en maîtrisant les risques d'une éventuelle hypertension artérielle ou d'une dyslipémie (taux de graisses élevé dans le sang). Aussi, la pratique régulière d'une activité est-elle recommandée.
Des recommandations médicales souvent ignorées, essentiellement par les patients atteints du «diabète gras». Par ailleurs, cette maladie exige un suivi médical rigoureux, qui se traduit par la mesure de la glycémie dans le sang (formule la plus répandue pour contrôler le diabète) ou encore par un autre procédé nommé «Hémoglobine glycosée, ou hémoglobine glyquée ou HbA1c» (témoin de la moyenne des glycémies sur une période de deux mois).
L'éducation du malade est essentiellement du ressort du médecin traitant. Par ailleurs, la Fédération des associations du diabète au Maroc, qui compte une trentaine d'associations, a lancé une campagne de sensibilisation et d'éducation au profit des malades, couvrant les régions de Fès, Khénifra, Benslimane, Mohammédia. Elle comprend l'animation d'ateliers de sensibilisation et la distribution de certains médicaments.
Le ministère de la Santé organisera prochainement une campagne préventive de sensibilisation, à l'occasion du passage du Maroc de l'insuline animale porcine à l'insuline humaine. Cette initiative devient indispensable, voire vitale, pour la survie des diabétiques, principalement les insulino-dépendants. Les différents intervenants, notamment le ministère de la Santé, le corps médical et pharmaceutique, les associations et les média, ont-ils d'autres choix que de créer une synergie, pour mieux sensibiliser les patients en vulgarisant l'information.
Origine des insulines animale et humaine
L'hormone de l'insuline était, jusqu'en 1967, extraite du pancréas du bœuf. Mais, depuis l'abandon de l'insuline bovine, suite aux réactions d'anticorps qu'elle entraîne, l'insuline porcine purifiée devint la plus recommandée en raison de sa similitude avec l'insuline humaine et de sa durée d'action spécifique, qui permet aux médecins de prescrire une posologie adaptée aux besoins de chaque patient. Mais des réactions allergiques à l'insuline porcine se produisaient toujours.
En 1982, la firme belge Novo Nordisk (qui exporte l'insuline au laboratoire pharmaceutique marocain Laprophan) lançait donc la production d'insuline humaine. La méthode utilisée était le remplacement d'un acide aminé de la molécule d'insuline porcine. Le résultat est l'obtention d'une insuline présentant la même structure moléculaire et les mêmes propriétés que la véritable insuline humaine.
Les études ont montré que le passage à l'insuline humaine permettait de réduire encore le problème de la production d'anticorps. Les patients présentant des réactions allergiques aux insulines porcines hautement purifiées pouvaient, en outre, avantageusement passer à l'insuline humaine.
En 1987, commençait la production industrielle d'insuline humaine par des cellules de levure génétiquement modifiées. Dès lors, les firmes pharmaceutiques n'étaient plus limitées par la disponibilité de pancréas d'animaux, mais pouvaient produire des quantités virtuellement illimitées d'insuline.
Passage à l'insuline humaine, une obligation à assumer
Par ailleurs, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande, pour les raisons citées précédemment, l'utilisation d'insuline humaine. Ainsi, la majorité des pays ont-ils adhéré à ces recommandations et certains sont même passés à l'insuline humaine dès les années 80.
Alors que nos voisins tunisien et algérien sont déjà passés à l'insuline humaine, le Maroc traîne encore les pieds, et prévoit ledit passage à la fin de cette année. Ce retard s'explique par la cherté de l'insuline humaine, qui n'est accessible qu'aux plus nantis (115 DH pour les 40 UI), alors que l'insuline animale est adaptée à la bourse du citoyen (47 DH pour les 40 UI). Par ailleurs, un autre passage s'impose aux patients insulino-dépendants : celui du dosage, qui sera désormais de 100 UI selon les normes de l'OMS. Mais ce passage est reporté à 2004. Or, les grands producteurs mondiaux ont décidé d'arrêter la production de l'insuline animale, aussi bien pour le produit fini, qui intéresse l'importateur, que pour les cristaux (matière première utilisée pour la fabrication). Autrement dit, les deux sociétés qui alimentent le marché marocain de l'insuline n'ont plus d'autres alternatives que d'en fabriquer ou d'en importer. Ainsi, Sothema, qui produit localement l'insuline animale, arrêtera sa production au cours du mois de juin prochain, commençant ainsi la production d'insuline humaine. Quant au laboratoire Laprophan, qui importait l'insuline animale et humaine de la firme belge Novo Nordisk, il est confronté à un marché limité aux nantis, qui n'utiliseront que le dosage de 100 UI, à l'instar des normes européennes.
Par conséquent, ce passage à l'insuline humaine profitera essentiellement à la société Sothema qui lancera, dès juin, la production de l'insuline humaine, arrêtant par la même occasion toute production d'insuline animale, alors que le ministère de la Santé, selon des sources proches, ne prévoit la transition qu'à la fin de l'année. Autrement dit, cet arrêt affectera sérieusement le stock d'insuline, causant ainsi une pénurie, déjà ressentie.
Par ailleurs, le ministère de la Santé est en phase de négociation avec lesdites sociétés, afin de baisser le prix, fixé actuellement à 115 DH. Les autorités sanitaires publiques espèrent prendre en charge la différence qui en découle, mais n'ont pas de caisse de compensation. En outre, des sources proches du ministère assurent que le prix a été déjà réduit à 82 DH, et que le Comité national scientifique débat des mesures à adopter.
Notons que seulement 10 millions de dirhams de l'ensemble du budget du ministère de la Santé sont alloués à l'achat de médicaments contre le diabète. Si les autorités publiques ne compensent pas l'écart, des vies humaines seront certainement en jeu. Des vies que seul l'accès au remède peut sauver
Sanaa Laqzadri


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