Un nouveau traité d'amitié Maroc–France en préparation pour 2026    Maroc : Le cimetière de Bougafer, entre polémique et préservation de l'Histoire    Presse : le gouvernement retire le projet de commission spéciale de gestion    CPS de l'UA: Le Maroc plaide pour une gouvernance climatique africaine intégrée et coordonnée    Fouzi Lekjaa : «La réforme de la protection sociale a réalisé des avancées significatives»    Collectivités Soulaliyates: Le gouvernement parachève le chantier de la réforme    Sahara : la résolution 2797, un tournant pour le CS face à la 4è Commission    Accord stratégique entre la Chambre de commerce marocaine et la Fédération italienne pour le développement durable et l'innovation    Hajj 1448 : le tirage au sort aura lieu du 2 au 13 mars 2026    APIDE Awards 2026 : M2T doublement primé pour ses solutions Chaabi Pay et Chaabi Payment    Feu vert au retour de tous les habitants à Ksar El Kébir (Intérieur)    Bourse de Casablanca : clôture sur une note positive    Loi de Finances 2026. La CGEM échange avec la DGI    Renault Group : une performance solide en 2025    Maroc–Emirats : entretien téléphonique entre Mohammed VI et Mohamed bin Zayed    Manifestations GenZ Maroc : La justice inflige plus de 106 ans de prison à 48 accusés    Ramadan: SM le Roi reçoit un message de félicitations du Serviteur des Lieux saints de l'Islam    Finale CAN : le parquet requiert la condamnation des supporters sénégalais et chiffre les dégâts à près de 4,9 MDH    Conseil de la Paix : Trump évoque les pays donateurs pour Gaza, dont le Maroc    Mort de l'individu qui a tenté de se suicider en sautant par la fenêtre du siège de la BNPJ    Comment un Français accusé d'avoir abusé de 89 garçons s'est forgé une image de «gentil» à Khénifra, au Maroc    Ramadán a lo largo de la historia #1: Los califas virtuosos, entre culto, ascetismo y grandes conquistas    Oncorad Group étend la chirurgie robotique hors Casablanca    Livre : Marrakech accueille la quatrième édition du FLAM    Industrie cinématographique : le Maroc monte en puissance    Bonne nouvelle pour les mélomanes : L'OPM organise deux rendez-vous musicaux    Institut du monde arabe : une diplomate française devient la première femme à présider l'institution    Ezzalzouli : « Pourquoi ne pas rêver grand ? » avec le Bétis    LdC : Le gouvernement portugais ouvre une enquête sur les insultes racistes présumées visant Vinicius    Cash Plus améliore son PNB consolidé en 2025    Championnat mondial de Handball : l'Afrique à la conquête de l'Allemagne    OM : Medhi Benatia défend le choix Habib Beye pour relancer Marseille    LIFA 2026. Abidjan, capitale de la création féminine    2M met à l'honneur Touria Chaoui dans une nouvelle série d'animation patrimoniale.    Ouverture interculturelle : Al Akhawayn organise une rencontre sur le thème « Maroc – Palestine : Les Rendez-vous avec l'Histoire»    Maroc–Gambie : le Roi réaffirme sa volonté de renforcer la coopération bilatérale    L'ancien ministre Abdesselam Zenined n'est plus    Noussair Mazraoui face à l'incertitude à Manchester United : un départ envisagé ?    Sécurité routière : plus de 8 milliards de DH pour la période 2026-2030    Edito. Ramadan Moubarak    Glovo et la NARSA signent une convention pour renforcer la sécurité des livreurs    Jazzablanca dévoile les premiers artistes de sa 19e édition    Jeudi, 1er jour du mois de Ramadan au Maroc    Cybercriminalité : Le Sénégal renforce l'arsenal contre les délits en ligne    Hamdallah en mode extraterrestre : sextuplé historique avec Al-Shabab    CAN 2025 : Le Maroc «a été volé» en finale, selon un responsable de la CAF    Achraf Hakimi égale un record historique marocain    De Cordoue à Marrakech, un documentaire retrace la vie d'Ibn Rochd    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Dette publique : Le seuil de soutenabilité franchi
Publié dans Finances news le 09 - 05 - 2013

La dette publique poursuit sa trajectoire ascendante. Le seuil de soutenabilité des 60% du PIB est dépassé. Faut-il s'en inquiéter ? Les avis et les recommandations prodigués par différentes institutions s'opposent radicalement sur cette problématique.
Actuellement, les finances publiques agrègent autour d'elles toute l'attention de l'opinion publique, comme en attestent les dernières Assises sur la fiscalité tenues à Skhirat. Elles cristallisent aussi des controverses, voire des quiproquos institutionnels, en ce qui concerne les voies pouvant constituer une panacée aux déséquilibres macroéconomiques. Pour peu que nous soyons vigilants, il est assez aisé de constater les discordances entre certaines institutions (Bank Al-Maghrib, le Haut commissariat au plan et le ministère de l'Economie et des Finances) quant à la politique macroéconomique à suivre pour sortir de «l'impasse». Parmi les sujets qui suscitent un intérêt ascensionnel, il convient de mettre l'accent sur la dette publique. Pour avoir un ordre de grandeur, seule la dette du Trésor public représente 57,8% du PIB en 2012, contre 47,1% en 2009 d'après le CMC. Et ces chiffres font abstraction de l'emprunt à l'international des établissements publics.
Exacerbation de la hausse de la dette publique
Le dernier rapport sur la dette nous renseigne de façon probante sur l'évolution croissante de la dette publique qui émaille les finances de l'Etat. Aussi, pour certains spécialistes chevronnés, les dépenses publiques de plus en plus croissantes couplées aux recettes fiscales insuffisantes (baisse de 3 Mds de DH des recettes de l'IS cette année), et étant à l'origine du déficit budgétaire prononcé de 7,1%, sont des facteurs endogènes qui présagent d'un alourdissement de la dette publique à l'avenir. Ainsi la dette intérieure du Trésor se chiffrait à près de 331,3 Mds de DH en 2011, soit une augmentation de 39 Mds de DH par rapport à 2010, et représentait 41,3% du PIB. Quant à la dette extérieure, elle est estimée à près de 99,6 Mds de DH. Elle est en augmentation de 7 Mds de DH par rapport à 2010 et représente près de 12,4% du PIB. Dans ce sillage, il convient aussi de rappeler qu'en août dernier, le Maroc a obtenu une ligne de crédits de 6,2 Mds de DH de la part du FMI pour permettre au Trésor de se constituer un financement d'appoint, et aussi d'éviter l'éviction du secteur privé à l'accès de liquidité au marché interne. Par ailleurs, la structure de l'endettement du Trésor souligne une prédominance de la dette intérieure par rapport à la dette extérieure. Les charges de la dette en intérêts sont également en nette augmentation de plus d'un milliard de DH par rapport à 2010. A cela, s'ajoute au niveau international, la crise d'endettement chronique des pays européens. D'où la survenance de l'assèchement et du renchérissement des financements à l'international et au niveau national, comme en témoignent les chiffres du HCP faisant mention d'un taux d'intérêt de plus de 5% pour l'émission des bons du Trésor à moyen terme en 2013. A ce titre, notons qu'une prochaine sortie du Trésor à l'international pour contracter un emprunt reste probable et sera annoncée par le ministère de l'Economie et des Finances d'ici le mois de juin. De plus, on constate que les charges en intérêts et commissions de la dette extérieure sont en hausse de 25% en 2012. La part de la dette extérieure a maintenu sa tendance haussière entamée depuis 2007. Concernant le financement du Trésor sur le marché intérieur, une contrainte majeure a été récemment relevée par BAM. Il s'agit du resserrement des conditions de financement, en raison du déficit criant de liquidité bancaire, suite à la dégradation des avoirs extérieurs nets qui fondent comme neige au soleil. L'insuffisance de liquidité bancaire s'est aussi creusée de plus en plus entre 2011 et 2012, passant ainsi de 62,4 Mds de DH à 73, 2 Mds. Cet état des lieux met en évidence les conditions de financement ardues de la dette publique.
Comment sortir de la «spirale» de l'endettement croissant?
Pour certains, réduire la dette publique passe par une baisse des dépenses publiques. Pourtant, on constate que les dépenses ordinaires (hors fonds de soutien des prix) sont à hauteur de 209 Mds de DH en 2013, soit une hausse de 8,6% par rapport à 2012. Les dépenses de matériel sont aussi en progression de 5,1%. Et l'on observe aussi que les charges de la dette du budget 2013 sont en hausse de 10,6% par rapport à 2012. Cette augmentation des dépenses de l'Etat accroît systématiquement les besoins de financement du Trésor (hausse mécanique de la dette) qui doit respecter ses engagements (paiements des salaires, paiements des fournisseurs, etc.). Face à cela, une stratégie plus dynamique de la gestion active de la dette pourrait constituer un vecteur d'allégement du coût de l'endettement. D'aucuns considèrent que la politique de la gestion active de la dette menée jusque-là peut être plus efficiente, même si le Royaume a récemment obtenu un accord de reconversion de la dette en investissements avec l'Italie (montant : 165 M de DH). Le manque de liquidité bancaire et monétaire du marché intérieur renchérit le financement de la dette publique, ce qui relance le sempiternel débat du rôle de BAM quant à la mise en œuvre d'une politique monétaire plus dynamique. Une autre question reste en suspens, celle de savoir si la dette garantie par l'Etat concernant les établissements publics (ADM, ONCF, entre autres) est soutenable à long terme, vu leurs besoins d'investissements croissants. Car la dette extérieure de ces établissements a connu un trend haussier amorcé depuis 2005 et se poursuit (augmentation annuelle moyenne de 10%). Certains se demandent, et à raison peut-être, pourquoi ces entreprises publiques ayant une certaine maturité et une grande capacité financière, continuent de bénéficier de la garantie de l'Etat pour leurs emprunts internationaux. On se rappelle aussi que l'agence de notation Standard & Poor's avait tiré la sonnette d'alarme sur les déficits «jumeaux» qu'elle estime préoccupants et pouvant contribuer à la dégradation des perspectives de la note souveraine du Maroc. Au final, on observe que les conditions de financement de la dette publique, tant au marché interne qu'externe, se corsent. Et rien n'augure d'une diminution des besoins de financements du Trésor public à court terme. En revanche, certaines dépenses publiques peuvent constituer des variables d'ajustement pour réduire la dette publique car celle-ci peut se muer en une spirale infernale. D'où la célèbre maxime : «L'endettement d'aujourd'hui est l'impôt de demain».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.