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Erosion des côtes du Maghreb. L'alerte de la Banque mondiale
Publié dans Challenge le 31 - 10 - 2021

Au Maghreb, la part de la population totale vivant à proximité de la côte est encore plus élevée, allant de 65 % au Maroc à 85 % en Tunisie, les moyens de subsistance de leurs habitants dépendant souvent de côtes et de plages intactes, en l'occurrence pour le tourisme. Le recul des plages saperait les nombreuses sources de revenus de l'économie bleue : « ce processus lent, déjà enclenché, a fait (à moitié) disparaître des plages et devrait s'accélérer avec les changements climatiques », selon la Banque mondiale.
Au niveau mondial, les zones côtières sont des écosystèmes importants et en même temps des centres bourdonnants pour une grande partie de la population et de l'activité économique : les grandes villes sont situées sur la côte.
Au Maghreb, la part de la population totale vivant à proximité de la côte est encore plus élevée, selon des experts de la Banque mondiale, qui ont identifié cette zone comme l'un des points chauds de l'érosion côtière.
« Les zones côtières du Maghreb revêtent une importance capitale non seulement pour la préservation de la biodiversité-le bassin méditerranéen fait partie des 25 principales zones critiques de biodiversité au monde-, mais aussi pour le développement de l'économie bleue, synonyme de production de richesses, de création d'emplois et de source de revenus.
La majorité de la population maghrébine vit sur le littoral ou à proximité, et de nombreux habitants sont tributaires des zones côtières qui pourvoient à leur subsistance », estiment-ils.
En Tunisie, le tourisme et les activités en lien avec ce secteur, qui fournissent un emploi à quelque deux millions de personnes, ont contribué à 14,2 % du PIB en 2018 ; au Maroc, cette part ressortait à environ 18,6 % du PIB en 2017, assurant 16,4 % des emplois, donnent-ils comme exemple.
En effet, l'intégrité des zones côtières et maritimes influe également de manière directe ou indirecte sur d'autres secteurs, comme la pêche.
« Les emplois de l'économie bleue (pêche, tourisme...) sont particulièrement importants pour les ménages à faible revenu ; leur disparition ferait basculer de nombreux pêcheurs et employés du tourisme dans la pauvreté, une situation comparable aux perturbations que la pandémie de COVID-19 a engendrées. Le processus recul des plages processus lent, déjà enclenché, a fait (à moitié) disparaître des plages et devrait s'accélérer avec les changements climatiques », préviennent ces experts de la Banque mondiale, rappelant que l'érosion du littoral constitue une grave menace pour les moyens de subsistance des populations côtières.
« Dans un rapport récent, notre équipe a mené une évaluation des modifications du paysage côtier, en termes de superficies perdues et gagnées. Elle a constaté qu'entre 1984 et 2016, l'érosion des plages du Maghreb a atteint un rythme moyen de 15 centimètres (cm) par an, soit plus du double de la moyenne mondiale (7 cm) ; seules les côtes d'Asie du Sud reculent à un rythme plus élevé », martèlent-ils.
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La Tunisie subit le taux d'érosion le plus important, avec un retrait annuel de près de 70 cm en moyenne, suivie de la Libye (28 cm).
Au Maroc, le littoral sablonneux disparaît au rythme moyen de 12 cm par an sur la façade atlantique et de 14 cm sur la côte méditerranéenne (près de deux fois plus que la moyenne mondiale).
Selon ces experts, face à l'élévation du niveau de la mer et à la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes, ces phénomènes d'érosion vont s'exacerber à terme. « En l'absence de mesures d'adaptation, les populations littorales et leurs moyens de subsistance risquent d'être durement frappés par l'intensification de l'érosion, les risques d'inondation et la pollution côtière », alertent-ils. Quid des causes de l'érosion côtière ?
Le littoral évolue constamment : certaines zones peuvent gagner du terrain (aggradation) et d'autres en perdre (érosion). Les activités humaines telles que l'extraction de sable, le développement d'infrastructures côtières ou la construction de barrages sur les fleuves à l'intérieur des terres peuvent modifier considérablement ces mécanismes naturels, et ce, à des degrés divers.
En Afrique du Nord, les pressions anthropiques constituent les principaux facteurs d'érosion côtière, estime l'équipe de la Banque mondiale qui s'est associée au Centre national d'océanographie (NOC) au Royaume-Uni et à l'Agence spatiale européenne (ESA) pour comprendre en détail ce phénomène.
L'équipe de la Banque mondiale a également évalué les répercussions économiques de l'érosion côtière au Maghreb. Il en ressort que les coûts annuels liés aux pertes de terres et d'infrastructures représentent environ 2,8 % du PIB en Tunisie, 0,7 % en Libye, 0,4 % au Maroc et 0,2 % en Algérie.
L'écart important des coûts liés à la destruction des biens s'explique par de nombreux facteurs, comme le taux d'érosion, le degré d'urbanisation et le prix du foncier.
Ces coûts sont en outre minorés dans la mesure où ils n'intègrent pas des valeurs comme le manque à gagner dans le tourisme. Or, le rétrécissement des plages pourrait largement peser sur l'économie bleue des pays de la région où le tourisme et la pêche occupent une place centrale.
Au Maroc, par exemple, les quelque 700 000 personnes employées dans la pêche et la transformation du poisson travaillent souvent dans le secteur informel. L'informalité est moins répandue dans le tourisme, mais malgré tout bien présente.
En Tunisie, la contribution du secteur informel à l'économie atteint 30 à 40 % du PIB, une grande partie des actifs, surtout les jeunes, étant employée dans le secteur du tourisme. L'érosion côtière ronge lentement, mais sûrement, une part importante de leur travail et les fragilise toujours plus. Quelles politiques pour contrer l'érosion côtière ?
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Pour les experts de la Banque mondiale, dans les pays du Maghreb, l'adoption d'une trajectoire de développement vert, résilient et inclusif passe par une gestion durable des côtes. Et si certains facteurs d'érosion côtière, comme ceux provoqués par le changement climatique, échappent au contrôle immédiat des pays, ces derniers peuvent toutefois agir sur plusieurs fronts.
Il s'agit avant tout de lutter contre l'érosion côtière et de piloter le développement du littoral, en se fondant sur une vision globale des changements dans le paysage côtier et des différents acteurs concernés par ces aménagements.
« Ce défi nécessite la mise en œuvre de programmes globaux de gestion intégrée des zones côtières (GIZC), comme le tout récent schéma régional du littoral dans la région de Rabat-Salé-Kénitra (nord du Maroc), déployé avec le soutien de la Banque mondiale et de l'Italie. Ces dispositifs peuvent s'accompagner d'incitations fiscales. C'est le cas en France, où les recettes d'une taxe sur les travaux de construction côtière sont redistribuées aux autorités locales, afin d'appuyer les politiques foncières qui contribuent à la conservation des zones côtières », affirment-ils.
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