Présidentielle au Congo : Sassou Nguesso officialise sa candidature    Approvisionnement en carburants. Le ministère se veut rassurant    Orange Maroc mise sur la digitalisation pour le secteur de la santé    Inondations : L'Intérieur met en garde contre tout retour prématuré    La Fédération royale marocaine de football dément la rumeur concernant la démission de Walid Regragui de la sélection nationale    Amine Adli enchaîne les matchs et vise le Mondial avec le Maroc    Fegafoot: 605 dossiers pour le poste de sélectionneur national    Gharb : coupures d'électricité et opérations d'évacuation dans des dizaines de douars    Inondations : solidarité scolaire pour les élèves sinistrés    Caftan Week 2026. Les designers qui porteront « le Souffle de l'Atlas » dévoilés    Le trafic portuaire en hausse de 8,9% en 2025    Coupe du Roi : Barça-Atlético et Real Sociedad-Athletic Bilbao en demi-finales    FIFA : record de transferts au mercato hivernal, les clubs anglais les plus dépensiers    La FRMF dément les informations sur la démission de Walid Regragui    L'ancien ambassadeur chinois au Maroc, Li Changlin : Dix ans de partenariat sino-marocain ont produit des réalisations qualitatives et des perspectives prometteuses    ORION 2026 : le Maroc prend part aux vastes manœuvres sur les côtes françaises    Accord de don BAD-BAM pour développer les e-paiements et renforcer l'inclusion financière    Congo: le président Sassou Nguesso annonce sa candidature à la présidentielle du 15 mars    Interpol va agrandir son siège conformément à un accord approuvé à Marrakech    La NASA ouvre enfin la porte aux smartphones dans l'espace    162 morts au Nigeria : Kwara sous contrôle militaire    USA-Russie : Trump réclame un nouveau traité nucléaire « amélioré et modernisé »    Liberté d'expression : le Maroc inscrit dans les dynamiques régionales et numériques mondiales    Seghrouchni au Koweït pour des rencontres sur la coopération numérique    Le dossier du Sahara marocain conforte la position de Rabat au sein des alliances afro-britanniques    Gaz naturel : le Cameroun et la Guinée équatoriale s'allient    À Figuig, des gestes frontaliers algériens ravivent une tension contenue par le Maroc    Affaire « Or Blanc » : Le député PAM Abderrahim Bendaou interdit de quitter le Maroc    Rebond du Bitcoin après un plongeon brutal sur fond de liquidations massives    Hydrogène vert : M. Akhannouch reçoit les nouveaux investisseurs sélectionnés dans le cadre de l'"Offre Maroc"    Al Hoceima : réouverture de plusieurs axes routiers après les intempéries    Le temps qu'il fera ce vendredi 6 février 2026    Les températures attendues ce vendredi 6 février 2026    Vague de froid: Campagne d'hébergement des sans-abris à Al Hoceima    Défense : un programme à 8,5MM $ avec les Etats-Unis    Marché Dar Essalam à Rabat: ouverture de l'aile ouest et du cinéma Pathé    Maroc : Fortes pluies, averses et rafales de vent jusqu'à vendredi    School closures extended Thursday in Tanger–Tétouan–Al Hoceima    Taounate : Un séisme de magnitude 3,8 enregistré    Les Lions de l'Atlas se projettent vers le Mondial 2026 : deux amicaux en mars    « Le Maroc en Musique » : l'AMMA lance sa saison culturelle 2026    Crowdfunding: la campagne de Mazaya pour soutenir les jeunes talents    Télévision : 2M dévoile son menu ramadanesque    Décès du Chef Kimo, figure appréciée de la cuisine populaire    Intempéries: la dépression Leonardo paralyse l'Andalousie et fait un mort au Portugal    Ligue 1: Hakimi suspendu pour un match ferme et un avec sursis après son carton rouge à Strasbourg    Le Maroc et l'Espagne sont liés par des relations culturelles enracinées (Ambassadeur d'Espagne au Maroc)    Borj Belkari : Renaissance d'un bastion historique à l'heure contemporaine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Camps de Tindouf : «Réfugiés» malgré eux
Publié dans Barlamane le 02 - 06 - 2022

« Les populations de Tindouf, en Algérie, continuent à endurer les affres de la pauvreté, de la désolation et de la privation et à pâtir de la violation systématique de leurs droits fondamentaux. »
Sa Majesté le roi Mohammed VI, discours du 6 novembre 2015.
Au lendemain des accords de Madrid et de la rétrocession du Sahara au Maroc, plusieurs habitants de Saguia el Hamra et Oued Edahab ont été obligés de quitter leur foyer pour être dirigées vers Tindouf, en Algérie. Certains sont partis sous la menace, d'autres se sont laissé tromper par la propagande algérienne qui a semé la panique dans la population. Le but de l'opération était d'obtenir une communauté destinée à être exhibée comme « réfugiés ». Il fallait montrer aux yeux du monde que la population du Sahara occidental avait préféré l'exil et que le territoire restait à décoloniser. L'afflux de personnes déplacées dans un état de grande détresse et de dénuement total a également servi d'argument pour solliciter l'aide humanitaire internationale.
Des camps singuliers
Les camps de Tindouf présentent des particularités uniques au monde :
* ce sont les seuls « camps de réfugiés » dans lesquels il y a des milices armées, qui vivent au milieu des civils.
* dans lesquels des « prisonniers de guerre » ont été détenus.
* ce sont les seuls « camps de réfugiés » dans lesquels ne s'appliquent pas les lois du pays d'accueil.
* Ce sont les seuls « camps de réfugiés » dans lesquels a été proclamée une « république » qui a été dotée d'« institutions » et où des particuliers arborant des titres officiels mènent des activités « étatiques ».
Mais ce n'est pas l'unique originalité de ces lieux, en violation de toutes les conventions internationales :
* les « réfugiés » n'ont aucune liberté de mouvement, ils ne peuvent pas quitter les camps,
* a fortiori ils ne sont pas autorisés à se déplacer librement sur le territoire algérien, encore moins s'installer dans le lieu de leur choix,
* leurs enfants ne peuvent pas fréquenter les écoles algériennes et
* ils ne peuvent pas s'adresser aux tribunaux algériens.
« Quémandeurs d'aide humanitaire »
« Où sont passées les centaines de millions d'euros accordées sous forme d'aides humanitaires, lesquelles dépassent les 60 millions d'euros par an, sans compter les milliards affectés à l'armement et au soutien de la machine de propagande et de répression utilisée par les séparatistes ? » s'est demandé Sa Majesté le roi Mohammed VI dans le discours du 6 novembre 2015.
Pourquoi, s'est encore interrogé le Souverain, l'Algérie, qui a « dépensé des milliards dans sa croisade militaire et diplomatique contre le Maroc » n'a rien fait pour améliorer les conditions de vie des habitants des camps de Tindouf, sans égards pour leur dignité en les réduisant malgré eux à « l'état de quémandeurs d'aides humanitaires » ?
Silence international
L'ONU, dans le souci de « ménager » l'Algérie, n'insiste pas outre mesure sur la responsabilité de ce pays dans le calvaire des populations des camps de Tindouf. Le Conseil de sécurité reste timoré sur la question de l'enregistrement des « réfugiés ». Le langage utilisé, qui s'était notablement affermi d'année en année, n'a plus évolué depuis 2014. Désormais, la formule rituelle et invariable est : « Demandant à nouveau que l'enregistrement des réfugiés dans les camps de réfugiés de Tindouf soit envisagé, et soulignant qu'il convient de déployer des efforts à ce sujet ».
Depuis 2009, le HCR n'est plus cité dans les résolutions du Conseil au paragraphe de l'enregistrement des « réfugiés » et depuis 2018, la question n'est pas évoquée dans les rapports du Secrétaire général.
Dans Son discours du 15 novembre 2015, Sa Majesté demandait :
« – Comment expliquer la richesse insolente des leaders du séparatisme, qui possèdent des biens immobiliers et disposent de comptes et de fonds en banque, en Europe et en Amérique latine ?
« – Pourquoi l'Algérie n'a rien fait pour améliorer les conditions de vie des habitants des camps de Tindouf estimés tout au plus à 40 mille individus, soit l'équivalent de la population d'un quartier de taille moyenne dans la capitale Alger ? Cela veut dire qu'en quarante ans, elle n'a pas pu ou n'a pas voulu doter ces populations de quelque 6000 logements pour préserver leur dignité ».
Absence de perspectives
Depuis plus de 45 ans, des gens sont victimes d'une exploitation éhontée et indigne au vu et au su de la communauté internationale. Obligés de vivre dans une zone inhospitalière, dans des conditions inhumaines, victimes malgré eux des ambitions démentielles d'un régime sans scrupules, ces « réfugiés » sont privés de leurs droits les plus élémentaires. Jusqu'à l'aide humanitaire internationale qui leur est destinée et qui est détournée par quelques responsables algériens et du polisario.
Dans les camps de Tindouf, contrairement à la propagande du régime algérien, le moral est au plus bas et le désespoir à son comble devant l'absence totale de perspectives. Dans son écrasante majorité, la population des camps aspire à retourner chez elle. Les plus âgés, nostalgiques, rêvent de retrouver leur village, leur quartier, leur environnement familier. Les plus jeunes, nés en Algérie, voudraient enfin connaitre la terre de leurs parents.
En mars 2018, évoquant la situation dans les camps, le Secrétaire général de l'ONU faisait un constat préoccupant sur « l'exaspération de nombreuses personnes, en particulier des femmes et des jeunes, face au manque de perspectives d'un lendemain meilleur ». Il précisait : « Lors d'une visite qu'il a faite au camp de réfugiés d'Auserd, près de Tindouf, mon Envoyé personnel a pris toute la mesure du désarroi et des émotions éprouvés par une population de réfugiés qui continue de subir les conséquences d'un conflit n'ayant que trop duré ».
Le régime algérien et ses miliciens portent la responsabilité pleine et entière de cette situation.
« L'Histoire, a dit Sa Majesté le Roi, jugera ceux qui ont réduit les enfants libres et dignes du Sahara à l'état de quémandeurs d'aides humanitaires. Elle retiendra aussi à leur sujet qu'ils ont exploité le drame d'un groupe parmi les femmes et les enfants du Sahara en faisant d'eux un butin de guerre, un fonds de commerce illégitime et un moyen de lutte diplomatique. »
Pour leur malheur, les « réfugiés » constituent un fonds de commerce vital, une carte précieuse à laquelle le gouvernement algérien et le polisario ne peuvent pas renoncer, sous peine de voir s'écrouler tout leur montage.
En effet, s'il n'y a pas de « réfugiés », il n'y a pas de « peuple ».
Pas de peuple, donc pas de « mouvement de libération » et encore moins de « république ».
Le gouvernement algérien continue à faire la sourde oreille aux appels réitérés qui lui sont régulièrement lancés par la communauté internationale pour que les populations des camps de Tindouf puissent être recensées, comme c'est le cas dans tous les camps de réfugiés.
Le Maroc a toujours demandé la levée du contrôle imposé par les autorités algériennes sur les camps de Tindouf, pour permettre à ceux qui le souhaitent, conformément aux conventions internationales, de rentrer chez eux. Mais le gouvernement algérien refuse d'ouvrir les portes des camps, violant la convention sur le statut des réfugiés de 1951, qui lui impose de permettre aux réfugiés de « choisir leur lieu de résidence et d'y circuler librement ».
L'Algérie refuse de laisser recenser les séquestrés de Tindouf et ne les fait pas bénéficier de leurs droits car cela équivaudrait à valider leur statut de réfugiés, alors qu'Alger veut entretenir le flou sur ce point. Ils sont réfugiés lorsqu'il faut quémander l'aide humanitaire internationale, mais ils sont citoyens d'une pseudo « république » lorsqu'il faut mettre en avant la « rasd » pour les besoins de la propagande algérienne.
Jamais des civils, « réfugiés » malgré eux, n'ont été manipulés de la sorte, instrumentalisés à des fins inavouables et utilisés dans un enjeu qui les dépasse.
(À suivre)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.