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La croissance économique n'a pas bénéficié aux couches démunies, selon Abdelkhalek Touhami
Publié dans Barlamane le 09 - 06 - 2021

L'exploitation des données issues des cinq premières vagues de l'enquête de panel des ménages de l'ONDH (l'Observatoire national du développement humain) entre 2012 et 2019 a montré que le taux de pauvreté absolue a nettement reculé depuis 2001 pour ne représenter que 1,2% en 2019. Quant au taux de pauvreté relative, il est passé de 20,4% à 17,7% entre 2001 et 2019.
Contacté par Barlamane.com/fr, Abdelkhalek Touhami, professeur-chercheur à l'Institut national de statistique et d'économie appliquée (INSEA), indique que «la baisse du taux de la pauvreté absolue a été attendue» en raison des programmes de lutte contre la pauvreté qui ont été mis en place au cours des deux dernières décennies.
Il explique que la pauvreté relative s'établit par comparaison avec le niveau de vie moyen du pays. Il faut ainsi déterminer en premier lieu le revenu médian qui correspond au revenu qui partage la population en deux parties égales. Ainsi, le taux de pauvreté relative est la proportion des individus dont la dépense annuelle moyenne par personne se situe au-dessous de cet indicateur. Selon l'ONDH, ce seuil a été estimé à 14 667,74 dirhams par personne par an en 2019.
Par ailleurs, Abdelkhalek Touhami, professeur-chercheur à l'Institut national de statistique et d'économie appliquée (INSEA), rappelle que «les initiatives lancées par le Maroc pour rajuster son niveau de développement social ont favorisé une baisse importante de la pauvreté. Toutefois, malgré ces résultats encourageants, les inégalités sociales se sont maintenues à un niveau élevé». En effet, «ces programmes ont permis de réduire la pauvreté monétaire, mesurée par l'incidence de la pauvreté, et non les inégalités qui persistent toujours. Il est donc important de trouver de nouvelles solutions, telles que des politiques budgétaires et fiscales adéquates, pour résorber les inégalités (…) la population pauvre au Maroc n'a pas pu bénéficier de la croissance économique qui a été générée au cours des deux dernières décennies».
S'agissant du nouveau modèle de développement (NMD), Abdelkhalek Touhami souligne qu'il mise sur la lutte contre les inégalités sociales et spatiales. Le NMD essaye de recommander des modalités pour résorber les inégalités.
Pour rappel, le HCP a indiqué que l'incidence de la pauvreté a été multipliée par sept pendant le confinement, traduisant les difficultés économiques et sociales que connaissent de nombreux ménages marocains et qui ne peuvent être ignorées plus longtemps. Selon les résultats tirés de l'EPM de l'ONDH, 48,5% de la population marocaine a connu au moins une fois une expérience de pauvreté entre 2012 et 2019. De même, 18,2% des individus ont été, entre 2012 et 2019, en situation de pauvreté chronique (34,4% en milieu rural contre 5,5% en milieu urbain). Quant à la pauvreté transitoire, elle a concerné 30,3% des individus au niveau national (21,9% citadins contre 41 ,3% ruraux). Par ailleurs, l'étude des mouvements à travers le seuil de pauvreté relative entre 2012 et 2019 montre qu'un individu vivant dans un ménage pauvre a 56% de chance de se soustraire de cette situation, tandis que le risque d'entrée en pauvreté d'un individu issu d'un ménage non pauvre est de 13,7%. La probabilité qu'un individu pauvre en 2012 le reste encore en 2019 est de 43,3%.


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