En récompensant d'un Lion d'argent la Libanaise Randa Chahal Sabbag, la Mostra de Venise prime aussi la deuxième chaîne qui a initié une politique de co-productions de films internationaux. Le directeur général de 2M revendique la subjectivité des choix qui font citer le nom de la deuxième chaîne dans les festivals les plus prestigieux dans le monde. La deuxième chaîne fait encore une fois mouche. Ses co-productions de films internationaux sont des paris gagnants. Après sa participation à « Intervention divine », le film d'Elia Suleiman qui a reçu le prix du Jury au Festival de Cannes 2002, 2M fait de nouveau parler d'elle à Venise. Le Lion d'argent a en effet récompensé un film co-produit par cette chaîne. Il s'agit du «Cerf-Volant» de la Libanaise Randa Chahal Sabbag. Cette distinction, qui correspond au deuxième prix le mieux prisé à la Mostra de Venise, confirme les choix justes de la chaîne marocaine en matière de co-productions de films internationaux. Ces choix, surprenants parce qu'ils visent généralement des cinéastes peu connus, ont partie liée avec le goût du directeur général de la deuxième chaîne. Nourredine Saïl ne fait aucun mystère sur le jugement subjectif qui précède la décision d'engager des fonds dans un film. «L'acte de co-produire des films internationaux est totalement subjectif et je le revendique comme tel», précise-t-il à ALM. Nourredine Saïl explique que ce principe fondateur, consubstantiel au jugement esthétique sur une œuvre d'art, ne signifie pas forcément que tout ce qu'il apprécie est bon. «Il se peut que je me trompe dans mes choix, mais ce n'est pas encore arrivé. Et je touche du bois pour que ça dure !» La participation de la deuxième chaîne à des films étrangers est au reste particulièrement défendue par son directeur général. «C'est le complément indiqué pour éviter la forclusion, et elle rapporte de surcroît de l'argent à la chaîne», dit-il. Un film réussi comme «Intervention divine» constitue un placement rentable pour 2M qui perçoit des droits sur ses diffusions à l'étranger. Ce placement est d'autant judicieux qu'il n'est pas onéreux. Il varie entre 700 000 DH et 1 million DH. «Mais il est souvent vital pour la suite d'un film», explique Souad Lamriki, co-productrice de «Mille mois» de Faouzi Bensaïdi. Ce long-métrage franco-marocain, d'un budget de plus de 20 MDH, a bénéficié de l'aide de 2M. Sa productrice marocaine ne tarit pas d'éloges sur la rapidité avec laquelle la deuxième chaîne a répondu à sa demande. Quant à «Cerf-Volant», le film récompensé à Venise, il a de sérieux atouts pour entamer une carrière florissante. Il y est question d'un village libanais coupé en deux après annexion israélienne. Nourredine Saïl ne tient pas à en dire plus sur le scénario : «l'argument n'a aucun intérêt. C'est un film fait d'émotions», affirme-t-il. «Cerf-Volant» n'est pas d'ailleurs l'unique film dont 2M est fondée d'attendre des récompenses dans des festivals prestigieux. Deux longs métrages, confirmant la politique de partenariat international mené par la deuxième chaîne, sont en tournage. Il s'agit de «La Rage au cœur» de Youssef Chahine et «La porte du soleil» de Yousri Nasrallah. Autant de films, qui tout en confirmant les choix justes d'une chaîne de télévision marocaine, font bondir de joie le cœur des Marocains. L'inscription de la deuxième chaîne sur le générique de films internationaux, qui font le tour du monde, est un motif de fierté pour le pays.