Berlin : Abdeljebbar Rachidi et ses homologues africains lancent le Réseau africain sur la solidarité et le handicap    Akhannouch préside une réunion sur la mise en œuvre des peines alternatives    Transformation numérique : l'ACAPS lance le programme "Émergence"    Droits de douane américains : Le Maroc bénéficie d'un taux avantageux    Coopération Chili-Maroc : le président du Sénat chilien plaide pour un agenda commun    CAN U17 : Le Maroc et la Zambie se quittent sur un nul blanc    Propagande algérienne sur le Sahara : La France réitère son soutien à la souveraineté du Maroc    Abdellatif Ouahbi : Les peines alternatives, une étape positive dès août 2025    Le domaine de la Santé, « un vaste champ d'action » de la coopération franco-marocaine    Guerre commerciale : l'UE prépare sa riposte aux taxes américaines    Turquie : Décès de neuf migrants en mer Égée    Fonction publique : le Conseil de gouvernement approuve des propositions de nouvelles nominations    CAN U17 : Les Camerounais dans le rouge, les Sud-africains en standby !    CAN U17 / Zambie-Maroc: Les Chipolopolos et les Lionceaux du coup d'envoi    Achraf Hakimi signe chez Under Armour !    Liga : Feu vert pour Dani Olmo et Pau Victor avec le Barça jusqu'à la fin de la saison    CSEFRS : Passation de pouvoirs entre M. Habib El Malki et Mme Rahma Bourqia    Le Conseil de gouvernement adopte un projet de décret sur le régime de sécurité sociale    Droits de douane de Trump : Entre menaces de riposte et appels au dialogue    Le Conseil de la Concurrence autorise l'acquisition par le Groupe AKDITAL de deux établissements de santé à Laâyoune    Safi : Interception record de16 Tonnes de Chira !    Le Conseil de gouvernement adopte un projet de décret-loi relatif à l'Agence nationale des eaux et forêts    SIEL 2025 : Rabat accueille la 9e semaine de la langue espagnole    Accès aux monuments historiques : Lancement de la 1ère plateforme électronique de vente de tickets    CAN U17/ Programme de la journée    Nasser Bourita reçoit le président du Parlement andin qui a exprimé son appui à l'intégrité territoriale du Maroc    Aid Al-Adha : Coût de la subvention à l'importation d'ovins en 2023-2024 atteint 437 millions de dirhams    Le FMI accorde une nouvelle ligne de crédit flexible de 4,5 milliards de dollars au Maroc    Droits de douane américains : Les Européens « prêts à réagir »    Conjoncture : la croissance de moins en moins sensible aux activités agricoles    La récolte de blé du Maroc en 2025 en dessous de la moyenne malgré les fortes pluies de mars    Le domaine de la Santé, « un vaste champ d'action » de la coopération franco-marocaine    AP-UpM: Rachid Talbi El Alami plaide pour un partenariat équilibré entre le Maroc et l'Europe    Lancement d'une nouvelle version du portail national Maroc.ma dotée d'une interface remaniée    Une subvention de 437 millions de dirhams pour l'importation d'ovins partie en fumée, sans effet notable sur les prix    Classement FIFA: le Maroc fait un bond de deux places    Les Lionnes de l'Atlas s'entraînent avant les matchs contre la Tunisie et le Cameroun    Trump impose de nouveaux tarifs douaniers et distingue les pays amis du reste du monde : 10 % pour le Maroc, 30 % pour l'Algérie et 28 % pour la Tunisie    Nouveaux droits de douane américains : 10 % pour le Maroc, le Golfe et l'Egypte... et 30 % pour l'Algérie    Le Maroc, dans le top 4 des pays au monde où l'IA est utilisée par les cadres    Le Statut de l'artiste : Désormais une réalité pour le Burkina Faso    La Côte d'Ivoire fait son cinéma au Maroc    France. Le célèbre animateur Arthur champion de la lutte contre l'antisémitisme    Francia reafirma apoyo a Marruecos sobre el Sáhara tras diálogo Macron-Tebboune    Understanding the United States' new tariff rate policies    Libye : Un ADN ancien de 7000 ans révèle une lignée de l'Afrique du Nord    Sahel : L'armée malienne répond à l'abattage de son drone Akinci    Festival Mawazine: Will Smith et Kid Cudi en têtes d'affiche    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



De l'urgence d'une véritable réforme
Publié dans Albayane le 19 - 08 - 2024


Ouardirhi Abdelaziz
La santé mentale, voilà un sujet qui apparaît et disparaît au gré du temps, des préoccupations et priorités des différents gouvernements et des différents ministres de la santé, qui jusqu'à ce jour n'ont pas encore réussi à remédier aux différents problèmes qui émaillent la santé mentale.
Il est vrai que des efforts sont consentis, des projets élaborés, mais très peu de réalisations ont pu être réellement concrétisées pour remédier aux nombreuses défaillances et dysfonctionnements que connaît la santé mentale au Maroc. En cause des budgets parfois insignifiants alloués à la santé mentale.
Aujourd'hui, la donne a changé, le Maroc vit actuellement une refonte profonde de son système de santé et de protection sociale, et la santé mentale est reconnue comme un pilier essentiel du bien-être humain et nécessaire pour le développement de la société. Zoom sur la santé mentale entre acquis et perspectives.
Des défaillances et des dysfonctionnements
La Santé mentale a depuis plusieurs années posé de nombreux problèmes aux décideurs et responsables du département de la santé. Il faut dire que les pathologies relevant de la psychiatrie sont très fréquentes au Maroc.
En effet, tous les chiffres concernant les pathologies mentales, nous apprennent qu'un Marocain sur deux présente au moins un signe relevant d'une mauvaise santé mentale. Cela va du simple aux troubles anxieux ou la dépression.
Dire que les maladies psychiatriques et mentales sont nombreuses n'est pas un secret. Nous sommes tous conscients que c'est là une réalité. Les Marocains savent que c'est au niveau de la prise en charge que les choses se compliquent.
Soyons honnête et disons les choses comme elles se présentent et reconnaissons que la prise en charge de la maladie mentale au Maroc reste en dessous des espérances et ne répond pas totalement aux exigences des malades.
C'est un constat que tout un chacun peut aisément faire.
Mais il faut dire, que tout n'est pas à mettre sur le dos du ministère de la Santé. Car cette situation est en partie due à un manque en médecins spécialistes (psychiatres). Ils ne sont pas nombreux, ceux qui s'orientent vers cette spécialité. Même chose en ce qui concerne les infirmiers spécialistes en psychiatrie.
Il y a aussi l'insuffisance, voire le manque de structures adaptées pour réaliser dans de bonnes et saines conditions la prise en charge des patients et à tout cela , il faut ajouter le peu de ressources financières.
Etat des lieux des maladies mentales
Un Marocain sur deux présente au moins un signe relevant d'une mauvaise santé mentale, allant du simple tic nerveux à l'état d'anxiété ou à la dépression.
La santé mentale au Maroc constitue un véritable problème de santé publique, comme l'ont démontré les résultats du ministère de la Santé. Près de 40% des Marocains âgés de plus de 15 ans souffrent de troubles mentaux et psychiatriques, soit 9,6 millions de citoyens. Selon les mêmes statistiques, plus de 26% des Marocains souffrent de dépression au cours de leur vie, 9% de troubles anxieux et 5,6% de troubles mentaux, alors que 1% des Marocains souffrent de schizophrénie.
La dépendance à l'alcool est de 2 %, la dépendance aux substances est de 3 %, soit 2% de la population générale.
Ces résultats montrent de manière très claire que les pathologies psychiatriques sont fréquentes, qu'elles touchent une large partie de la population. Une situation est inquiétante, surtout quant on sait que l'offre de soins concernant la santé psychique et mentale est en deçà des besoins réels de notre population.
Un psychiatre pour 100.000 Habitants
Plusieurs facteurs interviennent dans la situation actuelle de la prise en charge des maladies psychiatriques et mentales.
En premier lieu, les consultations spécialisées de santé mentale au niveau des établissements de soins de santé de base (ESSB) ne sont réalisées qu'au sein d'une centaine d'établissements.
Il y a 34 établissements de santé mentale qui totalisent une capacité litière de 2330 lits, soit une moyenne de 6,64 lits pour 100.000 habitants.
Une réalité qui se traduit sur le terrain par une capacité litière insuffisante pour une population estimée à plus de 40 millions d'habitants. Il y a des régions qui ne disposent pas de structures de prise en charge de la maladie mentale.
Autre indicateur clé concernant les pathologies relevant de la psychiatrie et qui sont très parlant, le secteur souffre d'un manque flagrant de médecins spécialisés.
En effet, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Khalid Ait Taleb, avait lui-même souligné à la Chambre des représentants que le Maroc souffre d'une pénurie sévère de psychiatres. Le secteur compte près de 450 psychiatres, répartis sur les secteurs privé et public, soit un médecin pour 100.000 habitants, alors que l'Organisation mondiale de la santé préconise un taux de couverture de 1,7 médecin pour 100.000 habitants. Les professionnels de santé soignants sont estimés à 1.460 infirmières et infirmiers spécialisés en santé mentale.
Un plan ambitieux pour remédier à la situation
Il faut reconnaitre que face à ce constat, le professeur Ait Taleb, ministre de la Santé et de la protection sociale n'a jamais caché sa préoccupation à l'égard de la situation dans laquelle se trouve la santé mentale, où tout ou presque est à refaire.
Dans ce sens, le département de la santé a élaboré un plan national stratégique multisectoriel pour la santé mentale qui s'étalera sur la période entre 2024 et 2030.
Pour faire face au problème de manque de ressources humaines, il est prévu l'augmentation du nombre des spécialistes des maladies mentales, grâce à la formation chaque année de 30 psychiatres ainsi que 10 pédopsychiatre, de même la formation de près de 200 infirmiers spécialisés dans les soins en psychiatrie.
Ce plan se fixe aussi comme objectif de créer de nouveaux établissements de santé mentale pour la prise en charge de malades souffrant de troubles mentaux.
Tous concernés par la santé mentale
Au-delà de ce constat très peu reluisant dans lequel se trouve la santé mentale, il faut reconnaitre que le financement reste en dessous des besoins. Il n'y a pas de miracle pour améliorer, développer la santé mentale au Maroc, il faut des moyens.
Il faut espérer que l'actuel gouvernement saura trouver les solutions adaptées. En attendant, il faut agir et mettre en place une stratégie pour assurer à tous les malades une benne prise en charge.
Je demeure convaincu qu'avec de la bonne volonté, une implication de tous les décideurs, et responsables, ainsi que les professionnels de santé, on peut réussir à mettre à la disposition de nos citoyens qui présentent des pathologies psychiatriques et mentales, des services ou l'humanisation des soins est une réalité vécue au quotidien, des espaces de vie où le malade est pris en charge par des équipes qui ont à cœur la santé des citoyens .
La santé mentale est reconnue comme un pilier essentiel du bien-être humain et nécessaire pour le développement de la société. Le Maroc vit actuellement une refonte profonde de son système de santé et de protection sociale.
En conclusion, il est utile de rappeler ici ce que la santé mentale, mais aussi les facteurs qui l'influencent.
La santé mentale correspond à un état de bien-être mental qui nous permet de faire face aux sources de stress de la vie, de réaliser notre potentiel, de bien apprendre et de bien travailler, et de contribuer à la vie au sein de sa famille, de son milieu de travail, cercle d'amis entre autres. Elle a une valeur en soi et en tant que facteur favorable, et fait partie intégrante de notre bien-être.
Divers facteurs personnels, familiaux, sociaux et structurels influencent notre santé mentale à chaque instant, et peuvent aussi bien la protéger que la compromettre. Bien que la plupart des gens soient résilients, être confronté à des circonstances difficiles, telles que la pauvreté, la violence, le handicap ou les inégalités, la stigmatisation, augmente le risque de développer un problème de santé mentale.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.