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Survol des Constats et Réflexion sur les Recommandations
Publié dans Albayane le 17 - 02 - 2022

Le Rapport National PISA-2018 produit par l'INE-CSEFRS :
Dr. Abdelali Kaaouachi
Récemment, l'INE relevant du CSEFRS a publié le Rapport National PISA-2018. Les résultats de l'étude ont été présenté lors d'un atelier à distance organisé le 09 février 2022, avec le support de l'Agence Millennium Challenge Account-Morocco (MCA-Morocco) et l'appui technique de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE).
En fournissant de vastes bases de données contenant divers types de variables (performances des élèves, contexte scolaire, environnement familial), l'enquête PISA produit un impact notable sur l'orientation des politiques éducatives et sur le développement de la recherche en éducation. Dans ce sens, l'effort d'élaboration d'un rapport national sur PISA-2018 par l'INE-CSEFRS est une action louable et ne pourra que lancer des débats sérieux et fructueux sur des assises bien fondées relatives à plusieurs questions de la chose éducative.
Afin de participer au débat national sur la performance scolaire des élèves, nous proposons un feedback constructif sur le rapport en survolant ses principaux constats et en explorant ses importantes recommandations, ainsi qu'en exposant notre propre réflexion sur les solutions permettant d'atteindre la finalité d'amélioration de la qualité des apprentissages.
Champs et portée scientifique du Rapport National PISA-2018
Le Rapport National PISA-2018 présente les résultats déjà publiés à la fin de l'année 2019 dans le cadre de l'enquête PISA-2018. La particularité de ce rapport réside en le fait qu'il met en comparaison les résultats du Maroc avec ceux d'autres pays, notamment des pays considérés comme émergents, des pays à revenu moyen, et des pays relevant de la région MENA. Une autre spécificité du rapport concerne la lecture et l'interprétation des résultats à la lumière des chiffres et constats nationaux, récemment établis.
Le corps du rapport s'articule autour de six parties : les cinq premières parties présentent les résultats sur les performances pour les trois domaines cognitifs (à savoir, la compréhension de l'écrit, les mathématiques et les sciences) et sur une variété d'indicateurs du contexte scolaire et familial des élèves. La sixième partie détaille les principaux constats avec une mise en parallèle d'une série de recommandations.
Dans l'ensemble, le rapport est scientifiquement bon et constituera inévitablement une plateforme de débats et de discussions pour produire des réflexions profondes sur l'école marocaine. Un travail d'extension s'impose pour avoir une investigation la plus complète possible sur le sujet d'étude. Ainsi, il est intéressant d'élargir le spectre de benchmarking des résultats du Maroc avec ceux de tous les pays participants à l'enquête, ou au moins de détailler et d'analyser les caractéristiques des systèmes éducatifs les plus formants et en faire des projections sur les possibilités de leur application dans le contexte marocain. Aussi, il est utile d'établir les résultats sur la performance et sur les indicateurs du contexte scolaire et familial selon les diverses régions du Maroc, voire même selon les provinces. C'est vraiment une chirurgie locale qui pourra dévoiler les renseignements les plus pointus aux niveaux méso et micro. De plus, il est intéressant d'utiliser une modélisation statistique, notamment de type régression multiniveau, et des décompositions statistiques, notamment de type Oaxaca, pour modéliser et décomposer la performance scolaire et chercher les variables contextuelles déterminantes. Enfin, il est essentiel de réduire la nature parfois généralisée des recommandations du rapport afin de constituer un socle de solutions opérationnelles clés en main au service de la réussite de l'école.
Commentaires expliquant les constats du rapport et suggestions renforçant ses recommandations
* Inclusion du système éducatif :
Le système éducatif marocain n'est pas inclusif donc il n'est pas équitable. Cela réside au fait que 36% des jeunes de 15 ans ne sont pas représentés par les élèves échantillonnés car ils ont quitté l'école (problème d'abandon à cause des facteurs socio-économiques et culturels) ou ils sont encore dans le primaire (problème de redoublement).
Rapide et clair, le Maroc ne va pas bénéficier de cette part importante de citoyens qui ne disposent pas de qualifications permettant leur participation dans les actions de développement. Pire encore, ils vont bloquer la conduite de ces actions dans le futur. Ce constat dur et amer montre que le volume du capital humain n'est pas (et ne sera pas) dans un niveau élevé pour affronter les défis d'aujourd'hui et de demain.
Il faut absolument bannir le redoublement, particulièrement dans le primaire et dans les deux premières années du collégial, et favoriser le passage automatique en responsabilisant l'école d'appliquer les meilleures formes d'évaluation, avec un recours intensif à l'évaluation formative. Pour chaque année du préscolaire et du cycle primaire, le niveau de performance des élèves est défini sur une échelle de cinq niveaux : A (meilleur), B (bon), C (moyen), D (insuffisant), E (faible). Les élèves des deux niveaux D et E devront avoir des soutiens individualisés. On accordera l'autonomie aux établissements pour gérer l'évaluation et le soutien scolaire.
Aussi, il faut se pencher à la rétention des élèves dans le cursus scolaire via un travail de sensibilisation et de renforcement des politiques existantes d'appui social destiné aux élèves désavantagés, notamment à travers l'offre d'une multitude de services.
* Performance des élèves marocains :
L'INE a rappelé le constat d'une faiblesse de performances générale. Les scores moyens sont les suivants : 359 en compréhension de l'écrit, 368 en mathématiques et 377 en sciences.
La performance varie selon plusieurs groupes. Elle est supérieure chez les élèves avantagés sur le plan socio-économique comparativement à ceux désavantagés. La performance élevée est aussi une particularité des élèves non redoublants, des élèves issus du milieu urbain, des élèves du secteur privé, et des élèves de sexe féminin.
Les écarts varient dans ces groupes. Mais, l'écart le plus étendu est celui lié au redoublement. Plus précisément, ceux ayant redoublé au moins une fois durant leur cursus scolaire (leur part dans l'enquête est 49% contre 11% dans les pays de l'OCDE) performent nettement moins que leurs pairs qui n'ont jamais redoublé. L'écart est très prononcé entre les deux groupes : 82 points en compréhension de l'écrit, 76 points en mathématiques et 72 points en sciences.
Arrivant à ce point, il est force de conclure que le redoublement pèse lourd sur deux aspects : le premier est signalé auparavant (il rend le système non inclusive), le second (il diminue la performance). Le recours au bannissement du redoublement est justifié encore une fois.
* Une performance limitée et quasi homogène :
Une performance faible et très limitée des élèves marocains. Seuls 27% des élèves ont atteint le niveau minimum de compétences en compréhension de l'écrit. Aussi, seuls 24% de ces élèves le sont en mathématiques. Enfin, seuls 31% de ces élèves le sont en sciences.
Par ailleurs, la variation des scores est moins dispersée puisque les écarts-type pour les trois domaines cognitifs, la compréhension de l'écrit, les mathématiques et les sciences sont respectivement 75, 76 et 67. Cela indique une sorte d'homogénéité de la performance entre les élèves et que leurs résultats ne varient pas beaucoup. Donc pas trop de différences dans la performance entre les élèves des cinq niveaux scolaires (7ème, 8ème, 9ème, 10ème, 11ème). Le cursus est limité en termes de consolidation et de renforcement des compétences ; il n'offre pas des acquisitions cognitives plus importantes.
Le rapport recommande une analyse détaillée des curricula, des programmes et des pratiques pédagogiques. Mesure assez générale mais le spécifique doit s'orienter vers l'éducation aux valeurs et aux pratiques de bons sens. Dans ce sens, une pratique simple à inculquer chez les élèves, dès la petite enfance, générera des gains énormes et de plusieurs ordres. Comme par exemple, « sensibiliser à limiter la consommation du sucre et du pain » aura des répercussions positives à la fois économiques et sanitaires, aux échelles des individus et de l'Etat.
Autre chose, le spécifique doit s'orienter vers les softs skills générales (collaboration, communication, motivation, ambition, confiance en soi, organisation, respect d'autrui, etc.), et cela dès la petite enfance. Pour laisser les softs skills spécifiques et assez développées en attache avec les disciplines (esprit de résolution des problèmes, pensée critique, esprit de créativité, leadership, prise de décision, etc.). Au passage, il est à défendre que le développement des softs skills se fait dans l'enseignement scolaire et non pas dans l'enseignement supérieur. Ce dernier, doit préparer les jeunes aux spécialités et aux disciplines.
Aussi, le spécifique doit être orienté vers les savoirs fondamentaux, notamment dans le préscolaire et dans les deux premières années du primaire, à savoir la lecture, l'écriture, le calcul et le numérique.
D'un autre côté, il est fondamental d'établir un plan de formation à l'excellence du premier décile des élèves performants, en vue d'assurer une masse des élites pour le Maroc de demain. Aussi, une nouvelle organisation du curricula collégial s'impose en termes de connaissances et de compétences qui permettent des acquisitions cognitives croissantes durant les années de scolarisation.
* Ressources matérielles et humaines :
Le rapport décrit le manque de ressources ainsi que leur inadéquation et leur mauvaise qualité. Ces ressources concernent l'infrastructure, le matériel pédagogique et numérique, les qualifications des enseignants et du personnel administratif.
Ainsi, le manque de matériel pédagogique est justifié par la faible part 31% contre 72% dans les pays de l'OCDE ; son inadéquation ou sa mauvaise qualité est de 36% contre 75% dans les pays de l'OCDE.
Le manque du personnel auxiliaire est aussi observé puisque 46% des élèves sont dans des établissements affectés par ce problème contre 8% dans les pays de l'OCDE. A cela s'ajoutent le problème de l'insuffisance des conseillers d'orientation en nombre et en activité ainsi que le problème d'inadéquation ou de peu de qualification des ressources humaines.
Des recommandations ont été formulées à ce niveau comme l'équipement des établissements en matériels et en outils numériques, et la formation à l'utilisation de ces équipements.
L'intérêt est aussi capital dans la formation et le recrutement du personnel auxiliaire et des conseillers d'orientation. Ils peuvent constituer avec les autres acteurs (enseignants et administratifs) des commandos pour vaincre le redoublement.
* Formation initiale et continue des enseignants :
Le rapport pointe de doigt la qualification des enseignants relative à trois aspects, à savoir le niveau d'éducation (10% des enseignants disposent d'un master), la formation initiale (65% des enseignants disposent des certificats d'accès au métier de l'enseignement), la formation continue (29% des enseignants ont participé à des programmes de développement professionnel).
Les recommandations proposées visent le rehaussement du niveau de qualification des enseignants. Elles portent sur les critères de sélection des enseignants et des formateurs, les durées et les contenus des formations, les modes des formations (présentiel, distantiel), le leadership, les mécanismes d'incitation et de motivation des enseignants.
Un travail colossal doit être mis au point pour régler toutes ces questions, en particulier la révision des statuts des enseignants qui est une question centrale. Le fondamental est de lier la promotion au mérite.
* Comportement des élèves :
Le comportement d'une part non négligeable des élèves est mauvais : retard, absence et manque de discipline. Cela répercute sur le temps d'enseignement, et en corollaire sur la performance. Ainsi, par exemple, il y a une relation négative entre l'absentéisme et la performance (14 points d'écart en compréhension de l'écrit et en sciences, 19 points d'écart en mathématiques). En parallèle, l'absentéisme émane aussi de certains enseignants.
Les recommandations proposées visent à réduire le niveau de désengagement des élèves à l'égard de l'école. Elles portent sur la collaboration entre les acteurs de l'école, les pratiques de la pédagogie différentiée et de la pédagogie active, les conditions de travail et la qualité de l'environnement.
* Harcèlement des élèves :
Il existe plusieurs formes d'harcèlement qui prévalent dans l'école marocaine, à savoir le verbal, le physique et le relationnel. L'enquête PISA montre qu'une part importante des élèves (44%) était victime du harcèlement au moins une fois par mois (contre 30% en moyenne dans les pays de l'OCDE).
Le harcèlement est négativement lié à la performance. 43 points d'écart en compréhension de l'écrit entre le score moyen des élèves plus exposés au harcèlement et celui des élèves moins exposés au harcèlement. C'est la même image pour les deux autres domaines (30 points d'écart en mathématiques et 31 points d'écart en sciences).
Les recommandations du rapport sont assez multiples sur la question du harcèlement : sensibilisation des élèves à la question des droits et des devoirs en renforçant l'éducation aux valeurs civiques et éthiques dès la petite enfance ; appel à l'adhésion des représentants des élèves dans les conseils de gestion et à la création des centres d'écoute dans les établissements ; la collecte des données sur les caractéristiques de élèves ; appel à la promotion des activités extrascolaires.
* Implication des parents :
La participation des parents est acceptable dans des activités liées à la gestion de l'école et dans des activités de volontariat pour des tâches manuelles ou des activités parascolaires (les pourcentages sont 34% et 24% respectivement pour les deux types d'activités, contre 17% et 12% dans les pays de l'OCDE).
Cependant leur implication pour discuter le progrès de leurs enfants est faible. Ainsi, le pourcentage des parents qui discutent des progrès de leurs enfants avec un enseignant est de 28% contre 57% pour les pays de l'OCDE (sur l'initiative de l'enseignant). Celui, sur leur initiative, est de 25% contre 41% pour les pays de l'OCDE.
Les recommandations proposées visent instaurer une parentale positive. Elles portent sur les moyens d'information sur la situation scolaire des élèves et la création des réseaux d'associations d'entraide des familles pour accéder aux services de conseil.
Des orientations transversales : la nécessité d'introduire une nouvelle génération de réformes
L'ensemble des mesures préconisées par le Rapport National PISA-2018 sont auparavant formulées dans les réformes qu'avait subi le système d'éducation et de formation depuis l'année de lancement de la Charte nationale d'éducation et de formation. Elles sont très utiles malgré l'aspect général de certaines d'entre elles. Le Ministère de tutelle a la responsabilité de chercher des solutions pragmatiques, opérationnelles et efficaces pour régler les dysfonctionnements.
L'élaboration d'une nouvelle génération de réformes du système éducatif s'avère incontournable. Entre autres, il est nécessaire de proposer deux orientations à caractère transversal, novatrice et d'envergure :
* Préparer l'autonomie des établissements dans le moyen terme, et cela dans le cadre de la régionalisation avancé. Cette autonomie devra être liée à la gestion des ressources humaines, à la pédagogique, à l'évaluation et à la gestion financière. C'est une caractéristique des établissements du secteur privé qui ont montré une réussite indiscutable. Mais aussi, c'est une caractéristique partagée des systèmes éducatifs les plus performants au monde. Dans le cours terme, l'autonomie de l'évaluation et l'appui scolaire pourra être accordée aux établissements pour gérer le passage automatique des élèves dans le primaire. Bien sûr, l'octroi de l'autonomie sera mis en parallèle avec la responsabilisation et la redevabilité. C'est un pari fondamental qui va changer tout.
* Mettre les établissements en concurrence à travers le développement et la mise en place d'un système de labélisation qualité. Cela ne peut que tirer le système vers le haut. Le label qualité s'octroie à travers l'atteinte d'un minimum de hauts standards et l'adoption de bonnes pratiques. L'Etat pourra bien affecter des financements supplémentaires aux établissements labélisés qualité en leur accordant l'autonomie de gestion des fonds pour donner des primes de fonctions ou financer les diverses activités scolaires et parascolaires.
Conclusion :
Globalement, le Rapport National PISA-2018 produit par l'INE-CSEFRS est scientifiquement bon et pourra être soumis à un travail d'extension pour étudier d'autres aspects sur le sujet de l'étude. Un travail purement descriptif a été établi via des analyses univariées et bivariées. Ce travail d'exploration des bases de données de l'enquête PISA-2018 n'est pas complétement achevé. Il incombe aux chercheurs en éducation d'approfondir ces bases de données et de trouver des relations qui existent entre la performance et les variables contextuelles. Des analyses secondaires des données PISA peuvent être effectuées en utilisant différentes méthodologies, comme l'analyse de régression multiniveaux qui tient en compte à la fois de la variabilité au niveau des élèves et des écoles, la modélisation par les équations structurelles ou par l'analyse de la covariance (ANCOVA), les algorithmes du big data comme ceux de fouille de flots de données. C'est la mission du chercheur.
En parallèle, il est essentiel de proposer aux décideurs un style de travail stratégique qui se base sur la production des rapports commandités par le ministère de tutelle auprès des experts nationaux, indépendants et reconnus. Plusieurs sujets sont à explorer en profondeur afin de produire des orientations stratégiques efficaces qui tiennent compte des spécificités du contexte national et qui s'alignent avec les dispositions de la Loi Cadre 51-17. Parmi les sujets, il y a : (i) Politiques et mécanismes d'évaluation pouvant bannir le redoublement ; (ii) Développement et mise en place d'un système de labélisation qualité des établissements de l'enseignement scolaire ; (iii) Autonomie et redevabilité des établissements de l'enseignement scolaire ; (iv) Curricula, programmes scolaires et pratiques pédagogiques ; (v) Politiques et mécanismes de soutien scolaire ; (vi) Métiers de l'enseignement (formation, statut), etc. Pour ne donner que quelques titres correspondants aux constats et recommandations de cet article.
Une dynamique de recherche et de consulting sur les problématiques éducatives qui va, sans aucun doute, participer à la renaissance éducative marocaine.


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