La Protection civile au Maroc célèbre la Journée mondiale de la protection civile sous le thème : la gestion des risques environnementaux pour un avenir durable    Addoha acelera su rentabilidad y refuerza su visibilidad para 2026    Qatar : 16 blessés et des dégâts matériels limités depuis le début de l'attaque iranienne (officiel)    Nicolás Maduro arrêté, Ali Khamenei mort... le tour viendra-t-il à Abdelmadjid Tebboune, Saïd Chengriha et Brahim Ghali ?    Botola Pro D1 : résultats et suite du programme de la 14è journée    Depuis la Turquie, Munir El Haddadi rassure sur son sort    Addoha accélère sa rentabilité et renforce sa visibilité pour 2026    Naufrage d'un navire panaméen au large des côtes de Laâyoune    Preocupación en Marruecos ante la escalada estadounidense-israelí contra Irán    King Mohammed VI: The Security and Stability of Gulf States Are an Integral Part of Morocco's Security and Stability    L'UE condamne les attaques iraniennes au Moyen-Orient    Iran : les Gardiens promettent "l'offensive la plus féroce de l'Histoire" contre Israël et les USA    Les Emirats visés par 137 missiles et 209 drones tirés par l'Iran    Alerte météo : chutes de neige de mardi à jeudi dans plusieurs régions    Tanger : Les autorités interdisent une manifestation pro-Palestine    Inquiétude au Maroc face à l'escalade américano-israélienne contre l'Iran    L'armée algérienne annonce la mort de deux Marocains à Beni Ounif    Algerian army kills two Moroccans near Figuig    Mohammed Al-Taflati : Le savant marocain devenu le mufti d'Al-Qods    Morocco's Ghizlane Chebbak leads experienced squad for AFCON 2026 at home    Sénégal : entre accusations dans la rue et demande officielle de grâce royale    Zakaria El Ouahdi au PSG : rumeur crédible ou simple observation de marché ?    WAFCON 2026 : report stratégique ou simple contrainte organisationnelle ?    CAN 2026 femenina: Ghizlane Chebbak al mando de una selección «experimentada»    Les députés britanniques proches du Polisario intensifient leurs actions parlementaires    Le Roi, Amir Al Mouminine, se recueille sur la tombe de Feu Mohammed V    OCP : chiffre d'affaires en hausse de 17% en 2025    Diaspo #429 : Youness Bouchida, l'audace et l'initiative pour le Made in Morocco    Appel téléphonique entre le Roi et l'Emir du Qatar    Roi Mohammed VI : la sécurité des pays du Golfe, partie intégrante de la sécurité du Maroc    La FM6SS et AstraZeneca renforcent leur collaboration pour faire progresser la prise en charge des maladies rares au Maroc    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    ADM améliore son chiffre d'affaires consolidé de 20 % en 2025    Maroc : près de 12 milliards de DH de recettes touristiques en janvier    Auto Hall : un chiffre d'affaires consolidé de plus de 5,9 MMDH en 2025    Mondial 2026 : la FIFA va envoyer une mission pour évaluer la sécurité au Mexique    Royal Air Maroc annule des vols en raison de la fermeture de l'espace aérien au Moyen-Orient    Le temps qu'il fera ce samedi 28 février 2026    Fès lauréate du 6è Mayors Challenge    Sport, sécurité narrative et recomposition géopolitique en Afrique : le Maroc face à la guerre des récits    Bamako. La Biennale fait rayonner la photographie africaine    La visite de Friedrich Merz à Pékin ouvre une nouvelle phase des relations sino-allemandes et réaffirme l'attachement au multilatéralisme    Food Bladi, une immersion dans la gastronomie marocaine sur Medi1 TV    Christophe Leribault, nouveau président du musée du Louvre    L'Université Mohammed VI Polytechnique rejoint le réseau mondial APSIA    Nostalgia Lovers Festival revient pour une troisième édition au Vélodrome de Casablanca    Agadir mise sur la culture pour rythmer les Nuits du Ramadan    Guerlain dévoile Terracotta Golden Dunes, inspiré par le désert du Maroc    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Histoire : Marrakech, ancien lieu d'embuscade, «terre de Dieu» ou «sanctuaire d'Allah» ?
Publié dans Yabiladi le 29 - 08 - 2019

Construite en 1070 par les Almoravides, capitale du Maroc durant plusieurs siècles et bijou touristique du royaume contemporain, la cité ocre a divisé, au fil des siècles, les historiens quant à l'explication de son nom. Contre ceux qui déclarent que Marrakech signifie «va-t'en vite», d'autres affirment qu'il signifierait «Terre de Dieu» ou encore «Sanctuaire d'Allah».
Au pied des montagnes de l'Atlas, les Almoravides choisissaient, en 1070, un endroit précis pour construire leur capitale. Marrakech deviendra, par la suite une cité impériale, servant de capitale pour plusieurs dynasties ayant régné sur le Maroc, détrônant même et à plusieurs occasions la ville millénaire de Fès. C'est aussi au fil des siècles que la ville donnera son nom au Maroc.
Mais si le rayonnement de la cité ocre justifiera son choix en tant que capitale, la signification de ce nom a longtemps été au cœur du débat. Plusieurs historiens avaient ainsi tenté de déchiffrer le nom de Marrakech, mais plusieurs versions de l'histoire existent jusqu'à nos jours. Si certains pensent que le nom de la ville est une invitation à accélérer les pas pour s'éloigner d'un endroit dangereux, d'autres le traduisent en amazigh pour y donner une autre explication.
Pour la première thèse, enseignée même dans les manuels scolaires au Maroc, Marrakech veut dire «va-t'en vite». «Le sens de ce nom dans la langue des Masmouda, aurait été ''va-t'en vite'' car l'endroit où s'élève aujourd'hui Marrakech était un lieu d'embuscade pour les brigands et ceux qui y passaient disaient ces mots à leurs compagnons de route», rapporte Gaston Deverdun dans «Marrakech, des origines à 1912» (Editions techniques nord-africaines, 1959).
Une version soutenue par le livre éponyme «Kitab al-Istiqsa li-Akhbar duwwal al-Maghrib al-Aqsa» d'Ahmad ibn Khalid al-Nasiri. Celui-ci raconte aussi que l'endroit, appartenant à des hommes originaires de Masmouda a été «acheté par Youssef Ibn Tachfine».
Face à cette explication, une autre tout aussi invérifiable mais largement relayée par plusieurs historiens. Ainsi, dans «African Foreign Policy and Diplomacy from Antiquity to the 21st Century» (Editions ABC-CLIO, 2010), Daniel Don Nanjira n'est pas du même avis que Gaston Deverdun ou Ahmad ibn Khalid al-Nasiri. Rappelant que «le Maroc est le nom latinisé du latin médiéval "Moroch", qui renvoie au nom de l'ancienne capitale Almoravide et Almohade Marrakech», il affirme que «Marrakech est dérivé du mot berbère "Mur-Akush"». Pour lui, ce nom signifie «Terre de Dieu» en amazigh.
La qoubba el-Baadiyn ou almoravide a été construite par Ali Ibn Youssef en 1117. / Ph. DR
Marrakech, «Terre de Dieu» ou «sanctuaire d'Allah» ?
Du même avis, Frederick William Dame déclare, dans «The Muslim Discovery of America» (Editions Books on Demand, 2013), que «les étymologistes affirment que ce mot est très probablement dérivé de deux mots berbères : Amur, (ta)murt signifiant terre ou sanctuaire, et Akuc (Akush), signifiant Dieu».
«Ainsi, Mur Akush signifie terre de Dieu ou sanctuaire de Dieu, mais ne signifie pas terre d'Allah ni sanctuaire d'Allah. Le Maroc en latin médiéval est Morroch, qui vient de la langue berbère. En tant que tel, il n'a pas d'origine arabo-islamique.»
Frederick William Dame
L'écrivain Kevin Shillington précise toutefois, dans «Encyclopedia of African History» (Editions Routledge, 2013), que la ville ocre a été construite «sur ordre d'Abou Bakr Ibn Umar» et «réalisée par Youssef Ibn Tachfin, le conquérant Almoravide du Maroc et de l'Espagne». Il considère aussi que «la date de la fondation de Marrakech est discutable» bien que la plupart des érudits «s'accordent à la situer vers 1070».
Comme ses trois collègues, l'écrivain Brahim Benyoucef considère, dans un article de «l'Observatoire Espace & Société», que les Almoravides «succombèrent vite devant le charme» du site situé «entre le monde du désert et celui de l'Atlas, y fondèrent en 1062 (454h) Marrakech, ou terre de Dieu, (Mour, étant terre en tamazight, et, Akouche, Dieu)».
Toutefois, Ahmed Khaldi, auteur d'«Al Modon Wal Athar Al Isslamita fil Aalam» rapporte une autre explication du nom de Marrakech. Il assure, en effet, qu'il signifierait «muraille de pierre», «ville de pierre» ou encore «base fortifiée». «L'endroit était proche d'habitations de deux tribus de Masmouda, à savoir les Ourikas et les Ait Illan qui rivalisaient pour que la nouvelle capitale soit construite sur leurs terres», précise-t-il.
Les remparts de Marrakech ont aussi été construits par les Almoravides. / Ph. DR
Plusieurs renaissances d'une ville millénaire
Mais si Marrakech était, pendant plusieurs siècles, la capitale du royaume chérifien, son rayonnement s'est fait au détriment d'une autre ville. A en croire Kevin Shillington, Marrakech a rejoint une ville antérieure, Aghmat, située dans le mont de l'Ourika, dans le Haut Atlas. «Capitale berbère, Aghmat a probablement été fondée vers 704 dans le cadre de la révolte kharijite qui a balayé la première histoire de l'islam au Maroc, mais était devenue fermement soudée au tissu politique marocain, largement tributaire du pouvoir de Fès», raconte-t-il.
«Au fur et à mesure que Marrakech grandissait, Aghmat s'éclipsait et Fès et Sijilmassa, les plus grandes villes du Maroc à ce jour, eurent une nouvelle rivale, située stratégiquement pour permettre de bien régner.»
Kevin Shillington
Et c'est sous le règne d'Ali Ben Youssef que la cité ocre «commença à s'épanouir», devenant une «sorte de Bagdad occidentale».
Toutefois, vers 1147, la capitale almoravide est attaquée par les Almohades qui «conquièrent la ville, saccagent et détruisent de nombreuses structures almoravides et en re-sanctifient d'autres à leur usage». C'est aussi durant l'ère des Saadiens et des Alaouites que la ville connaîtra plusieurs relifting rythmés par les changements du pouvoir en place.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.