Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc, nommé à la tête de l'AFD    Congrès US : le soutien au projet de loi visant à classer le polisario organisation terroriste s'élargit    La rapporteuse spéciale de l'ONU sur la torture attendue à Rabat et Laayoune    Alger : participation en baisse au «forum diplomatique» de soutien au Polisario    Sommet mondial du nucléaire: Akhannouch met en avant la stratégie énergétique du Maroc    Solaire. BANK OF AFRICA s'implique dans un projet de 240 MW au Maroc    Maroc : Cash Plus améliore le paiement mobile avec le QR Code    Pétrole: Les membres de l'AIE mobilisent 400 millions de barils de leurs réserves d'urgence    Label RSE de la CGEM La liste des entreprises distinguées s'allonge    Bourse de Casablanca : clôture dans le vert    Afrique. L'IA pour stimuler l'industrialisation    Services marchands non financiers: 36% des patrons anticipent une hausse de l'activité    L'UE adopte de nouvelles sanctions contre 19 responsables et entités iraniens    L'Élysée mise sur Christophe Lecourtier pour diriger l'AFD    Football congolais : le président de la FECOFOOT condamné à perpétuité    GASPI : Afrique et Golfe main dans la main    Pourquoi les gouvernements qualifient-ils les mouvements de liberté de « terroristes » ?    Maroc : Les supporters sénégalais repasseront devant la justice le 16 mars    La justice néerlandaise blanchit un ancien employé des accusations d'espionnage pour le Maroc    Football : Nayef Aguerd va subir une opération des aducteurs    Le Maroc et l'Espagne se disputent la pépite du Real Madrid Thiago Pitarch    L'Iran annonce son retrait de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis    Le Stade Prince Moulay Abdellah élu « Meilleur du Monde 2025» selon StadiumDB    Ligue des champions : quatre affiches au programme ce mercredi    Stade Rennais : Yassir Zabiri en quête de repères avec le Mondial 2026 dans un coin de la tête    Marruecos y España se disputan la joya del Real Madrid Thiago Pitarch    Arrestation de six individus pour violences liées au sport à Casablanca    Accidente mortal de policías cerca de Sidi Ifni: el conductor condenado a cuatro meses de prisión    Le Chef du gouvernement préside une réunion pour le suivi de la mise en œuvre de la réforme du système de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation    La Côte d'Ivoire investi dans le capital humain    Renforcer le rapprochement des civilisations au cœur de la rencontre entre l'ambassadrice de Chine et le directeur de l'ICESCO    Remise à Rabat des premiers labels «Musée du Maroc»    La pièce « Le porteur d'histoire » primée aux Molières arrive au Maroc    Vente de vêtements traditionnels : dynamique accélérée en fin de ramadan    Stuttgart veut lever l'option d'achat de Bilal El Khannouss    Gessime Yassine, la nouvelle pépite marocaine qui séduit l'Europe    Un nouvel espoir pour les patients... Des scientifiques chinois développent une technologie qui renforce l'immunothérapie contre la leucémie    Marrakech: À l'Ecole Royale de l'Air, des femmes officiers et étudiantes célèbrent l'excellence et le service à la Nation    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    Trump menace l'Iran de "conséquences militaires sans précédent" si Téhéran mine le détroit d'Ormuz    Nasser Bourita s'entretient à Paris avec le ministre français des AE    Dix membres du Congrès poussent vers la désignation du Polisario comme organisation terroriste    Ayra Starr signe son retour avec « Where Do We Go »    Ethiopie. Le livre de Abiy Ahmed devient une bibliothèque pour le public    Akhannouch représente le Roi au 2è Sommet international sur l'énergie nucléaire à Paris    Le Maroc sous les projecteurs avec l'émission «Voyage Voyage» sur France Télévisions    Interdiction d'une fresque à Tanger : quand l'art s'arrête face aux autorités locales    Après le changement de direction, l'IMA présente sa nouvelle offre éditoriale    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Espagne : Le blues des migrantes
Publié dans Yabiladi le 08 - 10 - 2018

Un rapport de la fédération espagnole Red Acoge évoque la grande fragilité psychologique des femmes migrantes. Pour beaucoup, leur santé mentale est inquiétante.
Comme le héros grec Ulysse, éreinté par ses périples et par les innombrables tribulations qui les ont jalonnés, les ressources psychologiques des migrants sont mises à rudes épreuves. En l'occurrence, les femmes, contrairement à Pénélope, fidèle épouse du protagoniste odysséen restée à Ithaque, s'embarquent elles aussi dans l'aventure migratoire.
A l'occasion de la Journée mondiale pour le travail décent, qui se tient chaque année le 7 octobre, Red Acoge, une fédération de 18 ONG espagnoles de défense des migrants et des demandeurs d'asile, est revenue sur la problématique de la santé mentale des femmes migrantes, dans un rapport consacré à l'immigration féminine en Espagne.
C'est ainsi que le document évoque le syndrome d'Ulysse, ou «syndrome de stress chronique et multiple du migrant». Il recouvre un ensemble de symptômes dépressifs, anxieux, dissociatifs et somatoformes résultant d'une exposition à des niveaux de stress extrêmes propres au processus de migration moderne. Plutôt qu'un trouble mental, ce syndrome est une réaction naturelle aux niveaux de stress toxiques observés chez les migrants dont la santé mentale est habituellement jugée normale.
L'échec en dépit des sacrifices
Nombreux sont les facteurs de stress qui peuvent affecter ces personnes et leur bien-être psychique, émotionnel et cognitif. «La combinaison de la solitude, de la sensation d'échec du projet migratoire, du manque et de la peur sont les fondements psychologiques et psychosociaux du syndrome de stress chronique et multiple chez le migrant», souligne le rapport.
Le sentiment de solitude est ressenti par 51% des 72 femmes migrantes sollicitées dans le cadre du rapport de Red Acoge – toutes en situation régulière. La séparation avec la famille est l'un des éléments les plus influents, notamment lorsqu'il s'agit d'un éloignement des enfants ou d'un membre en situation de dépendance par rapport à la migrante, pouvant ainsi générer ou alourdir un sentiment de culpabilité. De plus, la précarité économique et sociale dans laquelle elles sont confinées à leur arrivée, souvent pendant de longs mois, réduit la possibilité de faire venir leurs familles et allonge la durée de séparation.
Signe qu'un regroupement familial est difficilement envisageable, leur capacité à subvenir à leurs seuls besoins fondamentaux, en l'occurrence l'alimentation et le logement, est grandement compromise. Pour un quart des femmes interrogées (15%), l'insuffisance alimentaire est un facteur important dans la dégradation de leur état psychologique, entraînant fatigue intense et céphalées. En revanche, les situations de surpeuplement et d'entassement, auxquelles sont régulièrement confrontés les migrants, n'ont pas été observées chez les répondantes. Le ratio de personnes par pièce est de 1,33 en moyenne. Red Acoge précise toutefois ne pas connaître la taille de leurs logements, «ce qui fournirait davantage d'indices sur leur qualité de vie».
Le diagnostic clinique des psychologues fait état de symptômes dépressifs
De même que la vulnérabilité économique de ces femmes, l'impression d'avoir échoué dans leur projet migratoire, en dépit de tous les sacrifices consentis (financiers, familiaux), est ressentie par 32% d'entre elles. Dans le cas où elles regagnent leur pays, leur retour peut être perçu comme une malédiction dans certaines régions, notamment en Afrique. La revenante est méprisée, perçue avec crainte et parfois rejetée par sa famille qui a placé en elle tous ses espoirs. Dans 63% des cas, les migrantes ont fait part de leur échec à répondre aux attentes qui avaient été définies avant leur départ.
Enfin, 10% déclarent avoir eu peur pour leur intégrité physique. «On sait que la peur d'être atteint dans son intégrité physique a des effets encore plus déstabilisateurs que la peur psychologique. Les problèmes et les dangers que beaucoup de migrants traversent habituellement peuvent devenir réellement traumatisants, surtout dans des cas d'abus, de viols, de maltraitance ou d'attaques xénophobes», ajoute le rapport.
L'affaiblissement des ressorts psychologiques des femmes migrantes s'aggrave d'autant plus lorsqu'elles ont difficilement accès à des soins. Si 65% des sondées disent ne pas avoir rencontré de difficultés particulières pour voir un médecin, 20% confient toutefois avoir peu de temps pour le faire, 16% disent avoir peur de se rendre dans un établissement de santé et 12% craignent d'être discriminées en raison de leur statut. Mais globalement, les chiffres relatifs à la santé mentale des migrantes ne sont pas bons : sur les 72 femmes de l'échantillon du rapport de Red Acoge, 64% souffrent de symptômes dépressifs selon le diagnostic clinique des psychologues.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.